"J'ai lu les discours de Trump avant tout le monde" : l'incroyable délit d'initié à 100 000$ qui secoue la Maison-Blanche
Depuis un bureau de la Maison-Blanche, un opérateur du téléprompteur de Donald Trump est accusé d’avoir spéculé sur Kalshi grâce aux discours présidentiels. Entre gains à six chiffres et enquête de la CFTC, cette affaire bouscule les frontières du délit d’initié.

Parier sur les mots d’un président que l’on aide à lire son texte, depuis un bureau de la Maison-Blanche : c’est le scénario au centre d’une enquête explosive ouverte aux États-Unis. Un opérateur du téléprompteur de Donald Trump est soupçonné d’avoir misé sur le contenu des discours présidentiels via la plateforme de marchés prédictifs Kalshi, en s’appuyant sur des informations auxquelles le grand public n’avait pas encore accès.
Selon plusieurs médias spécialisés, cet employé aurait empoché plus de 100 000 dollars de gains (environ 92 000 €) en quelques mois en pariant sur les mots et thèmes prononcés par Donald Trump, avant d’être suspendu par la Maison-Blanche. Une affaire qui place les marchés de prédiction au cœur d’un débat interressant sur la frontière entre simple pari et délit d’initié.
Un opérateur de téléprompteur de Trump dans le viseur de la CFTC
L’homme mis en cause est identifié par Cryptoast comme Gabriel Perez, opérateur du téléprompteur de Donald Trump depuis 2016 et assistant adjoint du président, rémunéré 175 000 dollars par an (environ 161 000 €). Il fait partie des derniers collaborateurs à relire les discours, y compris les modifications de dernière minute apportées par Donald Trump lui-même, et manipule le prompteur lors des événements majeurs. Cryptoactu souligne qu’il pouvait ainsi lire le contenu exact des allocutions, y compris les annonces surprises, jusqu’à 30 minutes avant leur prononcé, tout en ayant accès à un terminal depuis la Maison-Blanche pour parier sur Kalshi pendant « une vingtaine d’heures de trading » liées aux thèmes ou aux termes des discours.
D’après Cryptoast, l’enquête menée par la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a identifié des paris placés sur au moins une douzaine de discours sur une période de trois mois, parmi lesquels le discours sur l’état de l’Union de février, une allocution en prime time en décembre, une intervention au Forum économique mondial de Davos en janvier et une cérémonie de la Medal of Honor en mars. Le régulateur considère que l’employé détenait des « informations importantes non publiques » au sens du Commodity Exchange Act : parier sur un marché de prédiction avec ces données d’avance équivaut à un délit d’initié classique. « Les enquêteurs se concentrent sur la chronologie : la valeur des paris réalisés dans les minutes précédant chaque discours. Ces transactions ne pouvaient pas reposer sur une simple intuition. », a indiqué une source proche de l’enquête citée par ABC News.
| Période | Événement | Acteur principal | Élément clé | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Depuis 2016 | Prise de fonction comme opérateur du téléprompteur | Gabriel Perez | Accès anticipé aux discours de Donald Trump | Rapporté par Cryptoast |
| 3 derniers mois | Paris sur plus d’une douzaine de discours | Gabriel Perez | Utilisation des marchés « Mentions » de Kalshi | Allégué par la CFTC |
| Février – mars | Discours clés (état de l’Union, Davos, Medal of Honor) | Donald Trump | Discours servant de support aux paris | Rapporté par Cryptoast |
| Mi-juillet 2026 | Révélation publique et suspension de l’employé | Maison-Blanche | Gains présumés > 100 000 dollars | Confirmé par plusieurs médias |
| En cours | Enquête de la CFTC et discussions de règlement | CFTC et Gabriel Perez | Restitution des gains et possible interdiction de trading | Évoqué par Cryptoast et Cryptoactu |
Kalshi, marchés de prédiction et soupçons de délit d’initié
Au cœur du dossier, on trouve le fonctionnement même de Kalshi, plateforme américaine de marchés de prédiction régulée par la CFTC, à la différence des sites de jeux d’argent classiques supervisés par les États. Parmi ses produits, le marché « Mentions » permet de spéculer sur la présence de mots, d’expressions ou de sujets précis dans des prises de parole publiques. Pour un opérateur de téléprompteur qui connaît à l’avance le texte préparé, l’avantage est évident, même si Cryptoast rappelle que Donald Trump affirme improviser environ 80 % du temps, ce qui aurait parfois conduit Gabriel Perez à retirer certains paris en plein discours lorsque le président s’écartait du script.
C’est pourtant la propre équipe de surveillance de Kalshi qui a repéré les mouvements suspects et alerté la CFTC. « Notre équipe de surveillance a rapidement signalé ces transactions et les a transmises à la CFTC », un régulateur financier américain, a réagi auprès de l’AFP un responsable de l’entreprise, Robert DeNault. « Nous avons apporté notre aide aux autorités de régulation dans cette affaire et leur avons fourni les éléments de preuve que nous avions recueillis, comme nous le faisons dans tous les cas de saisine », a-t-il ajouté. La Maison-Blanche a de son côté placé Gabriel Perez en congé administratif sans solde, la porte-parole Karoline Leavitt qualifiant la situation de « profondément regrettable et franchement une honte », selon Cryptoast. Dans un contexte où d’autres affaires de marchés prédictifs – comme ces comptes ayant gagné environ 1,2 million de dollars (près de 1,1 million €) en pariant sur le déclenchement d’opérations américaines contre l’Iran, évoqués par la DH – inquiètent déjà les autorités, cette affaire Trump-Kalshi intervient alors que ces plateformes sont interdites en France et dans plusieurs pays européens, et que la prévention du délit d’initié devient un enjeu central pour leur survie.
En bref
- Depuis 2016, Gabriel Perez, opérateur du téléprompteur de Donald Trump à la Maison-Blanche, a accès en avant-première aux textes des grands discours présidentiels.
- Selon la CFTC, il aurait misé sur les marchés de “Mentions” de Kalshi liés à au moins une douzaine de discours, engrangeant plus de 100 000 dollars grâce à des informations jugées non publiques.
- L’affaire, révélée mi-juillet 2026 et désormais au cœur de discussions de règlement, interroge la régulation des marchés de prédiction et la prévention du délit d’initié.









