PER : hausse de la CSG pour tous les contrats dès 2026, voici ce que vous risquez vraiment de perdre sur votre épargne retraite

Par Paul Graph - Publié le

Après des semaines de flou, Bercy a tranché : la hausse de la CSG s’appliquera à tous les PER, qu’ils soient bancaires, assurantiels ou d’entreprise. Quels impacts concrets pour votre épargne retraite à partir du 1er janvier 2026 ?

PER : hausse de la CSG pour tous les contrats dès 2026, voici ce que vous risquez vraiment de perdre sur votre épargne retraite

Les épargnants qui comptent sur leur Plan d’Épargne Retraite pour compléter leur pension voient l’horizon fiscal se charger. Avec la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, la contribution sociale généralisée (CSG) sur une partie des revenus du capital a été relevée, alors même qu’un amendement gouvernemental promettait de « ne pas pénaliser les épargnants et l’investissement locatif », indique le texte de l’amendement n°1104. Dans ce cadre, des placements comme l’assurance vie, le Plan d’Épargne Logement ou encore le Compte Épargne Logement restent soumis à une CSG figée à 9,2%.

Les titulaires de PER assurantiels, longtemps persuadés de bénéficier du même traitement que l’assurance vie, espéraient être épargnés par ce tour de vis. Bercy avait d’ailleurs laissé planer le doute en affirmant : « L’amendement du gouvernement n°1104 qui concerne la CSG intègre les PER », faisait valoir Bercy, cité par MoneyVox. La Direction générale des finances publiques a finalement fermé le ban en confirmant que « tous les PER sont concernés par la hausse de la CSG », a indiqué la Direction générale des finances publiques à MoneyVox. Et ce n’est pas anodin pour le rendement final de votre épargne retraite.

Hausse CSG PER 2026 : ce que la loi change vraiment

L’amendement n°1104, voté début décembre dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, maintient bien le taux de CSG à 9,2% sur certains revenus du capital : revenus fonciers et plus-values immobilières, revenus issus des contrats d’assurance vie, plans et contrats d’épargne logement ou encore plans d’épargne populaire. Les Livret A, LDDS, Livret Jeune, LEP, CEL ou PEL ne sont, eux, concernés par aucune hausse. En revanche, le Plan d’Épargne Retraite ne figure pas dans cette liste de placements préservés, car il relève d’un régime fiscal spécifique confirmé par un autre texte, l’amendement n°127 au Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.

Pour tous les produits visés, dont les PER bancaires et assurantiels, la hausse est désormais actée à compter du 1er janvier 2026. Trois chiffres résument la réforme :

Selon la loi, cette hausse doit permettre d’augmenter les recettes de la Sécurité sociale, avec un rendement estimé à 2,66 milliards d’euros prélevés sur les interets et plus-values des épargnants.

Tous les PER dans le même bateau : quels effets sur votre épargne retraite ?

La confirmation de la DGFiP met fin à une ambiguïté entretenue pendant plusieurs semaines autour des PER 2026. Qu’ils soient individuels, collectifs d’entreprise ou obligatoires, logés dans un contrat d’assurance ou dans un compte-titres bancaire, tous les plans d’épargne retraite sont logés à la même enseigne. Les gains accumulés à l’intérieur de ces enveloppes supportent désormais des prélèvements sociaux à 18,6% au moment de la sortie. Pour l’épargne salariale versée sur un PER (participation, intéressement, droits issus d’un compte épargne temps), la sanction est immédiate lors du retrait : les plus-values issues de ces versements sont elles aussi frappées à 18,6%.

Reste la mécanique concrète de la fiscalité de sortie. Si vous avez déduit vos versements volontaires de votre revenu imposable durant votre vie active, le capital récupéré à l’échéance sera imposé au barème de l’impôt sur le revenu, tandis que les plus-values seront soumises au PFU à 31,4%. Si au contraire vous n’avez pas déduit vos versements, le capital est exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux, seules les plus-values étant taxées au même PFU de 31,4%. En cas de retrait anticipé avant la retraite dans les cas autorisés, le capital reste exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux, mais les gains sont soumis aux nouveaux prélèvements sociaux de 18,6%. De quoi reposer, pour beaucoup d’épargnants, la question de l’équilibre entre PER, assurance vie et produits d’épargne réglementée.

En bref

  • Au 1er janvier 2026, la loi de financement de la Sécurité sociale relève la CSG sur certains revenus du capital, tandis que tous les types de Plans d’Épargne Retraite sont désormais concernés.
  • La CSG passe de 9,2 % à 10,6 %, les prélèvements sociaux à 18,6 % et la flat tax à 31,4 %, ce qui alourdit l’addition sur les plus-values issues des PER individuels et collectifs.
  • Entre sorties en capital ou en rente, versements déduits ou non et arbitrages avec l’assurance vie, l’enjeu est de repenser sa stratégie d’épargne retraite face à cette nouvelle donne fiscale.