Chômage en hausse, réforme des retraites suspendue : l'économie française face à des défis majeurs pour 2025
La fin du shutdown américain et les investissements de Toyota redessinent les perspectives économiques françaises pour 2025. Comment ces événements influencent-ils la croissance et l'emploi en France ?

Fin de la paralysie budgétaire aux États-Unis, investissement record annoncé par Toyota, regain de nervosité dans le transport aérien américain, et en France un taux de chômage qui remonte légèrement. Les signaux se superposent, avec des marchés européens qui ont ouvert en ordre dispersé et un CAC 40 en petite hausse, pendant que les entreprises livrent des résultats contrastés.
Dans l’Hexagone, les nouveaux chiffres de l’Insee et les prévisions de l’Unédic dessinent une trajectoire d’emploi plus prudente pour 2025, tandis que la suspension de la réforme des retraites pèse déjà sur l’équation budgétaire. Le décor est posé.
Perspectives économiques France 2025 : chômage, budget et CAC 40
Selon l’Insee, le taux de chômage en France a
atteint 7,7 % de la population active au troisième
trimestre, en hausse de 0,1 point sur un trimestre. Le nombre de
chômeurs au sens du BIT augmente de 44 000 pour s’établir à
2,4 millions, tandis que le chômage des 15-24 ans
recule à 18,8 %. L’institut a aussi révisé le deuxième trimestre de
7,5 % à 7,6 %. Dans ses perspectives, l’Unédic anticipe 60
000 destructions nettes d’emplois en 2025 puis une
stagnation en 2026. « L’emploi stagnerait ensuite en 2026,
toutefois cette prévision d’emploi pourrait être revue à la baisse
en raison du climat d’incertitude pouvant déborder au-delà de
2025 »
, explique l’organisme, selon La Tribune.
L’Unédic prévoit que le nombre de chômeurs indemnisés stagnerait autour de 2,6 millions entre fin 2025 et fin 2026, puis reculerait légèrement à 2,5 millions fin 2027. Côté finances, l’organisme table sur un solde quasiment à l’équilibre en 2025 avec 100 millions d’euros, avant un déficit de 1,3 milliard d’euros en 2026. Sur les marchés, le CAC 40 a ouvert en hausse de 0,59 % ce jeudi, quand Francfort est resté stable et Londres a cédé 0,29 %. Au chapitre micro, Siemens annonce un bénéfice net de 10,4 milliards d’euros, en hausse de 16 % sur son exercice, Generali un bénéfice net ajusté de 3,3 milliards d’euros sur neuf mois (+14 %), tandis que Burberry réduit sa perte nette à 26 millions de livres (29 millions d’euros) sur son premier semestre.
États-Unis, shutdown et investissements : quels effets pour la France
La nuit dernière, Donald Trump a mis fin à la
plus longue paralysie budgétaire qu’aient connue les États-Unis,
43 jours au total. « Aujourd’hui, nous
envoyons le message clair que nous ne céderons jamais au
chantage »
, a-t-il déclaré avant de signer le texte au
Bureau ovale. Ce déblocage a contribué au regain d’appétit pour le
risque sur les places européennes, mais l’épisode a laissé des
traces côté transport aérien américain. En pleine période de
tension, 8 000 vols ont été retardés le dimanche
26 octobre, la FAA ayant imposé des programmes de retard au sol à
Chicago O’Hare, Washington, Newark et Los Angeles, avec des retards
moyens de plus d’1 h 30. « Nous anticipons davantage de
retards et d’annulations dans les prochains jours »
, a
prévenu Sean Duffy, secrétaire américain aux Transports.
Face au sous-effectif de contrôleurs, Washington a annoncé une
réduction de 10 % du nombre de vols dans quarante
grands aéroports, d’Atlanta à New York. « Il nous manque 2
000 contrôleurs aériens »
, a indiqué Sean Duffy. Le
président du syndicat des contrôleurs, Nick Daniels, alerte sur la
sécurité : « Chaque jour qui passe rend la situation moins
sûre »
. Dans ce contexte, l’annonce de
Toyota d’investir jusqu’à 10 milliards de
dollars supplémentaires aux États-Unis sur cinq ans, soit
environ 9,3 Md€, s’inscrit dans la pression
américaine visant le Japon à engager 550 milliards de
dollars d’investissements domestiques, environ 511
Md€, en échange d’un abaissement des taxes
douanières. Côté pouvoir d’achat et finances publiques en
France, la suspension de la réforme des retraites concerne
3,5 millions de personnes pour un coût estimé à
2,2 milliards d’euros. « Je vais pouvoir
partir à la retraite à 61 ans et 8 mois », raconte Sandrine,
peintre en bâtiment, quand Marco Fugaro salue la décision :
« Des métiers comme nous, avec la pénibilité qu’on a, c’est
très bien pour nous, parfait ». Reste à financer la mesure
dans un budget 2026 déjà sous contrainte, apparament.







