La fin du penny aux États-Unis : un symbole historique disparaît, économies de 56 millions de dollars en jeu
Les États-Unis ont frappé leur dernier penny à Philadelphie le 12 novembre 2025, marquant la fin d'une ère. Quels seront les impacts économiques et symboliques de cette décision historique?

Après 232 ans d’existence, les États-Unis ont frappé leur dernier penny. L’ultime pièce est sortie des presses de la Monnaie de Philadelphie le 12 novembre 2025, un geste symbolique acté aujourdhui par la décision présidentielle de mettre fin à une dénomination devenue coûteuse.
Le penny reste toutefois une monnaie ayant cours légal et environ 300 milliards de pièces circulent encore, ce qui annonce une transition progressive. Reste à comprendre ce que cela change dans les poches, chez les commerçants, et dans l’imaginaire américain. Le vrai basculement se joue ailleurs.
Fin du penny aux États-Unis : coûts, dernière frappe et chiffres
« le penny joue depuis longtemps un rôle dans la vie quotidienne des Américains, des prémices du système économique jusqu’à aujourd’hui », a indiqué le service de la Monnaie américaine, cité par Capital. Pour la Monnaie, ces facteurs « économiques et industriels, combinés à l’évolution du comportement des consommateurs, ont rendu sa production non viable ». À Philadelphie, le trésorier Brandon Beach a supervisé la frappe des cinq dernières pièces destinées à circuler.
La fabrication d’un penny coûte désormais 3,69 cents l’unité. Le Trésor anticipe des économies de 56 millions de dollars par an (environ 52 M€) grâce à l’arrêt de la production, après des pertes de 85,3 millions de dollars (environ 79 M€) pour 3,2 milliards de pièces. En 2024, le penny représentait 57 % de la production de la Monnaie, soit 3,2 milliards d’unités. Le Trésor juge cette fabrication « financièrement intenable », au regard de la hausse des coûts et d’usages orientés vers les paiements électroniques. Des pièces marquées d’un symbole oméga, dont les cinq frappées mercredi, seront vendues aux enchères et certaines pourraient atteindre 100 000 dollars (environ 93 000 €). Des versions de collection continueront d’être émises en quantités limitées.
Arrondis au 5 cents, effets pour les prix et un symbole américain
Le penny garde son statut légal et environ 300 milliards de pièces circulent encore, « largement la quantité nécessaire aux échanges », note la Monnaie. Les commerces vont adapter les transactions en espèces en arrondissant au multiple de 5 cents le plus proche, sans changement pour les paiements électroniques. Le secteur bancaire a, de son côté, encouragé les ménages à remettre leurs pièces pour fluidifier l’approvisionnement local.
Sur le plan symbolique, la pièce née en 1793 et ornée du profil d’Abraham Lincoln depuis 1909 entre dans une autre vie, entre numismatique et patrimoine. Donald Trump a justifié la décision par la volonté d’ »éliminer le gaspillage du budget », a-t-il dit. « Il est triste de voir disparaître le penny, mais c’était inévitable compte tenu de l’augmentation des coûts », a réagi Gabriel Mathy. Et au Congrès, Frank Lucas souligne l’ampleur du déficit de frappe : « C’est la 19e année consécutive que le gouvernement des États-Unis perd de l’argent en produisant la pièce d’un cent et la pièce de cinq cents », avant d’ajouter : « Notre projet de loi bipartisan fait son chemin à la Chambre pour répondre à l’appel du président Trump et faire baisser les coûts pour le contribuable ». Le Canada a déjà supprimé sa pièce de un cent il y a treize ans, et en Europe, l’idée de ne conserver que les pièces de cinq centimes a été évoquée.







