"Le jour au chantier, la nuit hacker" : comment cet ado de 17 ans a gagné 150 000€ en crypto avec les données de l'ANTS et SFR

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« Le jour au chantier, la nuit hacker » : comment cet ado de 17 ans a gagné 150 000€ en crypto avec les données de l’ANTS et SFR

Un adolescent de 17 ans du sud de la France affirme avoir piraté l’ANTS et SFR pour revendre des données personnelles contre 150 000 € en cryptomonnaies. Derrière ce butin numérique, une autre question surgit : jusqu’où ces fuites alimentent-elles les arnaques qui visent les internautes ?

Un adolescent de 17 ans, domicilié dans le sud de la France, se retrouve au cœur d’une affaire de cyberattaques visant l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) et l’opérateur SFR. Derrière son pseudonyme de hacker, il est soupçonné d’avoir compromis des millions de comptes et d’avoir alimenté, en coulisses, un marché florissant de données personnelles revendues à des inconnus.

Selon les premiers éléments connus, ce jeune homme aurait transformé cette activité illégale en véritable business parallèle, au point d’accumuler jusqu’à 150 000 euros en cryptomonnaies en revendant des informations volées sur le dark web, tout en poursuivant son apprentissage dans le bâtiment. Après l’arrestation de l’un de ses complices, il a fini par avouer les faits à son père avant de se rendre à la Gendarmerie. Une trajectoire qui interroge, au moment où des millions d’internautes découvrent que leurs données ont pu circuler sur des forums clandestins.

Un hacker de 17 ans entre apprentissage et cyberattaques

Avant de devenir apprenti dans le bâtiment, l’adolescent suivait un cursus au lycée spécialisé dans la sécurité informatique. Puis il a décroché, abandonnant cette filière sans pour autant renoncer à sa passion pour le numérique. Peu à peu, il a commencer à passer de plus en plus de temps derrière son écran, jusqu’à franchir la ligne rouge du piratage, tout en conservant une vie en apparence banale d’apprenti sur les chantiers.

Sous le pseudonyme « NormalLeVrai », il raconte ce quotidien à double vie : « Je me levais à 6h30, je faisais ma journée de boulot comme tout le monde et puis le soir après je rentrais et je passais des heures sur l’ordinateur. C’est comme une drogue en fait. On ne s’en rend pas compte, mais au début c’est un peu, et après ça devient addictif », a expliqué « NormalLeVrai » à France Info. Il revendique plusieurs cyberattaques menées cette année, dont celles qui ont visé les sites de l’ANTS et de SFR. Ces opérations ont conduit à la compromission d’environ 12 millions de comptes pour l’ANTS et de plus de 2 millions de dossiers clients pour SFR, avec des informations sensibles comme l’adresse postale, l’e-mail et les détails de l’état civil des utilisateurs concernés. Le jeune hacker ne se serait pas contenté de collecter ces données : il les aurait revendues au plus offrant sur le dark web, jusqu’à amasser l’équivalent de 7 000 euros en une seule journée, au point de s’interroger sur l’utilité de continuer à se lever tôt pour aller travailler sur son chantier. Le délit l’expose aujourd’hui à une peine pouvant aller jusqu’à 7 ans de prison et 300 000 euros d’amende.

Données compromises, 150 000 euros en cryptos et déferlante de phishing

Pour les internautes touchés par les piratages d’ANTS et de SFR, l’enjeu n’est pas théorique. Les bases de données compromises rassemblent des éléments très concrets : adresse, e-mail, état civil. Avec ces briques d’information, des escrocs peuvent construire des messages extrêmement crédibles, en se faisant passer pour une administration ou un opérateur, et viser directement les personnes concernées.

Organisation ciblée Volume mentionné Types de données Risques pour les victimes Intérêt pour les fraudeurs
ANTS ≈ 12 millions de comptes Adresse, e-mail, état civil Phishing ciblé, usurpation d’identité Messages crédibles se faisant passer pour l’administration
SFR > 2 millions de dossiers Coordonnées et état civil Appels, SMS et e-mails frauduleux plus convaincants Campagnes d’arnaques à grande échelle

Le jeune homme affirme qu’il « ne se rendait pas compte au moment des faits », et parle désormais d’ »une bêtise d’adolescent qui n’est vraiment pas à reproduire ». Son mea culpa ne change rien au constat : ces fuites de données nourrissent un fléau déjà en nette hausse. Selon la plateforme nationale d’assistance aux victimes Cybermalveillance.gouv.fr, les arnaques de type phishing sont devenues la menace numéro un, avec une augmentation d’environ 70 % des opérations recensées au début de cette année. Les escrocs profitent de chaque information personnelle disponible pour affiner leurs scénarios, ajuster le ton d’un message, mentionner le bon opérateur ou le bon service administratif et convaincre la victime de cliquer sur un lien ou de rappeler un numéro.

Les autorités et les acteurs de la sécurité numérique rappellent que, face à cette pression croissante, la première protection reste la vigilance individuelle. Traiter chaque appel, SMS ou e-mail demandant des informations confidentielles avec méfiance, vérifier l’authenticité de l’expéditeur avant de répondre et refuser systématiquement de communiquer un code d’accès, un numéro de carte bancaire ou, pour les cryptomonnaies, une seed phrase ou une clé privée, constituent désormais des réflexes indispensables. Dans l’univers des données volées revendues en quelques clics, un simple message bien imité peut suffire à faire disparaître tout un compte bancaire ou un portefeuille crypto.

En bref

  • Au sud de la France, un hacker de 17 ans, connu sous le pseudonyme NormalLeVrai, s’accuse d’attaques contre l’ANTS et SFR après s’être dénoncé à la Gendarmerie.
  • Il aurait revendu sur le dark web des millions de dossiers contenant adresses, e-mails et état civil, accumulant environ 150 000 € en cryptomonnaies et s’exposant à une lourde peine pénale.
  • Entre explosion des campagnes de phishing liées à ces bases et nécessité de renforcer ses réflexes de sécurité, l’affaire illustre comment une fuite de données peut rapidement déstabiliser des milliers d’abonnés.
À propos de l'auteur
Gary Assouline
Gary Assouline

Journaliste, je suis responsable du pôle Audience de Reworld Media. Je rédige des articles sur Bourse Inside et sur d'autres sites du groupe comme Marie France, Pleine Vie ou Aufeminin sur les sujets de la vie quotidienne : consommation, argent, finance, société...

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