Reprise de Novasco : quel avenir pour les emplois locaux face à la liquidation judiciaire ?

Par Paul Graph - Publié le

La décision sur l'avenir de Novasco, prévue le 17 novembre, pourrait bouleverser l'emploi local. Entre reprise partielle et liquidation, quels sites seront sauvés ?

Reprise de Novasco : quel avenir pour les emplois locaux face à la liquidation judiciaire ?

De la Moselle au Nord en passant par la Loire et la Meurthe-et-Moselle, l’avenir se joue à Strasbourg. Entre reprise de Novasco et liquidation judiciaire, la décision annoncée lundi 17 novembre à 9 h doit dire ce que deviennent des centaines de postes, site par site. Et, très précisement, l’impact sur l’emploi local.

Deux offres ont été examinées le 12 novembre : celle d’Europlasma et celle d’un consortium d’investisseurs mené par Métal Blanc. Dans le scénario jugé le plus solide par les organes de la procédure, l’activité serait recentrée à Leffrinckoucke (Dunkerque) pour un volume de postes limité. « Un peu moins de 150 », a déclaré l’avocat Laurent Paté, selon BFMTV. L’autre projet reprendrait davantage de sites, mais ne sauverait que 75 emplois à Hagondange et soulève des questions de financement. La question est désormais simple : quelles conséquences pour chaque site ?

Reprise de Novasco : combien d’emplois sur les sites locaux ?

À Leffrinckoucke, l’offre emmenée par Métal Blanc préserverait l’outil du site des Dunes et une partie des postes. « A l’issue de l’audience, la piste la plus probable est vraisemblablement le maintien d’une activité sur le site de Dunkerque », a indiqué Laurent Paté. Dans cette hypothèse, un peu moins de 150 salariés seraient repris sur un total de 760, tandis que Saint-Étienne et Custines s’orienteraient vers une liquidation judiciaire. Pour Hagondange, poumon social du groupe en Moselle avec près de 450 salariés, l’impact serait massif.

Sur le terrain, les témoignages s’enchaînent. « Hagondange, c’est mort, la totalité du site va disparaître », souffle Stéphane Fantoni, délégué CGT NovAsco. « On sait très bien que pour nous, Hagondange c’est fini », résume David Grosse, élu CGT. « On va se battre pour notre usine encore, tant qu’on peut, (pour) des accompagnements dignes », ajoute-t-il. « On est en deuil, on ne sait pas trop où on va aller », confie Amar Mokrani. Dans l’offre Europlasma, 75 emplois seulement seraient maintenus à Hagondange, contre la sauvegarde de Leffrinckoucke dans le scénario Métal Blanc.

Métal Blanc ou Europlasma : chiffres, calendrier et suites pour l’emploi

L’offre Europlasma vise Saint-Étienne, Custines et Leffrinckoucke, avec la possibilité d’intégrer Hagondange, mais seuls 75 postes y seraient conservés. « Des incertitudes ont été pointées, à la fois par les salariés, et par le parquet, les mandataires et les administrateurs judiciaires », a relevé Me Paté. Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a prévenu : « Sur Novasco, il y a des projets qui seront examinés par le tribunal le douze, mercredi: ça va être difficile, je préfère le dire tout de suite, ça va être difficile ». Il dit travailler avec les élus locaux, la région et la Banque des territoires pour que le principal site mosellan ne devienne pas une friche.

En parallèle, un PSE est en négociation pour les sites qui seraient liquidés et une délégation de représentants syndicaux doit être reçue au ministère. « C’est un gâchis phénoménal, une catastrophe sociale, une perte de savoir-faire, des vies détruites, des carrières, des espoirs, la fin de l’industrie, la fin de l’aciérie d’Hagondange », s’alarme Yann Amadoro, délégué syndical CGT. Contexte financier : repris en 2024 par Greybull Capital, Novasco devait recevoir 90 millions d’euros du fonds et 85 millions de l’État ; selon les syndicats, Greybull n’a apporté que 1,5 million. « On va voir comment ils comptent assumer une part de leur responsabilité », a déclaré Sébastien Martin. La décision sera rendue lundi 17 novembre à 9 h.