"Rendement crypto de 30% garanti par une IA" : les dessous du Ponzi qui a coûté 24 millions à 400 épargnants

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« Rendement crypto de 30% garanti par une IA » : les dessous du Ponzi qui a coûté 24 millions à 400 épargnants

À Las Vegas, Brent C. Kovar a bâti Profit Connect sur une IA présentée comme un superordinateur capable de générer 30 % de rendement annuel garanti. Derrière ce récit techno se cache un Ponzi à 24 M$ dont la justice fédérale vient de trancher la responsabilité.

À Las Vegas, un promoteur de cryptomonnaies assurait avoir mis au point une intelligence artificielle capable de faire travailler un « superordinateur » jour et nuit. Le message : miner des cryptoactifs, valider des transactions et générer des rendements confortables, sans effort pour les clients.

Pendant plusieurs années, cette histoire a convaincu des centaines d’investisseurs, souvent des retraités, de confier leurs économies à sa société Profit Connect. Un jury fédéral vient pourtant de conclure qu’il s’agissait d’un Ponzi crypto : au moins 400 investisseurs auraient ainsi perdu 24 millions de dollars, soit l’équivalent de plus de 20 millions d’euros, et le propriétaire Brent C. Kovar attend désormais sa condamnation, prévue le 30 novembre 2026, avec une peine maximale encourue de 280 ans de prison. Comment en est-on arrivé là ?

Ponzi crypto IA : un verdict fédéral pour des promesses impossibles

Selon les éléments présentés au tribunal, Profit Connect a fonctionné de la fin 2017 à juillet 2021. L’entreprise se présentait comme une structure rentable versant à ses clients un rendement fixe de 15 % à 30 % par an, assorti d’une garantie de remboursement à 100 %. Brent Kovar affirmait que ces performances provenaient d’un logiciel d’intelligence artificielle déployé sur un superordinateur, censé miner des cryptomonnaies, vérifier d’autres transactions numériques et, dans certains cas, trader des actions et des actifs crypto.

Pour appuyer ce discours, il assurait aussi que Profit Connect détenait des centaines de millions de dollars en réserves de cryptomonnaies et expliquait à certains investisseurs que leur argent était couvert par la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), l’organisme qui garantit les dépôts dans les banques américaines. En réalité, d’après les procureurs, l’opération ne générait aucun profit, ne disposait d’aucune réserve réelle et n’avait aucun moyen légitime de servir les rendements promis ou la prétendue garantie, si bien que les jurés ont reconnu Brent Kovar coupable de 11 chefs de fraude électronique, deux chefs de fraude postale et deux chefs de blanchiment d’argent, pour un préjudice se chiffrant en dizaines de millions de dollars. « Les criminels qui construisent leurs opérations sur de fausses garanties, des profits fabriqués et des réserves inexistantes… laissent leurs victimes confrontées à un préjudice financier bien réel. Les agents spéciaux et le personnel professionnel de l’IRS-CI sont bien placés et continueront à suivre l’argent pour tenir responsables ceux qui exploitent les technologies émergentes pour commettre des fraudes. », a déclaré David Lowe, agent spécial responsable par intérim du bureau régional de San Francisco de l’IRS Criminal Investigation, cité par FinanceFeeds.

Profit Connect : mécanique de Ponzi, chronologie et signaux d’alerte

Les enquêteurs ont retracé les flux financiers : l’argent apporté par les nouveaux clients servait à faire fonctionner l’entreprise, à acheter des cadeaux aux employés, à financer l’achat d’une maison pour Brent Kovar et à verser des « revenus » aux premiers souscripteurs, présentés comme provenant du minage ou de la validation de transactions. La Securities and Exchange Commission (SEC) avait déjà tiré le frein d’urgence en juillet 2021, en obtenant le gel des avoirs de Profit Connect alors qu’environ 12 millions de dollars avaient été collectés auprès d’au moins 277 investisseurs. Selon la plainte déposée par la SEC, plus de 90 % des ressources de la société provenaient directement des dépôts des clients, et aucun de ces fonds n’était utilisé pour acheter des cryptomonnaies ou négocier des titres comme annoncé, Profit Connect encourageant même certains à mobiliser leur épargne-retraite ou la valeur de leur logement. Le ministère public a aussi rappelé que Brent Kovar avait auparavant dirigé Sky Way Communications, une société ultérieurement en faillite dont un avion avait été saisi au Mexique chargé de cocaïne.

Date / période Événement Montants / victimes Autorité
Fin 2017 Lancement de Profit Connect Promesse 15-30 % de rendement annuel Brent C. Kovar
Juillet 2021 Gel des avoirs de Profit Connect ≈12 M$ et ≥277 investisseurs Securities and Exchange Commission (SEC)
2017-2021 Collecte continue de fonds Total 24 M$ et ≥400 victimes Enquête pénale fédérale
Après 9 jours de procès Verdict coupable du jury fédéral 11 fraudes électroniques, 2 postales, 2 blanchiments Tribunal fédéral de Las Vegas
30 novembre 2026 Audience de condamnation prévue Peine maximale théorique 280 ans Juge fédéral du Nevada

Au terme de l’enquête pénale, les autorités ont relevé un préjudice nettement plus élevé que lors de l’intervention initiale de la SEC, avec davantage de victimes identifiées que dans les premières estimations. Le cas de Brent Kovar s’inscrit dans une série de poursuites visant des systèmes de Ponzi bâtis autour des cryptomonnaies, mais il met surtout en lumière la force d’un argumentaire combinant rendement annuel présenté comme fixe autour de 30 %, promesse de protection totale du capital et références à des institutions comme la FDIC. Pour un investisseur professionel ou particulier, ce type de montage constitue un signal d’alerte majeur, quelle que soit l’innovation technologique mise en avant, tandis que la peine qui sera prononcée le 30 novembre 2026 dira jusqu’où la justice américaine entend aller face à ce genre d’affaires.

En bref

  • De fin 2017 à juillet 2021, Brent C. Kovar a utilisé sa société Profit Connect à Las Vegas pour lever des fonds auprès d’au moins 400 investisseurs séduits par une combinaison crypto et IA.
  • Un jury fédéral l’a reconnu coupable de 11 fraudes électroniques, 2 fraudes postales et 2 blanchiments d’argent, estimant que le montage reposait sur un Ponzi de 24 M$ servi par de fausses garanties.
  • L’affaire met en lumière trois signaux d’alerte majeurs — rendement fixe élevé, garantie intégrale et invocation abusive de labels comme la FDIC — qui invitent à examiner de très près toute promesse d’investissement en crypto.
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