Bitcoin s'effondre, l'or flambe : faut-il profiter du bain de sang crypto ou renforcer votre valeur refuge avant fin 2025 ?
En 2025, l’or flirte avec des records historiques tandis que Bitcoin vient de perdre plus de 30 % depuis son sommet. Faut-il saisir ce creux ou privilégier le métal jaune à l’approche de la fin d’année ?

En quelques semaines, le scénario s’est retourné pour les investisseurs interressés par les actifs alternatifs. Après avoir enchaîné les records, Bitcoin vient de corriger d’environ 32 % depuis son plus haut d’octobre, tandis que l’or reste tout près de sommets historiques, avec une envolée de près de 60 % depuis le début de l’année. Entre la chute de la reine des cryptomonnaies et l’éclat intact du métal jaune, la question revient dans toutes les têtes : où placer ses billes d’ici la fin de l’année 2025 ?
L’un brille, l’autre décroche nettement. L’or et Bitcoin, deux des actifs les plus performants de 2025 jusqu’ici, évoluent désormais en sens inverse. L’once d’or est passée d’environ 2 400 dollars (soit près de 2 230 €) le 1er janvier à un niveau proche de 4 000 dollars (autour de 3 720 €) aujourd’hui, après un record historique à 4 300 dollars (environ 4 000 €) le 17 octobre. Bitcoin, lui, a culminé à environ 124 000 dollars (près de 115 000 €) le 7 octobre, avant de retomber autour de 84 000 dollars (environ 78 000 €) le vendredi 21 novembre. De quoi relancer, très concrètement, le débat bitcoin ou or pour la fin d’année.
Bitcoin ou or fin 2025 : le grand écart des performances
Pour l’or, 2025 s’annonce comme une année record. Depuis le 1er janvier, le métal précieux affiche une hausse de l’ordre de 60 %, l’once ayant progressé de 2 400 à près de 4 000 dollars. Cette ascension a été ponctuée d’un sommet à 4 300 dollars le 17 octobre, avant un léger décrochage vers 3 900 dollars (environ 3 630 €) en une dizaine de jours, lié à des prises de bénéfices massives de la part d’investisseurs institutionnels comme les grandes banques, les gestionnaires d’actifs ou les fonds de pension. Malgré ce coup de frein, l’or reste largement en territoire positif.
Bitcoin racontait jusqu’à l’automne une histoire tout aussi impressionnante. Entre le 1er janvier 2025 et le 7 octobre, son cours a grimpé d’environ 30 %, jusqu’à un plus haut historique avoisinant 124 000 dollars. Entre le mois de mai et la semaine précédant la correction, la cryptomonnaie n’était pas repassée sous le seuil des 100 000 dollars (près de 93 000 €). Puis le mouvement s’est inversé : autour de 84 000 dollars le 21 novembre, Bitcoin affiche désormais une correction de 32 % par rapport à son pic d’octobre.
Ce retournement s’inscrit dans un schéma classique de fin d’exercice boursier. Selon plusieurs analystes, la période est propice aux prises de bénéfices : les investisseurs vendent une partie de leurs Bitcoin pour matérialiser leurs plus-values avant la clôture annuelle. Des cessions massives qui accentuent la baisse. « Logique, puisqu’en prévision d’une potentielle explosion de la bulle IA, les grands gestionnaires d’actifs se délestent d’abord des actifs les plus spéculatifs, comme Bitcoin, avant d’attaquer les actions », commente Antoine Baradez, responsable des analyses marchés chez IG France, dans des propos rapportés par Capital.
Le contexte macroéconomique pèse aussi sur la balance. La publication, jeudi 20 novembre, de chiffres de l’emploi américain moins mauvais qu’anticipé (le taux de chômage n’a augmenté que de 0,1 % entre août et septembre) a ravivé l’idée que la Réserve fédérale américaine pourrait mettre plus de temps qu’espéré à baisser ses taux directeurs. Or une baisse rapide des taux signifierait un argent moins cher et un afflux possible de capitaux vers les actifs risqués comme Bitcoin. Tant que ce scénario reste repoussé, la cryptomonnaie apparaît plus vulnérable.
