Budget 2026 : barème de l’impôt réindexé de 0,9 %, seuil de non-imposition relevé… gagnant ou perdant sur votre impôt sur le revenu 2026 ?
Adopté le 2 février après un dernier 49.3, le budget 2026 réindexe de 0,9 % le barème de l’impôt sur le revenu. Entre seuil de non‑imposition relevé et gains limités, votre facture fiscale va‑t‑elle vraiment bouger ?

Après un feuilleton parlementaire à rallonge, le budget 2026 est enfin bouclé. 49.3 à répétition, motions de censure rejetées, compromis arraché avec les socialistes : la France a bel et bien une nouvelle loi de finances, mais les quelque 40 millions de foyers interressés attendent surtout de savoir ce que cela change pour leur impôt sur le revenu 2026.
La loi de finances pour 2026 a été définitivement adoptée le 2 février, après le rejet de deux dernières motions de censure. Dans sa mouture finale, le barème 2026 de l’impôt sur le revenu est revalorisé de 0,9 %, à hauteur de l’inflation 2025, là où le gouvernement prévoyait au départ de le geler complètement. Un gel qui aurait fait rentrer 200 000 foyers supplémentaires dans l’impôt et rapporté environ 2 milliards d’euros à l’État, alors même que la suppression de l’abattement de 10 % sur les pensions avait été un temps évoquée avant d’être abandonnée. La réponse à la question « votre impôt va-t-il baisser ? » n’est pourtant pas la même pour tout le monde.
Impôt sur le revenu 2026 : nouveau barème et seuil de non-imposition
Concrètement, toutes les tranches du barème 2026 sont relevées de 0,9 %. Pour une part de quotient familial, les montants applicables aux revenus 2025 sont désormais les suivants :
- Tranche 1 (0 %) : jusqu’à 11 600 € (auparavant 11 497 €)
- Tranche 2 (11 %) : entre 11 601 et 29 579 € (auparavant 29 315 €)
- Tranche 3 (30 %) : entre 29 580 et 84 577 € (auparavant 83 823 €)
- Tranche 4 (41 %) : entre 84 578 et 181 917 € (auparavant 180 294 €)
- Tranche 5 (45 %) : plus de 181 917 € (auparavant 180 294 €)
Cette revalorisation décale mécaniquement le seuil de non-imposition 2026. En théorie, la tranche à 0 % s’applique jusqu’à 11 600 € de revenu net imposable par part. En pratique, si l’on tient compte de l’abattement forfaitaire de 10 % sur les salaires, de la décote pour les petits montants et du fait que le fisc ne réclame pas d’impôt inférieur à 61 €, un célibataire sans enfant ne commence vraiment à payer qu’à partir d’environ 19 550 € de revenus nets annuels, soit 1 662,50 € nets par mois. En dessous, il reste non imposable. Le nouveau Smic net, fixé à 1 443,11 € depuis le 1er janvier 2026, demeure largement sous ce seuil, ce qui écarte les salariés au salaire minimum de l’impôt sur le revenu. Juste au-dessus, l’indexation de 0,9 % se traduit par une petite bouffée d’air : pour un célibataire gagnant 35 000 € nets imposables par an, l’économie atteint environ 61 € d’impôt sur l’année par rapport au gel du barème qui était initialement envisagé.
Budget 2026 : qui gagne vraiment avec le barème d’impôt réindexé ?
Pour les ménages, l’impôt sur le revenu reste donc globalement stable, seul le barème bougeant légèrement, tandis que l’abattement de 10 % est maintenu pour les retraités. Les efforts portent davantage sur les entreprises, avec une surtaxe sur les bénéfices des plus grands groupes et l’abandon de la baisse prévue de la CVAE, même si la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin assure que « 99% des entreprises ne verront aucun changement fiscal en 2026 », a-t-elle souligné sur BFMTV. Le Premier ministre Sébastien Lecornu met de son côté en avant un ralentissement des dépenses publiques, estimant que « pour la première fois depuis longtemps (…) la dépense ralentit réellement », a-t-il déclaré à l’Assemblée nationale, cité par BFMTV, avant de préciser : « En 2026, la progression de la dépense publique en volume tombe à 0,9% contre 1,7% en 2025 et plus de 2% les années précédentes ».
Les oppositions livrent une lecture très différente de ce budget. À droite, le rapporteur général du budget au Sénat Jean-François Husson dénonce une loi de finances qui « aggrave le déficit de plus de 10 milliards d’euros par rapport au budget initial », a-t-il critiqué sur BFMTV, en alertant sur une dette qui grimperait « à 118,2% du PIB en 2026, contre 115,9% en 2025″. À gauche, le président LFI de la commission des Finances Éric Coquerel estime qu' »On a des coupes très importantes qui se confirment dans plusieurs ministères voire sont accrues », a-t-il pointé auprès de BFMTV, en citant « la Cohésion des territoires, l’Aide au développement, le Sport, l’Agriculture, la Culture, ou l’Écologie ». Sur le terrain social, la majorité a concédé un coup de pouce de 50 € par mois pour la prime d’activité et la généralisation des repas à un euro pour les étudiants, tandis que le texte prévoit aussi de supprimer les APL pour les étudiants étrangers hors Union européenne non boursiers à partir de la rentrée 2026. Dans ce paysage contrasté, l’indexation de 0,9 % du barème de l’impôt sur le revenu apparaît comme un ajustement limité : de quoi éviter un vrai tour de vis fiscal pour les foyers imposables, sans pour autant transformer leur avis d’imposition 2026.
En bref
- Adoptée le 2 février 2026 après rejet des motions de censure, la loi de finances réindexe de 0,9 % le barème de l’impôt sur le revenu.
- Les tranches sont relevées, le seuil réel de non-imposition grimpe autour de 19 550 € annuels pour un célibataire et les hausses liées au gel sont évitées.
- Selon votre niveau de revenus et la composition de votre foyer, l’impact restera modeste mais peut se traduire par quelques dizaines d’euros en moins sur votre avis 2026.








