Contre-espionnage du FBI : il vole 1M$ en crypto non pas avec un hack, mais avec cette méthode déconcertante

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Contre-espionnage du FBI : il vole 1M$ en crypto non pas avec un hack, mais avec cette méthode déconcertante

Chargé de protéger la sécurité nationale, un agent superviseur du FBI est soupçonné d’avoir détourné près de 1 million de dollars en cryptomonnaies grâce à une simple seed phrase. Des transferts vers Kraken et Suilend jusqu’à sa confession sur Signal, le dossier intrigue les enquêteurs.

Un agent du FBI chargé de veiller à la sécurité nationale est soupçonné d’avoir fait exactement l’inverse. Selon des documents judiciaires américains relayés par la presse spécialisée, Patrick Steven Yaroch, 41 ans, est accusé d’avoir détourné près de 1 million de dollars en cryptomonnaies (environ 900 000 €) appartenant à la cible d’une enquête menée par l’agence fédérale. L’affaire ne repose pas sur un piratage sophistiqué, mais sur l’exploitation d’informations ultra sensibles auxquelles il avait accès.

Avant sa mise en cause, Patrick Yaroch avait passé environ huit ans au sein de la division contre-espionnage du FBI à Boston, à traiter des dossiers de sécurité nationale, puis il avait été promu à un poste d’agent superviseur au siège de l’agence début 2025, avec accès à des systèmes de renseignement fortement restreints. C’est dans le cadre d’une enquête visant une cible étrangère, fin 2024 ou début 2025, qu’il aurait basculé du côté des mis en cause, en utilisant ces accès privilégiés pour s’approprier des actifs numériques. Les enquêteurs ont découvert un scénario bien plus déroutant qu’un simple piratage.

Un agent superviseur du FBI et des phrases de récupération exploitées

Selon une déclaration du bureau du FBI à Washington, Patrick Yaroch aurait découvert dans les éléments de l’enquête des phrases de récupération donnant accès à des portefeuilles de cryptomonnaies de sa cible étrangère. Ces suites de mots, parfois appelées seed phrase, permettent de reconstituer un wallet et de le contrôler totalement, comme si l’on possédait les clés de son coffre. L’agent superviseur aurait ensuite utilisé ces identifiants à environ 10 à 12 reprises pour transférer les fonds de la cible vers des adresses qu’il contrôlait, pour un total proche de 1 million de dollars.

Interrogé sur ses motivations, Patrick Yaroch aurait expliqué avoir agi par frustration, estimant que le gouvernement n’agissait pas assez contre les activités crypto de la cible, et avoir décidé de « prendre les choses en main », a-t-il expliqué, selon des propos rapportés par Cryptoast. Cette justification intervient alors qu’il occupait un poste sensible en matière de sécurité nationale, ce qui renforce l’idée d’une menace interne liée non pas à une faille technique des blockchains, mais à la gestion des secrets d’accès au sein même des institutions.

Signal, transferts vers Kraken et Suilend, aveux et fonds récupérés

Fait marquant, ce ne sont pas les outils d’analyse de la blockchain qui ont déclenché l’enquête, mais Patrick Yaroch lui-même. Le 28 juillet, il a contacté via l’application chiffrée Signal un employé de la division de sécurité nationale du ministère de la Justice, avant de le rencontrer en personne pour admettre avoir pris de « très mauvaises décisions liées à des portefeuilles crypto », a-t-il confié. Il a ensuite appelé le siège du FBI pour signaler qu’il avait « merdé ». L’agence l’a licencié deux jours plus tard, le jour même où il a été arrété et placé en garde à vue dans le cadre de la procédure pénale.

Période Action Montant estimé Plateforme / lieu Statut des fonds
Fin 2024 – début 2025 Découverte de phrases de récupération Non communiqué Dossier d’enquête du FBI Accès complet aux wallets
Fin 2024 – début 2025 Série de 10 à 12 transferts ≈ 1 000 000 $ (~900 000 €) Portefeuilles de la cible Fonds détournés
28 juillet Confession via Signal au DOJ – Ministère de la Justice Ouverture de l’enquête
Après traçage on-chain Fonds localisés 188 570 $ Kraken, > 1 000 000 $ Kraken / Suilend Comptes identifiés
Après coopération Récupération partielle des cryptos 925 426 $ (~833 000 €) Sous contrôle du FBI Fonds rapatriés

Côté flux financiers, les enquêteurs ont retracé environ 188 570 dollars de cryptomonnaies (près de 170 000 €) vers un compte ouvert sur la plateforme Kraken, et plus de 1 million de dollars (un peu plus de 900 000 €) vers le protocole de prêt décentralisé Suilend. Avec le consentement de Patrick Yaroch, le FBI a pu récupérer environ 925 426 dollars, soit dans les 833 000 €, selon les documents cités par la presse spécialisée, ce qui laisse toutefois une partie des montants initialement évoqués à clarifier.

Le dossier mentionne aussi des recherches en ligne sur une éventuelle retraite anticipée au Portugal, ainsi que des réservations de vols pour Lisbonne prévues début septembre. Patrick Yaroch affirme n’avoir jamais eu l’intention d’utiliser les fonds détournés pour financer cette retraite au soleil, mais ces éléments, mis en regard de la somme en jeu et de la chronologie des transferts, intéressent de près les enquêteurs chargés de comprendre comment un agent supposé protéger les actifs saisis a pu se retrouver au cœur d’un tel détournement en cryptomonnaies.

En bref

  • Fin 2024, Patrick Steven Yaroch, agent superviseur du FBI à Boston puis à Washington, aurait profité d’une enquête visant une cible étrangère pour accéder aux seed phrases de ses portefeuilles crypto.
  • Grâce à ces phrases de récupération, il aurait transféré en 10 à 12 opérations près de 1 million de dollars vers des wallets qu’il contrôlait, avant que des flux vers Kraken et Suilend ne soient retracés puis partiellement rapatriés.
  • Entre aveux envoyés sur Signal, licenciement express et projets supposés de retraite au Portugal, l’affaire soulève des questions explosives sur la sécurité interne des saisies en cryptomonnaies.
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