Le départ de Dior et Guerlain du BHV Marais : quel impact sur l'économie du grand magasin en pleine période cruciale ?
Le départ de Dior et Guerlain du BHV Marais en pleine période de fêtes soulève des questions économiques cruciales. Quels impacts sur les ventes et le rachat des murs ?

Des présentoirs vides au rayon parfums, des logos qui s’effacent et une période clé qui démarre. Au BHV Marais, le départ de maisons prestigieuses bouleverse la fin d’année, alors que la polémique autour de Shein occupe déjà l’actualité. Les stands de Dior et Guerlain ont été retirés, un signal fort pour l’enseigne et ses comptes.
Car la séquence n’est pas anodine. Entre Black Friday en novembre et Noël en décembre, certains commerces réalisent jusqu’à 20 % de leur chiffre d’affaires annuel. Que pèse alors la sortie de ces marques sur les ventes et la trésorerie du BHV ? La réponse se lit, notament, dans les chiffres et les témoignages.
Dior et Guerlain quittent le BHV Marais : l’impact économique immédiat
Les maisons du groupe LVMH ont retiré leurs stands du grand magasin, non pas à cause de Shein, mais pour des impayés répétés. Les présentoirs de Guerlain sont désormais vides, comme ceux de Dior. Dans les allées, le moral des équipes s’effrite. « Sans ces grands acteurs de la parfumerie, Noël est fichu », déplore une source chez les salariés, selon BFM Business. Ailleurs dans le magasin, la liste des retraits s’allonge avec Agnès B., Figaret, Maison Lejaby, Aime, APC, Le Slip Français ou encore Disneyland qui a retiré son pop-up de fin d’année.
La période est cruciale pour les recettes. « Samedi dernier, sans compter les ventes de Shein, le grand magasin a réalisé 350 000 euros de chiffres d’affaires, contre 1 million, voire 1,5 million d’euros d’ordinaire pour un gros samedi », a indiqué une source en interne. Ces chiffres sont « très loin de la réalité », a démenti une source dans l’entourage du patron du groupe, Frédéric Merlin. Le dirigeant a de son côté mis en avant la fréquentation générée par l’ouverture de l’espace Shein au 6e étage : « plus de 50 000 visiteurs sont déjà venus découvrir la première capsule Shein au BHV. Un panier moyen de 45 euros, et près de 15% d’entre eux ont poursuivi leurs achats dans les autres rayons. »
Rachat des murs à 300 millions d’euros et trésorerie du BHV
Au-delà des ventes, un enjeu immobilier pèse. La Société des Grands Magasins doit finaliser le rachat des murs du BHV auprès des Galeries Lafayette, une opération estimée à 300 millions d’euros. La Banque des Territoires s’est retirée début octobre, invoquant une rupture de confiance après l’annonce du partenariat avec Shein. « On se serait passé du départ de la Banque des territoires, mais il n’y a pas d’inquiétude. Le rachat se fera vraisemblablement d’ici la fin de l’année », assure une source proche du dossier. La SGM a par ailleurs indiqué que le rachat se fera d’ici la fin de l’année 2025. En arrière-plan, l’hypothèse d’un partenaire financier étranger circule. « Si les Français s’en vont, il ne faut pas s’étonner que des étrangers entrent en jeu », glisse un bon connaisseur du dossier, avant de préciser qu’il n’y a « rien de confirmé. »
Les relations fournisseurs, elles, se tendent. Jean-Guy Le Floch, président d’Armor-Lux, évoque « 400 000 euros de factures impayées » et décrit une situation qui s’éternise : « Ça dure depuis neuf mois. On leur envoie des stocks, mais on n’est pas payés en retour ». Plusieurs marques ont dit avoir subi des retards de paiement, certains fournisseurs auraient suspendu leurs livraisons. Pour le BHV, l’équation se joue entre recettes de fin d’année, confiance des partenaires et sécurisation du financement des murs. Le tout alors que l’effet d’entraînement de Shein sur les autres rayons reste scruté de près.







