Il détourne 1 million de dollars en crypto depuis les serveurs du FBI et demande conseil à ChatGPT pour tout investir

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Il détourne 1 million de dollars en crypto depuis les serveurs du FBI et demande conseil à ChatGPT pour tout investir

Habilité top secret, un agent du FBI est soupçonné d’avoir siphonné près d’un million de dollars en cryptomonnaies sous contrôle fédéral. Ses échanges avec ChatGPT, devenus pièces à conviction, dévoilent un projet d’exil en Europe aux allures de thriller judiciaire.

Un superviseur du contre-espionnage, une habilitation « top secret », des portefeuilles de cryptomonnaies saisis : sur le papier, Patrick Steven Yaroch incarnait le profil idéal pour protéger les intérêts américains. Chargé au bureau du FBI d’Ashburn, en Virginie, de suivre des enquêtes visant des adversaires étrangers, il avait accès à des wallets remplis de bitcoins et autres actifs numériques placés sous contrôle fédéral. Les enquêteurs l’accusent aujourd’hui d’avoir détourné près d’un million de dollars, soit quasiment autant en euros, en profitant de cet accès.

Dans ce dossier, la trahison interne n’est pourtant qu’une partie de l’histoire. Les documents judiciaires décrivent aussi un agent qui, en parallèle de ces détournements, aurait sollicité ChatGPT pour savoir comment investir ce pactole et préparer une nouvelle vie en Europe. Au coeur de l’enquête, une IA conversationnelle qui s’est transformée en fil rouge numérique.

Comment un agent du FBI a détourné des wallets crypto saisis

Selon l’acte d’accusation, Patrick Steven Yaroch, en poste au bureau d’Ashburn avec une habilitation « top secret », aurait commencé à transférer des fonds fin 2024. Les autorités évoquent dix à douze transactions réalisées sur des portefeuilles liés à des enquêtes fédérales visant des acteurs étrangers. Pour y parvenir, il n’aurait pas cassé de mot de passe : il se serait servi des systèmes de renseignement internes du FBI pour récupérer les phrases de récupération donnant accès à ces wallets, un abus d’autorisation plutôt qu’un piratage technique.

L’affaire bascule le 28 juillet 2026. Ce jour-là, Yaroch contacte via l’application chiffrée Signal un ancien collègue parti au ministère de la Justice et lui demande un rendez-vous « personnel ». Ils se voient le lendemain au siège du FBI, où l’agent aurait reconnu les faits avant d’en faire un signalement écrit auprès de la division de la sécurité. Le même soir, des collègues se présentent à son domicile d’Ashburn pour le placer en congé administratif ; l’entretien s’interrompt lorsqu’il réclame un avocat. Le 30 juillet, un juge fédéral autorise une perquisition, menée le 31 : près de 925 000 dollars, soit un peu moins d’un million d’euros, sont alors saisis sur un compte Kraken et une position de prêt sur le protocole Suilend, et Yaroch est arrêté en fin d’après-midi.

ChatGPT, traces numériques et calendrier d’une fuite ratée

Les enquêteurs ont également mis la main sur un autre type de preuve : l’historique des conversations de l’agent avec ChatGPT. Dès mai 2026, il aurait demandé au chatbot comment investir le million de dollars détourné. Le 26 juin, une nouvelle session lui sert à rédiger un mail de candidature pour un emploi en Grèce. En parallèle, des billets d’avion sont achetés pour un départ au Portugal en septembre, pour lui, sa femme et leur enfant, tandis que deux avocats portugais reçoivent une procuration. L’ensemble dessine le scénario d’une reconversion discrète à l’étranger, stoppée net après son aveu et son arrestation pour transport interétatique de biens volés et recel.

Date Événement Type de trace Importance
Fin 2024 Début des 10 à 12 détournements Mouvements sur wallets saisis Ancre la période des vols
Mai 2026 Questions à ChatGPT sur l’investissement du million Historique de conversation Montre la préparation financière
26 juin 2026 Aide ChatGPT pour une candidature en Grèce Historique de conversation Préfigure le projet de départ
28 juillet 2026 Contact Signal et aveu à un collègue Messages et rapport interne Déclenche les premières mesures
30 juillet 2026 Autorisation de perquisition par un juge Ordonnance judiciaire Ouvre la voie à la saisie
31 juillet 2026 Perquisition, saisie de ~925 000 $ et arrestation Saisie sur Kraken et Suilend Cristallise les preuves matérielles

Dans ce schéma, ChatGPT apparaît comme un très mauvais confident. Les conversations n’ont pas le secret professionnel d’un avocat : les procureurs disposent désormais d’un fil de discussion qui recoupe les montants détournés, le calendrier des transferts et les projets d’exil. D’autres affaires rappellent que ces échanges peuvent remonter jusqu’aux forces de l’ordre. En avril 2026, à Strasbourg, un homme de 37 ans discute avec l’IA de l’achat d’une arme et évoque l’idée de viser « un agent du renseignement de la CIA, du Mossad ou de la DGSI ». La conversation est repérée par un agent du FBI, qui signale le cas via la plateforme française Pharos ; ce sont finalement les membres du Raid qui viennent l’interpelé chez lui.

L’enquête montrera qu’aucune arme n’a été trouvée et que le dossier a été classé sans suite, l’homme expliquant avoir voulu « tester la fiabilité et la surveillance de l’intelligence artificielle », a-t-il assuré, cité par Femme Actuelle. Il a ensuite été hospitalisé en raison de troubles psychiatriques connus. Aux États-Unis comme en France, ces deux histoires sans lien entre elles ont un point commun : des requêtes adressées à une IA qui laissent une trace exploitable, parfois au coeur de dossiers où se croisent cryptomonnaies saisies, sécurité nationale et ambitions de fuite à l’étranger.

En bref

  • À Ashburn, en Virginie, l’agent du FBI Patrick Steven Yaroch, superviseur du contre-espionnage habilité top secret, est accusé d’avoir détourné des wallets crypto saisis depuis fin 2024.
  • En utilisant les seed phrases stockées dans les systèmes internes, il aurait transféré près d’1 million de dollars vers Kraken et Suilend avant d’avouer, d’être perquisitionné puis arrêté le 31 juillet 2026.
  • Les historiques de ChatGPT, retraçant ses projets d’investissement et de fuite en Europe, soulèvent des questions sur les menaces internes, la gestion des cryptos saisies et la confidentialité des IA.
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