Shein, Temu : dès le 1er mars 2026, la taxe de 2 € (puis 3 € dès juillet) sur les petits colis pourrait faire exploser le prix réel de vos paniers
À partir de 2026, une nouvelle taxe vise les petits colis venus d’Asie, au cœur des commandes Shein et Temu des Français. De 2 à 5 € par envoi, combien fera-t-elle grimper la note sur vos paniers low-cost ?

Un tee-shirt à quelques euros, un gadget de cuisine livré depuis l’Asie, une guirlande lumineuse commandée en quelques clics sur Shein ou Temu : pour beaucoup d’acheteurs, ces petits colis donnent l’impression de ne presque rien coûter. Les prix affichés sont très bas, les frais de port souvent gratuits, et la commande arrive sans mauvaise surprise dans la boîte aux lettres.
À partir du 1er mars 2026, cette équation va pourtant changer pour une grande partie des achats venus de l’étranger. La France met en place une nouvelle taxe sur les petits colis de 2 €, bientôt rejointe par un droit forfaitaire européen de 3 € au 1er juillet 2026. Pour un panier typique Shein ou Temu, la note pourrait grimper plus vite qu’on ne le pense.
Taxe sur les petits colis : ce qui change pour vos achats Shein et Temu
La taxe concerne les envois de marchandise d’une valeur totale inférieure ou égale à 150 €, expédiés depuis un pays situé hors de l’Union européenne vers la France métropolitaine, la Martinique, la Guadeloupe, La Réunion ou Monaco. Les territoires comme Mayotte, la Guyane ou Saint-Martin ne sont pas visés. Cette redevance de 2 € s’ajoute à la TVA et, le cas échéant, aux droits de douane classiques : elle vient donc en plus de ce qui pouvait déjà être facturé.
Ces petits envois sont devenus massifs : les importations d’articles asiatiques sont passées de 175 millions d’unités en 2022 à 826 millions en 2025, sous l’effet de plateformes comme Shein, Temu ou AliExpress. La valeur moyenne d’un article dans ces colis atteignait seulement 6,40 € en 2025, contre 11,30 € en 2022, ce qui montre l’essor de produits ultra low-cost. La taxe sur les petits colis doit à la fois freiner les achats impulsifs de fast-fashion, soutenir le commerce européen, limiter l’impact environnemental des envois multiples et générer environ 500 M€ de recettes par an.
Combien allez-vous payer en plus : l’impact concret sur le prix de vos colis
Sur le papier, la loi évoque 2 € par « article de marchandise ». Les douanes françaises précisent qu’il faut comprendre cette notion comme une catégorie de marchandises. En pratique, si vous commandez trois tee-shirts dans un même colis, la taxe sera de 2 €. Si vous achetez ces trois tee-shirts et deux jouets, elle grimpera à 4 € (2 € pour la catégorie vêtements, 2 € pour la catégorie jouets). À partir du 1er juillet 2026, un droit forfaitaire européen de 3 € par catégorie tarifaire s’ajoutera : les mêmes trois tee-shirts supporteront alors 5 € de prélèvements, et le colis tee-shirts + jouets, 10 €. Ces droits européens sont prévus au moins jusqu’en 2028, tandis que la taxe française, transitoire, restera en vigueur au plus tard jusqu’au 31 décembre 2026 avant d’être remplacée, en novembre 2026, par un dispositif européen de frais de gestion similaire.
Autre point clé : juridiquement, le redevable est la même personne que pour la TVA à l’importation sur la déclaration H7, c’est-à-dire le vendeur étranger, la plateforme de commerce en ligne ou un représentant en douane. Dans la grande majorité des cas, l’acheteur ne paiera donc pas directement ces 2 € ou 5 € à la livraison. Les sites comme Shein, Temu ou AliExpress pourront choisir d’absorber une partie du surcoût, ou de le répercuter via une hausse des prix, des frais de port moins attractifs ou des « frais de traitement douanier » intégrés au panier. Les cas où un particulier devra sortir sa carte bancaire au pas de la porte resteront limités, par exemple pour un cadeau envoyé d’un pays tiers, d’une valeur comprise entre 45 € et 150 €, qui ne bénéficie plus de franchise. Un calcul interressant consiste déjà à comparer le prix final, taxes incluses, avec une alternative vendue depuis l’Union européenne, en gardant à l’esprit quelques réflexes simples :
- Regrouper ses achats par type de produit dans un même colis, plutôt que de multiplier les commandes dispersées.
- Vérifier le pays d’expédition indiqué sur la fiche article ou dans le récapitulatif de commande.
- Comparer le total payé (articles, taxes, frais éventuels) avec une enseigne ou une marketplace qui expédie depuis un entrepôt européen.
Sources
En bref
- Dès le 1er mars 2026, une redevance de 2 € s’applique aux colis de moins de 150 € expédiés hors UE vers la France, visant en particulier les commandes Shein, Temu et AliExpress.
- Calculée par catégorie de marchandises, cette taxe grimpera à 5 € par catégorie avec l’ajout d’un droit douanier européen de 3 € au 1er juillet 2026, en plus de la TVA et des droits classiques.
- Intégrée par les plateformes dans les prix, les frais de port ou les frais de traitement, elle pourrait rendre bien moins attractifs les paniers ultra low-cost et pousser à revoir ses réflexes d’achat.








