Détroit d'Ormuz : comment une simple phrase de Trump a suffi à faire chuter le pétrole et fait exulter la Bourse

Publié le Par
Détroit d'Ormuz : comment une simple phrase de Trump a suffi à faire chuter le pétrole et fait exulter la Bourse

En trois jours, la promesse de Donald Trump de rouvrir le détroit d’Ormuz a suffi à retourner le sentiment des investisseurs mondiaux. Mais derrière la détente du pétrole, des actions et de Bitcoin, l’accord Iran–États-Unis reste fragile et encore non signé.

Donald Trump n’a pas signé de traité de paix, il a simplement stoppé l’escalade. En rangeant ses missiles et en promettant de rouvrir le détroit d’Ormuz, le président américain a suffi à retourner l’humeur des investisseurs. Alors que la guerre entre l’Iran et les États-Unis dure depuis cinq mois, un simple week-end de déclarations a déclenché un puissant mouvement de soulagement sur les marchés mondiaux. Les prix du pétrole, la volatilité et même Bitcoin ont bougé bien avant la moindre signature.

Depuis la fin février, les frappes et contre frappes dans le Golfe ont mis sous pression une zone par où transite près de 20 % du commerce maritime mondial. Le pétrole Brent a frôlé 91 dollars le baril (environ 82 euros), tandis que le gallon d’essence aux États-Unis est repassé au dessus de 4 dollars, soit un peu plus de 3,6 euros, contre 3,14 un mois plus tôt. L’indice de volatilité VIX, souvent qualifié d’indice de la peur, a bondi d’environ 19 % en milieu de semaine avant de rester encore en hausse d’environ 9 % sur cinq jours au 20 juillet. Dans ce contexte, le moindre geste de Washington ou de Téhéran pouvait tout faire basculer.

Iran-USA : un week-end de désescalade au détroit d’Ormuz

Tout s’accélère à partir du vendredi 31 juillet. Ce jour là, les monarchies du Golfe pressent Donald Trump de mettre ses frappes sur pause et de revenir à la table des négociations avec Téhéran. Sur le terrain pourtant, le détroit d’Ormuz reste fermé à la navigation, malgré des signaux d’ouverture envoyés par l’Iran sur une possible réouverture. Quelques semaines plus tôt, le 13 juillet, Washington avait réactivé un blocus naval sur les ports iraniens, preuve que chaque accalmie peut tourner court.

Samedi 2 août, le ton change à la Maison Blanche. Donald Trump met en avant un accord cadre entre Washington et Téhéran censé rouvrir le détroit d’Ormuz, tout en annonçant l’arrêt des frappes supplémentaires sans en préciser les modalités. Le lendemain, il promet l’ouverture de négociations dès le lundi après midi, sans fixer de date butoir pour conclure un accord définitif. Pendant ce temps, Téhéran discute en parallèle avec Oman d’une feuille de route sur la gestion future du détroit, comme une porte de sortie au cas où Washington reviendrait sur sa désescalade.

Comment la désescalade Iran-USA a fait exulter les marchés

Les marchés n’ont pas attendu un accord en bonne et due forme pour se repositionner. Au lendemain de la proposition de trêve de dix jours remise à Téhéran, l’indice large américain S and P 500 a ouvert en hausse d’environ 0,5 % et le Nasdaq de 0,8 %, signe d’un retour de l’appétit pour le risque. Le pétrole Brent, qui s’échangeait encore autour de 88 dollars le baril (près de 79 euros) après un pic nocturne à 91 dollars, a vu ses gains récents se réduire, tandis que le VIX commençait à se détendre.

Date Signal géopolitique Brent Actions Bitcoin
12 juin 2026 Annonce de fin prochaine de la guerre par Trump 88,5 $ (-2 %) Kospi +8,4 % >63 000 $
20 juillet 2026 Proposition de trêve de dix jours envoyée à Téhéran 88 $ (pic nocturne 91 $) S and P 500 +0,5 % ; Nasdaq +0,8 % >64 000 $
31 juillet 3 août 2026 Annonce d’un accord cadre sur la réouverture d’Ormuz reflux après semaines de forte tension marchés américains en hausse modérée rebond avec les autres actifs risqués

Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, rappelle que l’inflation, au dessus de la cible de 2 % depuis cinq ans, impose de la pruddence alors même que les marchés jugent très probable un statu quo lors de la réunion des 28 et 29 juillet. Lors du précédent cycle de resserrement monétaire en 2022 2023, Bitcoin avait perdu près de 65 %, passant d’environ 45 000 dollars à 15 500 dollars. Aujourd’hui, la cryptomonnaie se maintient au dessus de 64 000 dollars, autour de 58 000 euros, portée par un retour des flux sur les ETF au comptant, mais la fermeture persistante du détroit d’Ormuz et l’absence d’accord formel entre Washington et Téhéran suffisent à rappeler qu’une seule mauvaise nouvelle pourrait rapidement rallumer la peur sur l’ensemble des marchés.

En bref

  • Depuis cinq mois, la confrontation Iran–États-Unis autour du détroit d’Ormuz a tendu les routes maritimes et les prix de l’énergie, sur fond de Fed vigilante et de volatilité en hausse.
  • L’annonce d’une désescalade par Donald Trump, avec un accord-cadre flou sur Ormuz et la perspective de négociations, déclenche un mouvement risk-on : Brent en reflux, VIX en baisse, S&P 500, Nasdaq et Bitcoin en hausse.
  • Tant que le détroit d’Ormuz reste en grande partie fermé et qu’aucun accord formel n’est signé, une simple mauvaise nouvelle peut inverser brutalement ce rallye des marchés.
À propos de l'auteur

La rédaction Bourse Inside est un collectif de journalistes financiers, d’analystes de marché et d'experts en gestion de patrimoine. Notre mission : décrypter l'actualité macroéconomique, les marchés financiers, l'immobilier et la fiscalité pour en extraire des analyses claires, objectives et actionnables. Engagée pour la transparence et l'indépendance éditoriale, l'équipe applique une charte déontologique stricte afin de fournir à nos lecteurs une information vérifiée, sourcée et à forte valeur ajoutée.

Ses derniers articles