Impôts 2026 : barème relevé, retraités épargnés mais nouvelles taxes sur colis, PER, hauts revenus… ce que le budget va vraiment changer pour vous

Par Paul Graph - Publié le

Gel du barème, taxe sur le vapotage, retraités ciblés : beaucoup d’annonces ont été corrigées dans le budget 2026. Entre ménages, épargne et grandes entreprises, voyez ce qui va vraiment changer sur vos impôts dès l’an prochain.

Impôts 2026 : barème relevé, retraités épargnés mais nouvelles taxes sur colis, PER, hauts revenus… ce que le budget va vraiment changer pour vous

Entre annonces alarmistes et débats à rallonge, beaucoup de contribuables s’attendaient à une vraie saignée fiscale avec le budget 2026. Gel du barème de l’impôt, fin d’avantages pour les retraités, nouvelles taxes sur la consommation : le projet initial avait de quoi inquiéter, avant d’être largement remanié au fil des discussions parlementaires.

Finalement adopté via le 49.3, le texte qui s’appliquera à vos impôts 2026 dessine un paysage plus nuancé : barème de l’impôt sur le revenu revalorisé, abattement des pensions maintenu, épargne retraite retouchée, coup de pouce renforcé pour les dons, mais aussi surtaxes ciblées sur les hauts revenus, certaines entreprises et des secteurs précis. Reste à savoir où vous vous situez dans ce nouveau cadre.

Impôts 2026 : barème revalorisé et mesures clés pour les ménages

Le point le plus sensible concernait le barème de l’impôt sur le revenu. Le scénario d’un gel pur et simple a finalement été abandonné : l’Assemblée a acté une revalorisation de 0,9 % pour suivre l’inflation, ce qui annule la hausse mécanique d’impôt redoutée. Selon le décryptage de l’ADCF, cette décision « sauve 200 000 foyers qui ne deviendront pas imposables » en 2026 et représente environ 2 milliards d’euros de recettes en moins pour l’État par rapport au gel. Concrètement, les seuils d’entrée dans chaque tranche montent légèrement, un dispositif interressant pour les foyers modestes qui restaient à la limite de l’imposition.

Les retraités ont, eux aussi, évité un tour de vis majeur. L’idée de remplacer l’abattement de 10 % sur les pensions par un forfait a été rejetée, puis abandonnée : l’abattement de 10 % est donc maintenu, ce que l’ADCF décrit comme « une victoire concrète pour le pouvoir d’achat des retraités ». Plusieurs autres lignes très scrutées restent inchangées : la réduction d’impôt pour frais de scolarité est conservée pour les parents d’enfants au collège, au lycée ou dans le supérieur, et l’exonération fiscale des indemnités journalières en affection de longue durée (ALD) est maintenue. Pour se repérer, trois points résument ce volet ménages :

  • barème de l’impôt revalorisé de 0,9 %, et non gelé ;
  • abattement de 10 % sur les pensions de retraite sauvé ;
  • réduction pour frais de scolarité et exonération des indemnités ALD conservées.

Budget 2026 : épargne, dons, hauts revenus et nouvelles taxes

Côté épargne, le plan d’épargne retraite (PER) évolue à la marge, avec un double mouvement. Bonne nouvelle pour les retardataires : il sera possible de cumuler jusqu’à cinq années de plafonds de déduction, au lieu de trois aujourd’hui, ce qui offre plus de souplesse pour rattraper des versements non utilisés. En revanche, passé 70 ans, les nouveaux versements sur un PER n’ouvriront plus droit à déduction fiscale. L’objectif affiché dans le budget est de recentrer ce produit sur la préparation de la retraite plutôt que sur les stratégies de transmission.

Les dons aux associations bénéficient, eux, d’un coup de pouce renforcé avec la réduction d’impôt Coluche. Comme le rappelle Capital, le plafond de versements ouvrant droit à la réduction à 75 % est doublé : il passe de 1 000 à 2 000 euros, ce qui permet à un contribuable qui donne 2 000 euros de bénéficier d’une réduction de 1 500 euros. Dans l’article 9 du projet de loi de finances, cité par Capital, le gouvernement visait « une plus grande implication des Français disposant de revenus importants dans l’exercice des missions d’intérêt général ». Le texte précise aussi une entrée en vigueur « à compter de la présentation du présent projet de loi de finances en conseil des ministres afin que ce relèvement du plafond soit effectif pour les dons effectués en fin d’année 2025 », ce qui revient à appliquer le nouveau plafond aux dons réalisés depuis le 14 octobre 2025.

Pour les patrimoines élevés, plusieurs dispositifs sont prolongés ou réorientés. La Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) continue de s’appliquer tant que le déficit public ne repasse pas sous les 3 % du PIB, maintenant une pression sur les foyers les plus aisés. L’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) doit évoluer vers un « Impôt sur la Fortune Improductive », avec un seuil relevé à 2 millions d’euros et un taux unique visant surtout la rente immobilière, selon l’ADCF. Une nouvelle taxe sur les holdings patrimoniales est aussi créée, mais dans une version beaucoup plus restreinte que prévu : elle ne cible finalement que les actifs non professionnels, pour un rendement attendu d’environ 100 millions d’euros au lieu du milliard initialement évoqué.

Les grandes entreprises et certains secteurs spécifiques restent mis à contribution. La Contribution Exceptionnelle sur les Bénéfices des Grandes Entreprises (CEBGE) est prolongée en 2026 ; environ 300 groupes réalisant plus de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires sont concernés, pour une recette estimée par l’ADCF à 7,5 milliards d’euros. À l’inverse, la suppression de la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE) est reportée, ce qui retarde l’allègement promis à un large éventail de sociétés. Enfin, plusieurs taxes de consommation sont ajustées : la taxe sur le vapotage, un temps envisagée, a été abandonnée, mais une taxe de 2 euros sur les petits colis en provenance de sites de e-commerce hors Union européenne est instaurée, et les timbres fiscaux pour les titres de séjour augmentent, renchérissant les démarches pour les résidents étrangers.

En bref

  • En 2026, la loi de finances, adoptée via le 49.3, recompose la fiscalité française entre ménages, retraités, épargnants, hauts revenus et grandes entreprises.
  • Barème de l’impôt revalorisé, abattement de 10 % sur les pensions et frais de scolarité conservés, PER ajusté, dons Coluche dopés et contributions accrues pour gros patrimoines et grands groupes.
  • Entre taxe de 2 € sur les petits colis, IFI recentré sur la fortune improductive et maintien de certains avantages, mesurez comment votre facture fiscale évoluera réellement en 2026.