Bain de sang sur Bitcoin ou fenêtre de tir pour l’or d’ici la fin d’année ?
Face à ce tableau morose, la question est simple : Bitcoin peut-il encore dévisser d’ici la fin 2025, au point de faire fuir les investisseurs particuliers ? Dans son émission Good morning market, Antoine Andreani, directeur de la recherche pour la plateforme XTB, n’exclut pas un scénario très violent : « un bain de sang, si Bitcoin ne regagne pas 10% avant la clôture hebdomadaire de dimanche soir. S’il n’y arrive pas, il est possible qu’il retombe jusqu’à 40 000 ou 35 000 dollars ». Autrement dit, une nouvelle division possible par deux du cours, qui ramènerait le Bitcoin vers une zone comprise entre environ 37 000 et 33 000 €.
Faut-il pour autant capituler et solder ses positions à n’importe quel prix ? La lecture d’Antoine Baradez est plus nuancée. Pour lui, « pour un investisseur un peu patient, à ces niveaux-là, on a une vraie opportunité d’acheter dans un creux, ce qui peut faire sens pour quelqu’un qui a foi dans les cryptomonnaies. Toutefois, je ne mettrais pas ma main à couper que la baisse des cours ne se poursuivra pas si la Bourse américaine flanchait aussi ». Une manière de rappeler que la volatilité de Bitcoin reste extrême, et que ce type d’investissement suppose un horizon long et un « cœur bien accroché ».
Pour les épargnants moins téméraires, l’or apparaît comme une alternative plus lisible en cette fin d’année. Là encore, le métal jaune n’a pas été totalement épargné par les prises de bénéfices à l’automne, avec un repli de 4 300 à 3 900 dollars l’once en une dizaine de jours. Mais les moteurs de long terme restent nombreux. Selon Alexandre Baradez, « les crises géopolitiques qui ont alimenté le rallye du cours de l’or ces trois dernières années s’étiolent un peu, mais à présent, la baisse du dollar et des taux aux Etats-Unis pourraient prendre le relais ». Si la Fed finit par engager des baisses de taux en 2026, la pression sur le dollar pourrait s’accentuer et renforcer l’attrait des investisseurs pour les actifs refuges comme l’or.
Sur la durée, plusieurs catalyseurs continuent d’ailleurs de soutenir le métal précieux. Fabien Benchetrit, gérant d’actifs chez BNP Asset Management, rappelle que « Les facteurs de soutien à long terme demeurent : les capacités de production limitée de l’or, ses propriétés de couverture contre inflation et l’appétit constant des Banques centrales – en particulier des pays émergents – pour celui-ci, qu’elles voient comme la seule alternative au dollar américain. La Chine a par exemple autorisé récemment ses banques à détenir une partie de leurs réserves en or ». Entre la rareté physique, le rôle de valeur refuge et la demande des banques centrales, l’or conserve donc un profil plus stable que Bitcoin dans les portefeuilles.
Concrètement, face au dilemme bitcoin ou or à l’approche de la fin d’année 2025, les grandes lignes se dessinent souvent ainsi pour les particuliers :
- Les profils les plus offensifs voient dans la chute récente de Bitcoin une opportunité d’entrer ou de renforcer à prix plus bas, en acceptant le risque d’un nouveau plongeon.
- Les investisseurs prudents privilégient l’or, dont les fondamentaux restent portés par les banques centrales et la perspective de taux plus bas, tout en gardant une part de liquidités.
- Les épargnants intermédiaires combinent parfois les deux approches, en réservant une petite fraction de leur patrimoine à Bitcoin et une poche plus large à l’or.
Pour les lecteurs français, la vraie question n’est donc pas tant de trancher définitivement entre Bitcoin ou or que de mesurer, en cette fin 2025, quel niveau de risque chacun est prêt à assumer face à des marchés encore très chahutés. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement, il se contente de restituer les scénarios et mises en garde formulés par les professionnels de marché à l’heure où se joue le sprint final de l’année.









