Plan d'épargne retraite (PER) : ce placement peut faire baisser vos impôts de milliers d’euros en 2025, à condition d’éviter cette erreur fiscale irréversible

Par Paul Graph - Publié le

Face à la baisse attendue des pensions, de plus en plus d’actifs se tournent vers le PER pour alléger leurs impôts et préparer leur retraite. Quels avantages fiscaux ce plan d’épargne retraite offre-t-il vraiment en 2025, selon votre profil ?

Plan d’épargne retraite (PER) : ce placement peut faire baisser vos impôts de milliers d’euros en 2025, à condition d’éviter cette erreur fiscale irréversible

Préparer sa retraite ne se résume plus à compter sur les seules pensions de base et complémentaires. Beaucoup d’actifs cherchent aujourd’hui un outil capable à la fois de faire fructifier leur épargne dans la durée et de réduire la note fiscale immédiate. C’est précisément la promesse du plan d’épargne retraite, plus connu sous le nom de PER, qui s’est imposé en quelques années comme un pilier de l’épargne long terme.

Souplesse dans les versements, choix entre rente et capital à la sortie, possibilités de déblocage anticipé dans certains cas : ce produit coche de nombreuses cases, que l’on soit jeune actif ou proche de la retraite. Reste à comprendre comment fonctionnent exactement les avantages fiscaux du PER et dans quelles limites ils s’appliquent, car tout se joue dans les détails.

PER : comment fonctionne ce plan d’épargne retraite ?

Un PER est un produit d’épargne conçu pour bâtir, au fil des années, un complément de revenu pour la retraite. Les sommes versées sont investies selon un profil de risque choisi avec l’établissement financier : supports en euros plus sécurisés, actions, obligations, ou encore actifs immobiliers. Il s’agit d’une épargne de long terme, pensée pour rester investie jusqu’au départ à la retraite, même si la loi prévoit quelques cas de sortie anticipée. Sur le plan légal, il n’existe pas d’âge maximal pour ouvrir un PER : il s’adresse aussi bien aux jeunes actifs qu’aux plus de 50 ans qui souhaitent optimiser leur fiscalité, même si des versements précoces et réguliers permettent de profiter pleinement de l’effet cumulatif des intérêts.

On distingue trois grandes familles de plan d’épargne retraite, qui obéissent au même cadre mais ne s’adressent pas aux mêmes épargnants :

  • PER individuel (PERIN) : accessible librement à tout salarié ou indépendant, auprès d’une banque, d’un assureur ou d’un acteur en ligne comme Altaprofits. Il est alimenté par des versements volontaires.
  • PER d’entreprise collectif (PERECO ou PERECOL) : mis en place par l’employeur, il permet de placer l’intéressement, la participation et parfois des versements personnels, avec souvent un abondement de l’entreprise.
  • PER d’entreprise obligatoire (PERO) : instauré par l’entreprise, il repose sur des cotisations obligatoires, généralement partagées entre employeur et salarié, pour encourager la préparation de la retraite et la fidélisation des équipes.

Au moment de la retraite, le titulaire peut choisir une sortie en rente viagère, en capital, ou un mélange des deux. La rente viagère simple est versée jusqu’au décès, tandis qu’une rente réversible continue d’être payée au conjoint survivant. Elle offre un complément de revenu stable et dispense de gérer soi-même son patrimoine, mais une fois le capital converti en rente, le choix devient définitif. L’option en capital, elle, permet de récupérer tout ou partie des sommes pour financer un achat immobilier ou les études des petits-enfants, en une seule fois ou via plusieurs versements, au prix d’une vigilance nécessaire pour ne pas épuiser trop vite l’épargne. Une formule mixte, combinant rente et capital, répond souvent aux besoins des retraités : revenus réguliers pour les dépenses courantes, tout en gardant une marge de manoeuvre pour les projets ponctuels.

