Minés en 2010, ces 350 BTC d'une valeur de 28M$ bougent après 16 ans : le mystère qui agite le marché crypto

Sept adresses Bitcoin minées en mars 2010 viennent d’être réactivées d’un seul coup, déplaçant 350 BTC longtemps restés hors du marché. Derrière ce réveil coordonné, les analystes s’interrogent sur l’intention réelle du détenteur.
Des bitcoins extraits à une époque où l’actif ne valait que quelques fractions de centime viennent de bouger pour la première fois. Après plus de seize ans enfermés dans des portefeuilles anonymes, ils réapparaissent aujourd’hui sur la blockchain avec une plus-value vertigineuse.
Derrière cet épisode se cachent 7 adresses Bitcoin, chacune créditée de 50 BTC minés en mars 2010. Ces 350 BTC, restés totalement immobiles depuis leur création, représentent désormais près de 4 millions de dollars par adresse, soit environ 28 millions de dollars au total, pour un bitcoin évoluant autour de 80 000 dollars, des montants globalement comparables en euros. Ce réveil coordonné intrigue les observateurs : simple réorganisation patrimoniale ou signal plus troublant ?
Des adresses Bitcoin de 2010 soudain réactivées
Selon les données publiques de la blockchain, ces adressses sont toutes liées à une activité de minage de mars 2010 : chacune a reçu la récompense de bloc alors fixée à 50 BTC, contre 3,125 BTC pour un bloc miné aujourd’hui. Le compte d’analyse on-chain Lookonchain, actif sur le réseau X, a signalé le réveil simultané de ces sept portefeuilles, qui ont envoyé leurs pièces vers de nouvelles adresses. Une adresse Bitcoin n’est rien d’autre qu’un identifiant de réception calculé à partir d’une clé publique, elle-même dérivée d’une clé privée ; seul le détenteur de cette clé privée peut signer une transaction et déplacer les fonds associés. Les premiers formats d’adresses, dits P2PKH, commencent par le chiffre 1 ; d’autres, plus récents, débutent par 3 (P2SH), ou par les préfixes bc1q et bc1p pour les formats Segwit et Taproot. Derrière ces détails techniques, un point reste central : un mouvement de BTC signifie forcément que quelqu’un contrôle encore la clé privée associée.
Au moment où ces 50 BTC ont été versés sur chaque adresse en 2010, le bitcoin n’avait pratiquement pas de cours établi, son prix se situant en dessous de 0,01 dollar. Les 50 BTC d’un bloc représentaient alors quelques centimes, contre environ 4 millions de dollars aujourd’hui, soit un rendement qui frôle les 800 000 000 % sur la période d’immobilité évoquée. Pour mesurer le changement d’échelle, beaucoup se réfèrent au fameux « Pizza Day » du 22 mai 2010, lorsque le développeur Laszlo Hanyecz a acheté deux pizzas pour 10 000 BTC, une somme qui équivaudrait à près de 800 millions de dollars aux cours actuels, soit également plusieurs centaines de millions d’euros. Les pièces réactivées ces jours-ci s’inscrivent clairement dans cette même ère historique, parfois qualifiée d’ère Satoshi Nakamoto.
Comment interpréter ces transferts de 350 BTC venus de l’ère Satoshi
Ce réveil ne survient pas isolément. Ces derniers mois, plusieurs mouvements de vieux bitcoins ont été repérés, dont un transfert d’environ 6 000 BTC restés inactifs pendant huit ans, pour une valeur estimée à 380 millions de dollars au moment de la transaction, c’est-à-dire plusieurs centaines de millions d’euros. Un autre épisode a vu douze adresses créées en 2010, représentant au total 600 BTC, bouger après environ seize ans d’inactivité, avec un transfert réalisé le 5 septembre 2026 entre les blocs 43361 et 965639 pour l’une d’elles. Des travaux menés par le chercheur Sergio Demian Lerner, autour du motif dit « Patoshi », servent justement à analyser ces blocs anciens pour déterminer s’ils peuvent ou non être attribués à Satoshi Nakamoto ; dans le cas des 600 BTC, cette hypothèse a été écartée. Pour les sept adresses réactivées aujourd’hui, aucune étude publique n’a, à ce stade, tranché la question.
| Événement | BTC déplacés | Durée d’inactivité | Valeur estimée (M$) |
|---|---|---|---|
| 7 adresses minées en mars 2010 | 350 BTC | plus de 16 ans | ~28 |
| 12 adresses créées en 2010 | 600 BTC | environ 16 ans | ~48 |
| Transfert de BTC inactifs depuis 8 ans | 6 000 BTC | 8 ans | 380 |
Face à ces chiffres, les interprétations restent ouvertes. Un transfert on-chain ne signifie pas automatiquement une vente sur une plateforme : il peut s’agir d’une migration vers un portefeuille plus moderne, d’une réorganisation de garde, d’une succession ou d’une simple consolidation d’anciennes clés. Certains commentateurs vont plus loin et évoquent la possibilité qu’une personne ait trouvé un moyen d’accéder à ces portefeuilles dormants, relançant l’idée d’un éventuel « risque quantique » où des attaques pourraient un jour ressembler à des piratages inexpliqués. Les articles qui relaient cette thèse rappellent toutefois qu’il s’agit de spéculations sans véritable fondement à ce stade, qui soulèvent surtout la question de la sécurisation à long terme des millions de BTC attribués aux premières années du réseau. En pratique, nombre d’analystes surveillent surtout l’éventuelle arrivée de ces pièces sur des adresses appartenant à des plateformes d’échange, ce qui constituerait un signal beaucoup plus direct d’intention de vente.
En bref
- Ces derniers jours, Lookonchain signale le réveil simultané de 7 adresses Bitcoin issues du minage de mars 2010, contenant chacune 50 BTC.
- Au total, 350 BTC valorisés autour de 28 millions de dollars sont transférés vers de nouvelles adresses, ravivant les spéculations sur l’ère Satoshi Nakamoto.
- Entre réorganisation de garde, succession ou risque de compromission, les scénarios restent ouverts et les observateurs guettent surtout un éventuel passage par les plateformes d’échange.








