Eau chaude : la douche froide du rapport 2026 de l'ADEME sur le rendement réel des pompes à chaleur

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Eau chaude : la douche froide du rapport 2026 de l’ADEME sur le rendement réel des pompes à chaleur

En suivant 81 pompes à chaleur en conditions réelles, l’ADEME bouscule les promesses sur l’eau chaude sanitaire. Derrière un rendement décevant, un dilemme s’impose entre PAC double service et chauffe-eau thermodynamique.

Installer une pompe à chaleur pour tout faire, chauffage et eau chaude, ressemble à la solution idéale pour alléger durablement sa facture d’électricité. Les premières mesures en conditions réelles menées par l’Agence de la transition écologique montrent pourtant que la production d’eau chaude sanitaire reste le point faible de ces systèmes, bien loin des rendements théoriques annoncés dans les brochures.

Avec son observatoire lancé en 2024, l’ADEME suit au fil des saisons des pompes à chaleur installées dans des maisons individuelles et a publié en mai 2026 son rapport portant sur l’année 2025. Derrière les chiffres, une question très concrète se pose désormais à de nombreux propriétaires : mieux vaut-il une pompe à chaleur air/eau qui produit aussi l’eau chaude, ou un chauffe-eau thermodynamique dédié à ce poste ?

Rendement de l’eau chaude : ce que mesure vraiment l’ADEME

L’observatoire de l’ADEME suit 81 pompes à chaleur en service dans des maisons, dont 73 modèles air/eau. Pour l’eau chaude sanitaire, le rendement saisonnier, le SCOP (kWh de chaleur produits pour 1 kWh d’électricité sur une saison), atteint en moyenne 2,0 pour ces PAC air/eau, contre 2,5 pour les quelques installations eau/eau qui vont chercher la chaleur dans le sol ou une nappe. Le même parc affiche en parallèle un SCOP moyen de 2,8 pour le chauffage, ce qui montre que la machine valorise bien mieux l’électricité lorsqu’elle alimente radiateurs et planchers chauffants.

Indicateur Valeur 2025 Commentaires
Pompes à chaleur suivies 81 (dont 73 air/eau) Maisons individuelles uniquement
SCOP eau chaude PAC air/eau 2,0 Moyenne saisonnière ECS
SCOP eau chaude PAC eau/eau 2,5 8 installations sur nappe ou sol
Installations ECS avec SCOP < 2 46 % Près d’une PAC sur deux
Conso électrique eau chaude 757 kWh/an Hors cas anormal isolé
Besoin de chaleur eau chaude 1 544 kWh/an Pertes du ballon comprises
Part de la résistance d’appoint 5,4 % du poste ECS 7,8 % en 2024

Le rapport précise que 46 % des installations se situent sous un rendement de 2 pour l’eau chaude, tandis que les meilleures atteignent entre 2,5 et 3, avec un record à 3,4. À l’inverse, quatre logements affichent un SCOP inférieur à 1, ce qui signifie que la résistance électrique d’appoint fournit à elle seule l’essentiel de la chaleur, parfois à cause d’un ballon mal raccordé dont la résistance contribue aussi au chauffage. L’ADEME rappelle que produire de l’eau à haute température, en toute saison et même par grand froid, éloigne la pompe à chaleur de sa zone de meilleur rendement et renforce mécaniquement l’appel à l’appoint, qui pèse encore 5,4 % du poste eau chaude en 2025, contre 7,8 % en 2024.

Pompe à chaleur double service ou ballon thermodynamique : le verdict de l’ADEME

Face à ces résultats, l’ADEME compare la production d’eau chaude par une PAC air/eau à celle d’un chauffe-eau thermodynamique individuel. Pour ce seul poste, elle juge la pompe à chaleur air/eau « probablement légèrement moins performante » qu’un chauffe-eau thermodynamique, sur la base de mesures réalisées sur une dizaine d’unités. L’agence ne recommande pourtant pas de généraliser les pompes « simple service » couplées à un ballon thermodynamique : elle souligne que les modèles à double service restent environ 10 % plus performants pour le chauffage, avec un rendement moyen de 2,9 contre 2,6 pour les pompes qui ne font que chauffer, un argument interressant pour les projets neufs.

Du côté des ballons thermodynamiques, l’ADEME indique qu’ils peuvent consommer jusqu’à 70 % d’électricité en moins qu’un cumulus électrique classique, et les comparatifs montrent une consommation 2 à 3 fois plus faible qu’un ballon purement électrique. Mais le choix ne se résume pas à ce seul chiffre. Le rapport insiste sur trois paramètres décisifs : le besoin d’eau chaude, qui varie d’un facteur 1 à 8 entre les maisons ; la place disponible pour un seul ballon ou pour deux appareils ; et surtout la capacité de l’installateur à régler la consigne de température, les horaires de chauffe et le seuil de déclenchement de la résistance. L’ANSES rappelle que les légionelles peuvent se développer jusqu’à 45 °C, ce qui impose de ne pas baisser soi-même la température de stockage et de laisser un professionnel ajuster les réglages. Pour repérer un problème, l’ADEME invite à surveiller la consommation d’électricité en été lorsque le chauffage est arrêté, l’apparition d’une eau tiède malgré une facture en hausse ou une résistance d’appoint qui se déclenche souvent, avant de faire contrôler l’installation. Un entretien tous les deux ans reste conseillé, suivi par 41 logements sur 81 en 2025, et les occupants se disent globalement satisfaits : 92 % le sont du confort et 94 % du fonctionnement de leur pompe à chaleur.

Sources

En bref

  • En 2025, l’ADEME a suivi 81 pompes à chaleur en maisons individuelles pour mesurer le rendement réel de la production d’eau chaude sanitaire.
  • Les résultats montrent un SCOP moyen de 2,0 pour l’ECS avec PAC air/eau, souvent inférieur à celui d’un chauffe-eau thermodynamique dédié, avec de fortes disparités selon les installations.
  • Réglage de la consigne, gestion de l’appoint électrique et qualité de l’installation deviennent alors des leviers clés pour arbitrer entre PAC double service et ballon thermodynamique.
À propos de l'auteur
Gary Assouline
Gary Assouline

Journaliste, je suis responsable du pôle Audience de Reworld Media. Je rédige des articles sur Bourse Inside et sur d'autres sites du groupe comme Marie France, Pleine Vie ou Aufeminin sur les sujets de la vie quotidienne : consommation, argent, finance, société...

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