Ce plan audacieux de Macron pour protéger l'industrie française face à la concurrence mondiale
Face à la concurrence mondiale, la France adopte des mesures pour protéger son industrie. Emmanuel Macron annonce des changements clés pour 2026, incluant des droits de douane sur les petits colis et des quotas d'acier réduits.

À l’Élysée, l’inauguration de la cinquième Grande Exposition du fabriqué en France s’est tenue dans un contexte de rivalités commerciales accrues. Entre prix tirés vers le bas et surcapacités à l’étranger, l’industrie tricolore cherche des leviers pour protéger ses usines et ses emplois.
Emmanuel Macron a fixé un cap articulé autour de la défense commerciale et de la compétitivité, avec un prisme européen assumé. Des décisions concrètes émergent déjà sur les envois transfrontières et l’acier, tandis que la transition bas carbone s’impose comme condition de long terme. La suite s’annonce dense.
Protection de l’industrie française : le cap face à la concurrence mondiale
« Il faut qu’on assume une politique de protection de notre industrie, et ce n’est pas un gros mot », a déclaré Emmanuel Macron, selon BFMTV. Le chef de l’État a décrit la « brutalité des échanges commerciaux » et une « concurrence déloyale », pointant notamment la « surproduction chinoise ». Au centre, la protection de l’industrie française face à une concurrence déloyale.
« Il faut tout à la fois une politique de compétitivité » et « une politique de protection si on ne veut pas se laisser déborder », a-t-il ajouté. « J’ai besoin de votre soutien », a lancé le président, insistant sur un « combat », mené par la France à l’échelle européenne et « parfois contre beaucoup de ses alliés ». Le chef de l’État s’est aussi félicité d’avoir stoppé douze ans de désindustrialisation, y voyant un effet sur l’emploi, la souveraineté et l’indépendance. « On peut réindustrialiser le pays en décarbonant », a-t-il affirmé, vantant la création d’emplois en France « tout en baissant les émissions de CO2 ». « Il ne faut pas en ce moment dans le débat public réouvrir des oppositions d’avant-guerre », a-t-il tancé. « Si on veut garder nos grands cimentiers, nos grandes aciéries, nos ports, il faut aller beaucoup plus vite dans la décarbonation ».
Petits colis et quotas d’acier : ce qui change et quand
Sur les petits colis, Emmanuel Macron dénonce une pression directe sur les commerces de proximité. « Nous avons pris de premières mesures de protection », a-t-il assuré. Les ministres des Finances ont approuvé la suppression de l’exonération de droits de douane sur ces envois importés dans l’Union européenne, avec une entrée en vigueur visée dès le premier trimestre 2026. En 2024, ces colis ont atteint 4 milliards. Ils « viennent déstabiliser nos commerces de centre-ville », a-t-il aussi estimé. Évidement, la mise en œuvre devra suivre le calendrier européen.
Autre dossier clé : l’acier. La sidérurgie européenne souffre d’une rude concurrence chinoise et est aussi menacée par la hausse des droits de douane américains. Début octobre, la Commission européenne a proposé de réduire de 47 % les quotas d’acier pouvant entrer dans l’UE sans droits de douane, notamment en provenance de Chine. Dans ce cadre, l’exécutif défend un couplage entre protection commerciale, compétitivité et décarbonation. Les 15 et 16 novembre, 123 produits fabriqués en France sont exposés au Palais de l’Élysée, vitrine d’un cap industriel qui se veut durable.







