CSG sur l’assurance vie, le PEL et les livrets : ce qui pourrait coûter très cher à votre épargne dès 2026
En 2026, la CSG sur l’assurance vie, le PEL et les livrets pourrait passer de 9,2 % à 10,6 %, en plein débat sur le budget de la Sécu. Quels placements verraient vraiment leur rendement amputé si la hausse était confirmée ?

Depuis quelques semaines, un même bruit court parmi les épargnants : la CSG sur l’assurance vie, le PEL et les livrets pourrait grimper dès 2026. Après les polémiques sur la taxe foncière et la CSG sur les plus-values immobilières, certains ont l’impression que tout le patrimoine est dans le viseur du budget 2026. Quand on met de côté pour sa retraite ou l’achat d’un logement, voir le rendement net se réduire encore fait forcément peur. Surtout dans un contexte où l’inflation a déjà rogné le pouvoir d’achat. La question est simple, mais la réponse l’est beaucoup moins.
La contribution sociale généralisée finance une grande partie de la Sécurité sociale. Pour trouver de nouvelles ressources et compenser la suspension de la réforme des retraites, un amendement du député socialiste Jérôme Guedj a été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale : il prévoit de porter la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 % dès 2026. Le gouvernement a d’ailleurs décidé d’appeler en priorité l’article sur cette hausse de CSG sur le patrimoine lors de la nouvelle lecture du budget 2026. Ce sont ces quelques lignes qui pourraient changer la donne pour votre assurance vie, votre PEL et vos livrets.
Ce que changerait une CSG à 10,6 % pour l’assurance vie, le PEL et les livrets
Créée en 1991, la contribution sociale généralisée est un prélèvement social prélevé à la source sur la plupart des revenus : salaires, retraites, mais aussi intérêts et plus-values. Sur les revenus d’activité et du capital, le taux « normal » est aujourd’hui de 9,2 %. L’argent collecté sert en priorité à financer la branche maladie et d’autres prestations sociales. Dans le projet voté en première lecture, seule la CSG sur les revenus du patrimoine et de placement serait relevée à 10,6 % à partir de 2026, les revenus du travail restant au taux actuel.
Concrètement, une CSG à 10,6 % viserait exclusivement les revenus du capital et pèserait sur de nombreux produits d’épargne imposables. L’État espère en tirer près de 2,8 milliards d’euros de recettes supplémentaires en 2026 pour la Sécurité sociale. Parmi les placements concernés, on trouverait parmis les produits d’épargne touchés :
- les intérêts et plus-values des contrats d’assurance vie ;
- les intérêts des Plans Épargne Logement (PEL) et des livrets bancaires non réglementés ;
- l’épargne salariale et, au-delà, les revenus du patrimoine immobilier.
Sur un PEL rémunéré 1,75 % brut par exemple, le rendement net après flat tax est actuellement de 1,225 %. Avec une CSG portée à 10,6 %, ce rendement tomberait à 1,2005 %.
Assurance vie, PEL, livrets : la CSG augmentera-t-elle vraiment en 2026 ?
L’histoire n’est pourtant pas écrite. Après l’adoption surprise de l’amendement Guedj à l’Assemblée, le Sénat a supprimé cette hausse dans sa version du budget de la Sécurité sociale et la commission mixte paritaire n’a pas réussi à rapprocher les deux chambres. Le texte revient donc à l’Assemblée sans hausse de CSG sur le capital, alors même que l’exécutif cherche des recettes de remplacement. Dans la majorité, certains alliés sont réticents : « on ne peut pas voter pour », a ainsi déclaré Édouard Philippe, cité par Le Figaro, au sujet du budget de la Sécurité sociale. Un député du bloc central prévient pourtant que « Ça va partir très fort », tant le débat sur la taxation du patrimoine promet d’être tendu.
Pour 2026, trois issues restent possibles : confirmation du taux de 10,6 % sur les revenus du capital, hausse plus modérée, ou abandon de toute augmentation. Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP, livret jeune, PEAC) resteraient de toute façon exonérés. À ce stade, la CSG sur l’épargne demeure fixée à 9,2 % ; tout dépendra des derniers votes sur le budget 2026 de la Sécurité sociale.






