Gaz : en mai 2026, près de 6 millions de foyers vont voir leur facture bondir de 15 %, sauf ceux dont ce détail de contrat les protège

Par Paul Graph - Publié le

En mai 2026, près de 6 millions de foyers verront leur facture de gaz grimper d’environ 15 % à cause des tensions au Moyen-Orient. Êtes-vous concerné par cette hausse et comment en limiter l’impact avant l’hiver ?

Gaz : en mai 2026, près de 6 millions de foyers vont voir leur facture bondir de 15 %, sauf ceux dont ce détail de contrat les protège

Depuis l’attaque iranienne contre le complexe gazier de Ras Laffan, au Qatar, le marché européen du gaz s’est brutalement tendu. En une seule journée, le prix de référence Dutch TTF a bondi de 35 % pour atteindre 61,85 €/MWh, et il a grimpé d’environ 40 % depuis le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran, ce qui rejaillit désormais sur les consommateurs français.

En France, la Commission de régulation de l’énergie anticipe une nette augmentation des factures dès mai 2026 pour les ménages dont le contrat suit les cours du marché. Interrogée sur une hausse d’environ 15 %, Emmanuelle Wargon a confirmé : « On est dans cette zone-là », a indiqué la présidente de la CRE sur RMC le 20 mars 2026. La clé, c’est le type de contrat.

Gaz : pourquoi une hausse d’environ 15 % arrive en mai 2026

Le mécanisme est simple : le prix du gaz payé par les fournisseurs suit le marché de gros avec un décalage. Pour les contrats indexés, Emmanuelle Wargon rappelle que les tarifs « évoluent avec un décalage d’environ deux mois » et que « les prix de mars se répercuteront donc en mai ». Résultat, environ 6 millions de foyers, soit près de 60 % des abonnés au gaz en France, verront leur facture augmenter d’environ 15 % à partir de mai 2026, quand les 40 % de Français titulaires d’un contrat à prix fixe resteront, eux, à l’abri pendant la durée de leur engagement.

Cette hausse reflète la flambée du TTF, fortement tiré vers le haut par les tensions au Moyen-Orient. Le prix repère du gaz, publié chaque mois par la CRE, devrait lui aussi être relevé, le ministère de l’Économie évoquant une augmentation comprise entre 5 et 10 % dès mai 2026. Pour un foyer de quatre personnes consommant 10 000 kWh par an (chauffage, eau chaude, cuisson), une hausse de 15 % correspond à environ 130 € de plus par an, avec des scénarios où la facture pourrait grimper de 260 à 525 € si les prix restaient durablement élevés, voire de 400 à 500 € pour un foyer chauffé au gaz. Emmanuelle Wargon insiste toutefois sur le fait que la hausse à venir est « pas gigantesque », car « mai, ce n’est pas la saison du chauffage », rappelant que « quand on se chauffe au gaz, les deux tiers de la facture, c’est le chauffage lui-même ».

Contrat indexé ou prix fixe : qui paiera la hausse du gaz en 2026 ?

En pratique, ce sont donc surtout les ménages en contrat indexé qui seront touchés au printemps 2026. Leur facture suit les variations du prix repère et des marchés de gros, à la hausse comme à la baisse. À l’inverse, les abonnés qui ont choisi un contrat à prix fixe, généralement pour une durée de un à trois ans, conservent un tarif du kilowattheure stable pendant toute la période prévue, sans impact immédiat de la flambée actuelle. La présidente de la CRE prévient pourtant que tout se jouera à l’automne : « Si les prix du gaz sont toujours élevés au moment où il recommence à faire froid et que ça s’accumule sur toute l’année, l’impact sera plus significatif », souligne-t-elle. C’est à ce moment-là que la note annuelle pourrait réellement s’alourdir pour les foyers interressés.

Pour limiter le choc, plusieurs leviers existent déjà pour les particuliers. Vérifier la nature de son contrat (indexé ou fixe) sur sa dernière facture ou dans son espace client permet d’abord de savoir si l’on est concerné par la hausse de mai. Il est ensuite possible de comparer les offres via le comparateur en ligne du médiateur national de l’énergie et, si son contrat le permet, de basculer vers une offre à prix fixe, sans frais de résiliation pour les particuliers. Les démarches de changement de fournisseur sont simples, sans coupure ni intervention technique, la transition étant gérée par le nouveau prestataire. Enfin, les ménages éligibles peuvent demander ou utiliser leur chèque énergie pour absorber une partie de la hausse. Côté électricité, Emmanuelle Wargon rappelle que « On dépend du gaz pour l’électricité seulement si on n’en produit pas assez » et que « En ce moment, on a beaucoup d’électricité nucléaire, les centrales nucléaires d’EDF tournent à plein, on a aussi beaucoup d’électricité renouvelable et ça nous suffit », une situation jugée « très différente de 2022 ».

  • Vérifier son type de contrat de gaz et sa date de fin d’engagement
  • Comparer les offres sur le site du médiateur national de l’énergie
  • Passer, si besoin, à une offre à prix fixe pour se protéger des hausses futures
  • Contrôler son éligibilité au chèque énergie et le demander le cas échéant

Sources

En bref

  • Depuis l’attaque iranienne contre le complexe gazier de Ras Laffan, le Dutch TTF flambe et la CRE alerte sur une hausse du gaz en France en mai 2026.
  • Environ 6 millions de foyers en contrat indexé devraient voir leur facture augmenter d’environ 15 %, quand les contrats à prix fixe restent temporairement épargnés.
  • Entre simulations de hausse de 130 à plus de 500 euros par an et options pour changer de contrat ou activer le chèque énergie, les ménages disposent encore de leviers pour agir.