La pression syndicale force la SNCF à retirer les Smartbox : un choix commercial sous influence ?
La SNCF a retiré les Smartbox d'un concours interne sous la pression de Sud-Rail. Cette décision soulève des questions sur l'éthique et la gouvernance des partenariats.

À la SNCF, un simple concours interne a pris une tournure bien plus stratégique qu’un tirage au sort de fin d’année. En cause, des coffrets Smartbox proposés en lots, et une contestation syndicale qui a rapidement mis la politique cadeaux de l’entreprise sur le devant de la scène.
Les collaborateurs de l’établissement TGV Ouest, en région Bretagne, avaient été invités à participer à un jeu interne, organisé avec le groupe RIALTO, dont les gagnants devaient recevoir des coffrets Smartbox. Pour la fédération Sud Rail, ce choix posait problème en raison du lien avec l’homme d’affaires Pierre-Édouard Stérin. Le syndicat a saisi la direction par courrier. La suite s’est jouée en quelques lignes.
Sud Rail, Smartbox et SNCF : la lettre qui a mis la pression
Dans son courrier, la fédération syndicale écrit : « vous n’êtes pas sans savoir que l’entreprise Smartbox a fait la fortune du milliardaire Pierre-Édouard Stérin. Or, de nombreuses enquêtes parues depuis 2024 ont fait la lumière sur M. Stérin, exilé fiscal en Belgique depuis 2012, qui est défini comme milliardaire libertarien et catholique intégriste », a écrit la fédération Sud Rail, citée par BFM Business.
Le syndicat insiste ensuite : « Grâce aux profits juteux générés notamment par la Smartbox et à son empire financier opaque, Stérin est ainsi devenu l’un des principaux financeurs de la guerre culturelle et politique de l’extrême droite. Nous refusons que les richesses produites par les cheminotes et cheminots financent ce milliardaire d’extrême droite », poursuit l’organisation. Et de réclamer un geste ferme : « Pour toutes ces raisons, la fédération Sud-Rail vous interpelle et exige que le contrat cadre liant la SNCF et l’entreprise Smartbox soit clairement dénoncé, car il y a un problème d’éthique évident qui entacherait l’image de la SNCF et contredirait toutes les valeurs affichées lors des 30 ans de la Fondation SNCF », conclut-elle. Sollicitée, SNCF Voyageurs « ne fait pas de commentaires », a indiqué l’entreprise.
Réponse écrite de la SNCF et retrait des Smartbox : ce que la direction acte
La réaction est venue par une lettre signée par Franck Dubourdieu, directeur de TGV Inoui Atlantique : « Concernant les Smartbox, nous acceptons de modifier le cadeau prévu. En effet, les Smartbox ne font pas partie des éléments stipulés dans le contrat cadre actuel, et nous veillerons à ce que les futurs cadeaux soient en adéquation avec le cadre de notre entreprise », a-t-il indiqué dans un courrier adressé à Sud Rail. Concrètement, les coffrets Smartbox sont retirés du concours interne réservé aux cheminots de l’établissement TGV Ouest.
Ce revirement entérine deux points clés du côté de la SNCF : d’une part, l’absence des coffrets dans le « contrat cadre actuel » rappelée noir sur blanc par la direction, d’autre part, la volonté affichée d’aligner les « futurs cadeaux » sur le « cadre de l’entreprise ». Un signal qui illustre l’effet d’une pression syndicale ciblée sur un choix commercial interne et le filtrage éthique des dotations, sujet évidement sensible pour une entreprise publique.







