Électricité : pourquoi le manque de vent jusqu'en novembre va faire flamber votre facture si vous avez ce contrat précis

Alors que Météo-France annonce un vent faible jusqu’au 4 novembre, les prix de gros de l’électricité s’envolent déjà. Selon leur contrat et leur compteur Linky, certains foyers pourraient voir la facture grimper dès cette semaine.
Depuis la tempête Austen, le vent est tombé et c’est un autre type de bourrasque qui secoue désormais le marché de l’électricité. Jeudi 29 octobre, le prix de gros a atteint en moyenne 267 €/MWh, soit environ 27 centimes le kWh hors acheminement et taxes, son plus haut niveau du mois. Un envol qui s’est produit alors même que la demande n’avait rien d’exceptionnel pour un jour de semaine.
Les prévisions de Météo-France ne laissent entrevoir aucun véritable coup de vent sur la quasi-totalité du territoire avant le 4 novembre, avec un anticyclone susceptible de se maintenir jusqu’au 8. Dans ce contexte de ciel bleu mais de turbines au ralenti, certains foyers risquent de voir leur facture réagir au quart de tour, parmis les différents contrats d’électricité disponibles sur le marché.
Vent au ralenti, éoliennes en retrait : quand le prix de gros s’envole
Quand le vent faiblit, la production éolienne recule et le système électrique français fait davantage appel aux centrales à gaz, plus coûteuses. Selon les données RTE éCO2mix, l’éolien a fourni en moyenne 17,4 GW vendredi 23 octobre, au plus fort de la tempête Austen, contre seulement 2,7 GW mercredi 28 octobre. Sur la même période, la production au gaz est passée d’environ 0,7 GW dimanche 25 à 3,8 GW mercredi 28. Le prix de gros a suivi : 26 €/MWh en moyenne dimanche 25, puis 253 €/MWh mercredi 28 et 267 €/MWh jeudi 29, soit un niveau environ deux fois supérieur à la moyenne de la semaine du 19 au 25 octobre (128,5 €/MWh).
| Jour | Éolien moyen (GW) | Prix de gros moyen (€/MWh) |
|---|---|---|
| Lundi 19 octobre | 3,2 | 222 |
| Vendredi 23 octobre (Austen) | 17,4 | 73 |
| Dimanche 25 octobre | 15,3 | 26 |
| Mercredi 28 octobre | 2,7 | 253 |
| Jeudi 29 octobre | non relevé | 267 |
Dimanche 25 reste un cas extrême : les éoliennes produisaient 15,3 GW, la consommation nationale se limitait à 44 GW et le prix descendait même à 0 € autour de 10 h. Le week-end, la demande allégée et le solaire poussent plus souvent le prix de gros sous zéro, mais l’épisode actuel est différent, car le vent doit rester faible sur la plupart des 35 villes suivies, avec un vent moyen médian compris entre 10 et 16 km/h d’ici au 4 novembre. Un tel calme, combiné à une consommation de 48 à 50 GW en semaine, suffit à installer une tension durable sur les prix de gros.
Contrats à prix dynamique : les seuls vraiment exposés à l’épisode sans vent
Dans ce contexte de prix de gros volatils, tous les contrats d’électricité ne réagissent pas de la même manière. Le tarif réglementé de vente, fixé par l’État, n’est révisé qu’au 1er février et au 1er août ; les offres à prix fixe conservent le même prix du kWh hors taxes pendant toute la durée du contrat, même si les taxes et l’acheminement peuvent évoluer. Les offres indexées sur le tarif réglementé suivent ces hausses et baisses semestrielles mais pas le marché du lendemain. Seules les offres d’électricité à tarification dynamique, encore peu nombreuses, font évoluer le prix du kWh heure par heure en fonction du prix de gros, ce qui les expose directement à un épisode prolongé de vent faible.
Jeudi 29 octobre illustre le choc possible pour un foyer équipé d’un contrat à prix dynamique et d’un compteur Linky, indispensable pour mesurer la consommation heure par heure. Ce jour-là, le prix de gros est tombé à 204 €/MWh à 11 h avant de grimper à 391 €/MWh à 18 h, soit en moyenne 206 €/MWh entre 11 h et 14 h contre 365 €/MWh entre 17 h et 20 h. L’écart de 159 €/MWh représente près de 16 centimes par kWh : un cycle de lave-linge d’environ 1 kWh coûte donc 16 centimes de plus en début de soirée qu’en milieu de journée, et la recharge de 10 kWh d’une voiture électrique environ 1,60 € de plus, hors acheminement et taxes. Le prix du lendemain étant publié chaque jour vers 13 h, les prochains jours de vent faible vont surtout peser sur les ménages dont la facture suit au plus près le marché, avec un intérêt évident à déplacer les usages vers le creux de la mi-journée plutôt que vers le pic de fin d’après-midi.
En bref
- Entre la tempête Austen et un anticyclone annoncé jusqu’au 4 novembre 2026, la France fait face à un épisode durable de vent faible qui tend le marché de l’électricité.
- Cette chute de la production éolienne, compensée par les centrales à gaz, fait bondir le prix de gros, ce qui expose surtout les offres d’électricité à tarification dynamique indexées heure par heure.
- Identifier son type de contrat, suivre le prix du lendemain et décaler ses usages vers le creux de la mi-journée devient crucial pour limiter l’impact sur la facture des prochains jours.








