Prix du gaz : le marché chute de 18% mais votre facture va exploser, voici le mécanisme qui explique tout

Samedi 7 novembre 2026, les écrans du PEG affichent encore la clôture de vendredi, avec un contrat décembre tombé à 84,01 €/MWh après un repli hebdo de 18 %. Entre stocks moins garnis, GNL en retrait et demande en hausse, certains signaux clés pourraient rebattre les cartes lundi.
Les écrans de cotation du gaz sont figés ce samedi 7 novembre 2026, mais la dernière séance de la semaine continue de peser sur les esprits. Le marché du gaz au PEG (Point d’Échange de Gaz), où fournisseurs et industriels s’échangent le gaz livré en France, est fermé le week-end : seule la clôture de vendredi sert de boussole en attendant la reprise des échanges lundi 9 novembre.
Vendredi 6 novembre, le contrat de décembre 2026 a terminé la séance à 84,01 €/MWh au PEG, en baisse de 5,8 % par rapport au jeudi 5 novembre, soit l’équivalent d’environ 8,40 centimes par kWh de gros. Sur la semaine, le recul atteint 18 % et, sur les 23 dernières séances, ce contrat évolue sous sa moyenne de 88,27 €/MWh, entre un plus bas à 76,55 €/MWh (7 octobre) et un plus haut à 102,46 €/MWh (30 octobre). Ce niveau devient la référence pour ce samedi 7 novembre, en attendant de voir comment les fondamentaux seront interprétés à la réouverture du marché.
Prix du gaz au PEG : une fin de semaine en net repli
Sur la courbe de prix publiée chaque jour ouvré par EEX, le contrat décembre 2026 se distingue donc avec sa clôture à 84,01 €/MWh, après une baisse marquée de 5,8 % sur la seule séance du 6 novembre. Cette correction ramène le prix à proximité du milieu de sa fourchette des 30 derniers jours, comprise entre 76,55 €/MWh et 102,46 €/MWh, et en dessous de la moyenne de 88,27 €/MWh calculée sur 23 séances. Pour les acteurs de marché, ce contrat « mois à venir » reste le principal thermomètre de la tension à court terme sur le gaz livré en France.
| Indicateur | Valeur | Variation | Repère 30 jours |
|---|---|---|---|
| Contrat déc. 2026 (PEG) | 84,01 €/MWh | -5,8 % sur la séance | -18 % sur la semaine |
| Plus bas 30 jours | 76,55 €/MWh (7 octobre) | vs clôture : -7,5 €/MWh | Prix plancher récent |
| Plus haut 30 jours | 102,46 €/MWh (30 octobre) | vs clôture : -18,45 €/MWh | Pic d’automne récent |
| Moyenne 23 séances | 88,27 €/MWh | Clôture sous la moyenne | Repère de l’automne |
Au-delà de décembre, la courbe à terme dessine un léger reflux progressif des prix. Les mois d’hiver 2027 restent élevés, avec un premier trimestre 2027 à 82,80 €/MWh, puis un deuxième trimestre à 66,40 €/MWh, tandis que l’année 2027 s’échange à 68,18 €/MWh. Plus loin, le marché affiche 42,13 €/MWh pour 2028 et 30,48 €/MWh pour 2029, une détente interressante mais qui, comme le rappellent les opérateurs, ne garantit pas mécaniquement une baisse des factures des ménages.
Stocks, GNL, demande et facture : ce que le marché surveille pour lundi
Derrière ce repli des prix, les traders suivent de près les données physiques publiées en fin de semaine. Selon GIE AGSI+, les réserves françaises de gaz atteignaient 103,0 TWh le jeudi 5 novembre, soit un taux de remplissage de 83,1 %, contre 93,4 % un an plus tôt, après un soutirage de 4,8 TWh sur les sept jours précédents. D’après la plateforme de transparence d’ENTSOG, les terminaux méthaniers français ont injecté ce même jour 696 GWh de GNL dans le réseau, soit 18,1 % de moins que la moyenne des sept jours précédents (850 GWh), tandis que les réseaux de distribution ont livré 894 GWh aux logements, commerces et petites entreprises, une hausse de 40,6 % par rapport au jeudi précédent.
| Indicateur suivi | Dernière valeur (5 nov.) | Variation / comparaison | Enjeu pour le PEG lundi |
|---|---|---|---|
| Stockages France (GIE AGSI+) | 103,0 TWh, 83,1 % remplis | vs 93,4 % un an plus tôt | Niveau de coussin pour l’hiver |
| Soutirage sur 7 jours | 4,8 TWh | Stocks en baisse | Rythme d’érosion des réserves |
| GNL injecté (ENTSOG) | 696 GWh/jour | -18,1 % vs moyenne 7 j | Flux d’import GNL à surveiller |
| Distribution publique | 894 GWh/jour | +40,6 % vs jeudi précédent | Effet de la demande de chauffage |
| Centrales à cycle combiné (NaTran) | 246 GWh/jour | +23 % vs 200 GWh | Lien avec la production d’électricité |
Au total, la France a reçu 934 GWh de gaz hors stockages le 5 novembre, dont 696 GWh de GNL, 228 GWh de gaz norvégien à Dunkerque et 10 GWh par les autres gazoducs et le biométhane, selon les données de NaTran et Teréga diffusées via ENTSOG. La consommation a atteint 1 483 GWh, dont 894 GWh sur la distribution publique et 589 GWh pour l’industrie, tandis que 546 GWh étaient exportés vers les pays voisins. Le soutirage net des stockages s’est élevé à 1 147 GWh sur la journée, dans un contexte où les stockages européens sont remplis à 73,4 % en moyenne, avec 60,0 % en Allemagne et 89,8 % en Italie, ce que les marchés scrutent de près en hiver.
Côté consommateurs, le mouvement observé au PEG ne se traduit pas immédiatement sur la facture. Pour novembre 2026, la CRE publie un prix repère de vente du gaz de 0,1576 €/kWh TTC pour le chauffage (abonnement de 360,79 € par an) et de 0,1903 €/kWh TTC pour la cuisson et l’eau chaude, soit une hausse de 8,3 % sur un mois et de 52,4 % sur un an. La CRE évalue à 71,12 €/MWh le coût d’approvisionnement moyen des fournisseurs en novembre, calculé à partir des cotations mensuelles (à 80 %) et trimestrielles (à 20 %) relevées deux mois auparavant, ce qui introduit un délai : une baisse comme celle du 6 novembre ne modifiera pas le prix repère de décembre, déjà annoncé à 0,169 €/kWh TTC pour le chauffage (hausse de 7,2 %, facture type de 2 050 € contre 1 937 € en novembre), mais pourra peser sur les repères des prochains mois si elle se prolonge.
En bref
- Le 7 novembre 2026, le marché français du gaz reste indexé sur la clôture du contrat décembre au PEG à 84,01 €/MWh après une semaine de forte correction.
- Ce repli de 5,8 % sur la séance et de 18 % sur la semaine intervient alors que les données de stockages, de GNL et de consommation envoient des signaux contrastés pour la reprise de lundi 9 novembre.
- Entre niveau de remplissage en baisse, flux GNL plus limités et prix repère CRE encore orienté à la hausse, les prochains mouvements de prix pourraient surprendre les ménages comme les fournisseurs.