Les avantages fiscaux du PER : déduction, entrée et sortie

Le principal atout du PER tient à sa fiscalité à l’entrée. Pour un PER individuel ou collectif, les versements volontaires peuvent être déduits de l’impôt sur le revenu dans la limite de 10 % des revenus professionnels. Pour un salarié, cette déduction peut aller jusqu’à 37 094 € en 2025. Les personnes ayant peu ou pas de revenus, comme certains conjoints ou retraités, disposent malgré tout d’une enveloppe de déduction pouvant atteindre 4 637 € en 2025. Les travailleurs non salariés (TNS) bénéficient, eux, de règles spécifiques : soit 10 % du bénéfice imposable, plafonné à 8 plafonds annuels de Sécurité sociale, assortis de 15 % supplémentaires sur la tranche comprise entre 1 et 8 PASS, soit 10 % d’un PASS. Ce mécanisme devient particulièrement puissant pour les contribuables fortement imposés. Avec un versement de 5 000 €, la réduction d’impôt atteint 1 500 € si la tranche marginale d’imposition est de 30 %, 2 050 € pour un TMI de 41 % et 2 250 € pour un TMI de 45 % ; l’économie ainsi réalisée peut ensuite être réinvestie sur le PER.

Il faut garder à l’esprit que l’avantage obtenu à l’entrée sera rattrapé au moment de la sortie. Dès la souscription, l’épargnant choisit d’ailleurs entre deux logiques fiscales : privilégier l’avantage immédiat, en déduisant ses versements, ou rechercher un avantage fiscal à la sortie. Ce choix n’est pas réversible. Quand l’épargnant opte pour un avantage à la sortie, la fiscalité s’apprécie au moment du déblocage : en cas de rente, celle-ci est imposée comme une pension de retraite, avec un abattement de 10 % avant application du barème de l’impôt. En cas de versement en capital, des prélèvements s’appliquent sur les gains générés par le contrat. L’arbitrage entre ces deux régimes dépend donc du niveau d’imposition au moment des versements et de celui anticipé à la retraite, point sur lequel un conseil patrimonial peut s’avérer interressant.

PER et avantages fiscaux : pour qui est-ce vraiment intéressant ?

Le PER donne tout son potentiel aux foyers dont la tranche marginale d’imposition est élevée. Pour un contribuable taxé à 30 %, 41 % ou 45 %, chaque euro versé sur le PER réduit immédiatement le revenu imposable, et donc la facture fiscale, dans des proportions bien plus fortes que pour un foyer peu imposé. Les revenus très élevés peuvent ainsi générer une économie d’impôt de plusieurs milliers d’euros, tant que les versements restent dans la limite des 10 % de revenus et du plafond annuel (37 094 € pour un salarié en 2025). Ce levier peut être utilisé sur plusieurs années par les actifs en milieu ou fin de carrière, qui combinent souvent fortes rémunérations et besoin de sécuriser leur niveau de vie futur. Il intéresse aussi beaucoup les travailleurs non salariés, dont les revenus sont parfois irréguliers, et qui disposent grâce au PER d’un espace de déduction spécifique souvent plus large que celui des salariés.

Les personnes faiblement imposées, ou déjà à la retraite, ne sont pas exclues pour autant du dispositif. Celles qui ont peu ou pas de revenus peuvent déduire jusqu’à 4 637 € en 2025, mais l’intérêt de la déduction reste limité si l’impôt de départ est faible. Dans ce cas, il peut être plus judicieux de ne pas déduire ses versements et de miser sur une fiscalité plus douce au moment de la sortie, tout en profitant du cadre de l’épargne retraite. Il faut aussi garder en tête que l’argent placé sur un PER est bloqué jusqu’à la retraite, sauf situations particulières prévues par la loi : achat de la résidence principale, décès, invalidité, cessation d’activité non salariée ou surendettement permettent un déblocage anticipé, avec des conséquences fiscales qu’il convient d’anticiper. Enfin, le contrat peut être transféré vers un autre PER en cas de changement d’établissement ou de situation professionnelle, les frais de transfert étant encadrés pour protéger l’épargnant, ce qui ajoute une dose de souplesse à cet outil de préparation de la retraite.