Smic : dès le 1er juin 2026, plus de 2 millions de salariés seront augmentés automatiquement, ce détail sur votre fiche de paie dira si vous y avez droit

Par Paul Graph - Publié le

En France, plus de 2 millions de salariés au Smic verront leur salaire augmenter d’au moins 2 % au 1er juin 2026, sous l’effet du retour de l’inflation. Êtes-vous dans la liste et combien cela peut-il vraiment changer sur votre fiche de paie ?

Smic : dès le 1er juin 2026, plus de 2 millions de salariés seront augmentés automatiquement, ce détail sur votre fiche de paie dira si vous y avez droit

Sans rien faire, plus de 2 millions de salariés devraient voir leur fiche de paie évoluer dès le début de l’été. Une revalorisation automatique du Smic, déclenchée par la remontée de l’inflation, va s’appliquer en plein milieu d’année, ce qui reste assez rare.

Après une hausse de 1,18% au 1er janvier, le salaire minimum devrait augmenter d’au moins 2% au 1er juin 2026, à la suite de la publication par l’Insee d’une inflation de 2,2% sur un an en avril. « On s’attendait à moins », a précisé sur RTL Roland Lescure, le ministre de l’Economie, cité par Notre Temps. Reste à savoir qui verra réellement son salaire grimper et de combien.

Pourquoi le Smic va être relevé automatiquement en juin

Le mécanisme est inscrit dans le Code du travail : le Smic est indexé sur l’inflation, avec une règle clé, rappelée par Notre Temps, selon laquelle si la hausse des prix dépasse 2% depuis la dernière revalorisation, le salaire minimum est relevé dans les mêmes proportions. C’est ce qui se produit avec l’indice des prix à la consommation, qui affiche en avril une progression de 2,2% sur douze mois, contre seulement 0,9% en février, sur fond de nouvelle tension sur les coûts de l’énergie.

Roland Lescure a détaillé le calendrier : « Si ce chiffre se confirme au 13 mai, on aura au 1er juin une augmentation du Smic d’au moins 2%. On verra les chiffres exacts ». Il a aussi souligné l’ampleur du mouvement : « Ça veut dire qu’en six mois en fait, on aura eu une augmentation du Smic de plus de 3%. C’est le modèle social qui fonctionne », a jugé le ministre, après avoir rappelé que « le Smic a augmenté de 1,2% de manière mécanique au 1er janvier ». Cette revalorisation infra-annuelle ne s’était plus produite depuis 2023, lors de la flambée des prix de l’énergie liée à la guerre en Ukraine.

Combien allez-vous gagner en plus et qui est concerné ?

Depuis janvier, le Smic brut horaire est fixé à 12,02 euros, soit 1823,03 euros bruts par mois pour un temps plein à 35 heures. Avec une hausse d’au moins 2% au 1er juin, le salaire minimum passerait à 12,26 euros bruts de l’heure, et à 1859,49 euros bruts mensuels, soit une progression de 36,46 euros. Pour les salariés, Notre Temps estime que cela représentera entre 30 et 35 euros nets de plus par mois, ce qui porterait le salaire net mensuel autour de 1470 euros pour un temps plein, selon les estimations disponibles.

Ce « coup de pouce » mécanique concernera en priorité les salariés payés au minimum légal : employés de commerce, agents de nettoyage, aides à domicile, serveurs, ouvriers d’industrie, mais aussi de nombreux apprentis et alternants dont la rémunération est calculée en pourcentage du Smic. Au total, plus de 2 millions de salariés sont visés, dans un contexte où la part de travailleurs au salaire minimum progresse : d’après les dernières études citées par Notre Temps, 17,3% des salariés étaient au Smic au 1er janvier 2023, contre 12% en 2021. Autrement dit, les premiers interessés sont loin d’être une petite minorité, et la hausse aura aussi des répercussions plus larges, puisque le Smic sert de base pour calculer plusieurs aides sociales, certains plafonds de ressources ou encore le montant permettant de valider un trimestre de retraite.

En bref

  • Au 1er juin 2026, le Smic français doit être relevé d’au moins 2 % après une inflation à 2,2 %, comme l’a indiqué Roland Lescure en s’appuyant sur les chiffres de l’Insee.
  • Le salaire minimum passerait d’environ 1 823 € à 1 860 € brut pour un temps plein, soit près de 30 € nets de plus par mois pour les salariés payés au plancher légal.
  • Environ 2 millions d’employés, apprentis et temps partiels sont potentiellement concernés, avec des effets en chaîne sur aides sociales, retraite et autres dispositifs indexés.