PEL : en 2026, les banques clôturent les plans de plus de 15 ans, vérifiez le vôtre avant que votre argent ne file sur un livret mal rémunéré
À partir du 1er mars 2026, les banques commencent à fermer automatiquement les PEL de 15 ans, touchant des millions d’épargnants. Votre plan peut-il être basculé en silence vers un livret bien moins rémunéré ?

En se connectant à leur espace bancaire depuis le 1er mars 2026, certains épargnants découvrent avec stupeur que leur Plan d’épargne logement a disparu de la liste de leurs comptes. Leur banque a clôturé le PEL sans qu’ils n’en fassent la demande, alors même que ce placement sert parfois à préparer un projet immobilier ou à garder une épargne de précaution bien rémunérée.
L’année 2026 marque pourtant un tournant plus large pour le PEL : depuis le 1er janvier, les plans ouverts à partir de cette date sont rémunérés à 2 %, contre 1,75 % auparavant, ce qui rend nettement moins attractifs les PEL à 1 % ouverts entre le 1er août 2016 et le 31 décembre 2022. Mais la vraie secousse vient d’ailleurs : les PEL arrivés à leurs quinze ans commencent à être fermés d’office. Encore faut-il savoir si le sien fait partie des comptes dans le viseur.
Fermeture automatique des PEL en 2026 : qui est concerné par la règle des 15 ans ?
Pendant des décennies, un PEL pouvait être conservé sans limite de durée. La donne a changé avec la loi de finances rectificative du 29 décembre 2010, qui a fixé à quinze ans la durée maximale d’existence des plans ouverts depuis le 1er mars 2011. Concrètement, tous les PEL souscrits entre le 1er mars 2011 et le 29 février 2012 atteignent leur quinzième anniversaire en 2026 : les banques commencent donc à les clôturer automatiquement, en application de cette réglementation qui les y oblige même si le client aurait préféré garder son plan.
D’après la Banque de France, la vague est loin d’être marginale. L’institution anticipe que 36 % des PEL, soit environ 3,2 millions de comptes sur 9 millions, seront concernés entre 2026 et 2030, pour un encours total de 93 milliards d’euros. Elle prévient que « Les clôtures automatiques sur la période 2026-2030 (pour les PEL ouverts entre 2011 et 2015) vont être particulièrement importantes », la Banque de France, citée par Le HuffPost, mettant en avant le « dynamisme des ouvertures réalisées au cours de la période 2013-2016, avec un maximum de 1,5 million d’ouvertures nettes en 2014 ». En revanche, les PEL ouverts avant le 1er mars 2011 gardent une durée de vie illimitée : ils ne sont pas concernés par ces fermetures automatiques et restent, pour beaucoup, des placements à conserver.
PEL clôturé par la banque : que devient l’argent et quels réflexes adopter ?
Pour les titulaires, une question revient immédiatement : l’argent est-il perdu ? La réponse est non. Lors de la fermeture, le capital et les intérêts peuvent être transférés vers le compte courant, vers un autre livret ou vers un produit d’épargne choisi avec la banque. S’il n’y a pas d’instruction particulière, l’option par défaut est souvent la transformation en livret bancaire classique : passé le délai des quinze ans, « il sera automatiquement transformé en livret d’épargne classique avec un taux de rémunération fixé par votre banque », détaille le site Vie Publique. « Les fermetures automatiques libèrent des fonds que les ménages vont devoir réallouer en fonction de leurs arbitrages du moment », expose encore la Banque de France dans son rapport.
L’enjeu financier est loin d’être anodin. Entre 2011 et 2016, le taux du PEL, fixé une fois pour toutes à l’ouverture, a varié entre 1,5 % et 2,5 %, quand un livret bancaire ordinaire affiche le plus souvent un rendement très faible : 0,50 % au Crédit Agricole, 0,30 % à la Société Générale, 0,10 % chez BNP Paribas. La rémunération moyenne y est de « 0,8 % environ », affirme Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne interrogé par TF1, selon qui les particuliers ont tout intérêt à surveiller que l’argent de leur PEL ne se retrouve pas alloué à une épargne « très faiblement rémunératrice ». Avec un versement initial de 225 euros, puis au moins 540 euros par an, un PEL ouvert en mars 2011 représente déjà 6 880 euros en mars 2026 selon MoneyVox, alors que l’encours moyen d’un PEL atteignait 25 017 euros en 2024 d’après Vie Publique, pour un plafond de 61 200 euros.
Les banques savent que ce basculement peut faire grincer des dents. « Les banques et les conseillers bancaires vont évidemment prévenir leurs clients en amont en leur proposant de transférer l’argent vers d’autres produits », a estimé Philippe Crevel. Parmi les solutions citées, l’assurance-vie, qui propose des taux jugés attractifs et une « garantie sur le capital », a été largement plébiscitée par les épargnants en 2025, tandis que les profils plus enclins au risque peuvent envisager un Plan d’épargne en actions (PEA) ou un Plan d’épargne retraite (PER). Sans oublier la possibilité, pour ceux dont le PEL récent à 1 % n’est pas encore concerné par la limite de quinze ans, de le clôturer volontairement pour ouvrir un nouveau PEL à 2 %, ce qui peut interresser certains ménages en quête d’un meilleur rendement.
Pour ne pas subir ces clôtures automatiques, quelques réflexes simples s’imposent : vérifier la date d’ouverture figurant sur vos relevés ou votre appli bancaire, regarder si elle se situe après le 1er mars 2011 (et, pour la première vague, entre le 1er mars 2011 et le 29 février 2012), puis demander à votre conseiller la date exacte de transformation prévue. Anticiper permet de choisir soi-même le futur support de cette épargne, au lieu de la voir glisser par défaut vers un livret faiblement rémunéré.
En bref
- À partir du 1er mars 2026, les banques françaises appliquent la règle de clôture automatique à 15 ans des Plans d’épargne logement instaurée par la loi de finances rectificative de 2010.
- Près de 3,2 millions de PEL ouverts entre 2011 et 2015, représentant 93 milliards d’euros, risquent d’être transformés par défaut en livrets bancaires faiblement rémunérés.
- Entre perte de rendement et choix d’un nouveau placement, les titulaires doivent vérifier rapidement la date d’ouverture de leur PEL et décider comment réallouer cette épargne.





