Retraits d’argent : dès 2026, les DAB vont se raréfier encore et ce nouveau rôle des commerçants pourrait bouleverser vos retraits d’espèces
Entre DAB qui disparaissent et inquiétudes sur le cash, 2026 marque un tournant pour le retrait d’espèces chez les commerçants. Jusqu’où iront le plafond à 150 € et la possibilité de retirer sans achat ?

Vous avez déjà fait la tournée de votre quartier pour tomber, de distributeur en distributeur, sur des écrans noirs ou des façades murées ? Cette scène va probablement se multiplier dans les prochaines années : la France a perdu plus de 1 500 distributeurs automatiques de billets en 2024 et leur nombre a reculé d’environ 15 % en cinq ans. Dans le même temps, les retraits restent indispensables pour régler un loyer en liquide, un artisan, ou aider un proche qui n’a pas de carte.
Alors que seuls 19 % des dépenses courantes étaient encore payées en espèces en 2024, contre 33 % en 2012, le gouvernement a tout de même recommandé d’intégrer du cash dans un « kit d’urgence », avec au moins 200 euros pour une famille de quatre personnes en cas de panne des paiements électroniques. Autrement dit, le besoin de billets reste stratégique, mais les automates se raréfient : une équation délicate, qui prépare un profond changement pour vos retraits d’argent à partir de 2026.
Retrait d’espèces 2026 : pourquoi les commerçants prennent le relais des DAB
Si les banques retirent leurs distributeurs automatiques de billets, ce n’est pas par caprice. Les Français paient beaucoup plus par carte ou smartphone, et le cash pèse moins dans les usages quotidiens. Entre 2018 et 2024, environ 10 000 automates ont disparu, un mouvement qui touche même des communes de plus de 2 000 habitants. L’enjeu ne se limite plus au confort des urbains pressés : l’accès aux espèces devient une question d’égalité territoriale, mais aussi de souveraineté et de résilience en cas de crise.
Pour éviter de forcer les banques à maintenir des machines coûteuses et peu utilisées, les pouvoirs publics misent désormais sur le commerce de proximité. Boulangeries, bureaux de tabac, supérettes ou relais postaux proposent déjà, pour certains, un retrait d’espèces en magasin au moment du passage en caisse, dans la limite actuelle de 60 euros et à condition d’effectuer un achat. Parallèlement, des réseaux comme les Points Verts du Crédit Agricole ou les relais de La Banque Postale constituent près de 27 000 points d’accès aux billets, mais réservés aux clients de l’établissement. Le GIE Cartes Bancaires prépare l’ouverture de ces points à l’ensemble des quelque 76 millions de cartes CB en circulation, avec des tests prévus entre La Banque Postale et le Crédit Agricole au premier semestre 2026.
Retraits d’argent en magasin : ce qui va changer à partir de 2026
La grande bascule attendue concerne d’abord le plafond du retrait d’espèces chez les commerçants 150 euros. Aujourd’hui limité à 60 euros, il devrait être largement relevé par le projet de loi porté par le député Pierrick Courbon sur l’argent liquide. Le texte vise à autoriser, à partir de 2026, jusqu’à 150 euros retirés en une seule fois chez un commerçant, toujours par carte bancaire. Une incitation fiscale est prévue pour encourager les boutiques à proposer ce service, et La Poste pourrait se voir confier une nouvelle mission de service universel, en installant des distributeurs dans les zones où les banques privées ont fermé leurs agences.
Autre évolution de taille : la possibilité de retirer du cash sans rien acheter. Une révision de la directive européenne DSP3, qui a fait l’objet d’un accord au niveau européen, doit permettre aux magasins de fournir entre 100 et 150 euros en billets sans que le client soit obligé de consommer. La transposition de ce texte en droit français est attendue d’ici fin 2026. À terme, chaque caisse enregistreuse équipée d’un terminal de paiement pourrait devenir un guichet de retrait d’espèces chez les commerçants 2026, offrant une solution pratique aux habitants des quartiers peu dotés en automates comme aux clients les plus interressés par le cash pour constituer leur réserve d’urgence.
En bref
- Alors que les DAB reculent et que le cash ne représente plus que 19 % des paiements, l’accès aux espèces devient un enjeu d’égalité territoriale et de résilience.
- À partir de 2026, le plafond de retrait d’espèces chez les commerçants pourrait passer de 60 à 150 €, avec à terme la possibilité de retirer jusqu’à 100–150 € sans obligation d’achat grâce à la directive européenne DSP3.
- L’ouverture des 27 000 points d’accès privatifs aux 76 millions de cartes CB, testée dès 2026 par La Banque Postale et le Crédit Agricole, pourrait transformer chaque commerce de proximité en quasi-distributeur de billets.









