Dollar sous pression avant l’emploi US ce 9 décembre : la RBA maintient ses taux et surprend, le dollar australien s’envole, la Fed peut tout rebattre

Par Paul Graph - Publié le

Le dollar américain vacille avant une salve de chiffres clés de l’emploi US et une réunion décisive de la Fed. Pourquoi la pause de la RBA à 3,6 % propulse-t-elle l’AUD et fait hésiter l’or sous 4 200 $ ?

Dollar sous pression avant l’emploi US ce 9 décembre : la RBA maintient ses taux et surprend, le dollar australien s’envole, la Fed peut tout rebattre

Le dollar américain avance sur un fil, coincé entre une banque centrale australienne plus prudente qu’il n’y paraît et une série de chiffres de l’emploi américain attendus comme des juges de paix. Alors que la Réserve fédérale s’apprête à trancher sur ses taux, le billet vert reste hésitant face aux grandes devises, tandis que le dollar australien profite à plein du message venu de Sydney.

Ce mardi 9 décembre, la Banque de réserve d’Australie (RBA) a maintenu son taux directeur à 3,6 %, comme prévu, mais la tonalité de la gouverneure Michele Bullock a surpris les marchés. Dans le même temps, l’or recule légèrement sous un seuil clé, signe que les investisseurs se repositionnent avant les publications ADP et JOLTS sur le marché du travail américain. La suite des indicateurs attendus peut encore rebattre les cartes.

Dollar sous pression avant les chiffres de l’emploi américain

Aux États-Unis, l’indice dollar (DXY) a légèrement progressé en clôture lundi, porté par une correction modérée des indices boursiers de Wall Street. Ce rebond reste fragile : le DXY évolue autour de 99,00 ce mardi matin en Europe, sans parvenir à sortir de son canal de consolidation, ce qui entretient l’idée d’un dollar sous pression. Le contexte géopolitique tendu n’aide pas, avec les menaces tarifaires de Donald Trump visant le Mexique et le Canada sur l’eau et les engrais, tandis que les futures sur indices américains restent globalement stables.

Les opérateurs de change ont les yeux rivés sur les données de l’emploi américain qui tombent avant la réunion de la Fed : statistiques ADP pour novembre, ouvertures de postes JOLTS de septembre et octobre. Ces chiffres orientent les anticipations sur les taux à moyen terme, donc la trajectoire du billet vert. Sur le mois, le dollar a reculé face à toutes les principales devises sauf le franc suisse, avec un recul marqué contre l’AUD (-1,45 %), le dollar canadien (-0,91 %) et le dollar néo-zélandais (-0,99 %), ce qui illustre bien la pression qui s’exerce sur la devise américaine.

  • EUR/USD se maintient autour de 1,1650, sans véritable direction claire pour l’instant.
  • GBP/USD reste sous 1,3350 pour la deuxième séance de suite, dans un climat d’attente.
  • USD/JPY tourne autour de 156,00 après une hausse de 0,4 % lundi, alors que la Première ministre Sanae Takaichi a indiqué qu’elle tiendrait compte des taux, du change et des prix dans ses prochaines décisions économiques, sans calendrier précis.

RBA, dollar australien, or et pression américaine sur l’Australie

En Australie, la RBA a choisi le statu quo à 3,6 %, en ligne avec le consensus, mais Michele Bullock a insisté sur un regain de risque haussier sur l’inflation. Elle a indiqué qu’une pause pouvait durer et que de nouvelles hausses restaient sur la table, sans chiffrer leur probabilité, un message perçu comme prudent mais encore ferme. Le dollar australien a réagi en se renforçant : il gagne plus de 0,3 % face au billet vert et repasse au-dessus de 0,6650 durant la séance asiatique. Sur le marché des métaux précieux, l’once d’or s’échange autour de 4 180 $ (soit environ 3 900 €), juste sous le seuil technique de 4 200 $ (environ 3 910 €), les investisseurs réduisant leur exposition avant le verdict de la Réserve fédérale, un repli léger mais significatif.

Parallèlement, Canberra est poussée à muscler son appareil militaire, ce qui ajoute un autre volet à la relation avec Washington. L’Australie a ainsi conclu un contrat de drones Ghost Bat après un premier tir réel d’armement, et le ministre de la Défense Richard Marles a salué leur « potentiel croissant pour fournir une capacité opérationnelle à l’armée de l’air royale australienne », cité par Boursorama. Il a aussi détaillé que la montée en puissance des rotations d’appareils américains dans le nord du pays « comprend des avions de chasse, des bombardiers et des avions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, et cela s’ajoute aux rotations existantes qui ont lieu en ce moment même », a-t-il expliqué. Les deux pays se sont mis d’accord sur « le prépositionnement d’importants moyens américains en Australie », notamment des avions Osprey, alors que les États-Unis font pression sur leur allié indo-pacifique pour qu’il augmente ses dépenses de défense, un arrière-plan stratégique qui reste dans l’esprit des investisseurs, même si, sur le Forex, l’attention du jour se concentre avant tout sur la Fed et les chiffres de l’emploi américain, notament pour jauger la suite du cycle des taux.

En bref

  • Mardi 9 décembre, le dollar américain reste fragile autour d’un DXY à 99,00 alors que les marchés attendent les données ADP et JOLTS sur l’emploi américain.
  • La Banque de réserve d’Australie maintient son taux directeur à 3,6 %, soutient le dollar australien et laisse l’EUR/USD, la livre et le yen évoluer dans des marges étroites.
  • Entre or bloqué sous 4 200 $ et menaces tarifaires de Donald Trump, les traders scrutent les prochains chiffres de l’emploi US pour ajuster leurs positions sur le Forex.