Titres-restaurant : adieu le format papier, bonjour les courses le dimanche, ce qui va vraiment changer pour votre pouvoir d'achat à la rentrée

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

Courses au supermarché, paiement le dimanche, fin des carnets papier : les titres-restaurant entrent dans une nouvelle ère. Mais que décidera vraiment le Parlement lors du débat annoncé à la rentrée ?

Titres-restaurant : adieu le format papier, bonjour les courses le dimanche, ce qui va vraiment changer pour votre pouvoir d’achat à la rentrée

Pour beaucoup de salariés, les titres-restaurant servent autant à remplir le frigo qu’à payer un déjeuner à l’extérieur. Payer ses courses au supermarché, y compris un dimanche, avec une carte plutôt qu’un carnet papier, pourrait bientôt devenir la norme, mais le cadre exact reste à fixer. Entre pouvoir d’achat et bataille entre restaurateurs et grande distribution, les règles du jeu s’apprêtent à bouger.

En gestation depuis plusieurs années, la réforme des titres-restaurant a franchi une nouvelle étape avec le dépôt, le 9 juin 2026, d’une proposition de loi portée par le député Christophe Naegelen (groupe Liot). Le ministre du Commerce Serge Papin a promis qu’elle serait examinée au Parlement : « À la rentrée, le débat aura lieu », a déclaré le ministre, cité par BFMTV. Derrière ce calendrier, trois changements très concrets se dessinent pour les utilisateurs.

Titres-restaurant : supermarchés pérennisés et bataille autour des usages

Depuis 2022, une dérogation temporaire autorise l’utilisation des titres-restaurant pour des achats alimentaires en grande surface, reconduite chaque année mais appelée à disparaître fin 2026 en l’absence de nouvelle loi. Le texte Naegelen veut graver cet usage dans la loi, sans date de fin, pour que les salariés puissent continuer à payer leurs courses en supermarché. L’usage a déjà basculé : une majorité de salariés se servent de leurs titres en grande surface plutôt qu’au restaurant, à l’image de Nadia, secrétaire médicale, qui reçoit 9 € par jour travaillé et règle ses courses au Carrefour voisin, soit 1 980 € de pouvoir d’achat alimentaire sur 220 jours de travail.

Ce glissement vers les supermarchés inquiète les restaurateurs, qui rappellent que le titre-restaurant avait été conçu pour financer la pause déjeuner au restaurant et y voient un manque à gagner. Interrogé sur ce point, Serge Papin assume : « Le gouvernement soutiendra la pérennité » de ce modèle, a-t-il insisté, présentant cette évolution comme une « mesure de liberté » et « de pouvoir d’achat ». La proposition de loi veut répondre aux critiques en s’attaquant au coût des commissions, via plus de transparence sur ce que facturent les émetteurs et l’interdiction de « l’octroi de remises, rabais ou ristournes » lors « de la cession des titres aux employeurs », pour « consolider la place des restaurants » et « réduire le montant des commissions qu’ils supportent », plutôt que le « plafonnement des commissions » proposé « par certaines parties prenantes ».

Usage le dimanche, fin du format papier : ce que prévoit la réforme des titres-restaurant

Autre changement annoncé, l’utilisation des titres-restaurant le dimanche. Une note officielle évoque une autorisation par simple décret, sans attendre le vote de la loi à l’automne, pour répondre aux besoins des salariés travaillant le week-end dans le commerce, la santé ou la restauration. Jeudi, Serge Papin a de nouveau confirmé la voie réglementaire : selon lui, « l’utilisation du ticket restaurant le dimanche » relève du « niveau réglementaire », le ministre promettant de prendre « un décret » en ce sens « aussitôt que la loi sera votée », pour une mise en œuvre « d’ici la fin de l’année ».

Dernier pilier de la réforme, la généralisation de la dématérialisation. La proposition de loi prévoit « la fin de l’émission de titres au format papier à compter du 1er janvier 2028 » : les carnets ne seraient plus imprimés, remplacés par des cartes ou des applications, tandis que les titres papier déjà en circulation resteraient valables jusqu’à leur expiration. Le texte précise aussi « que les titres-restaurants peuvent être utilisés pour l’achat de tout produit alimentaire, sauf exceptions qui seront précisées par décret (alcool, confiseries, aliments infantiles et animaliers) », et consacre « dans la loi la possibilité » de les donner à des associations d’aide alimentaire. Le plafond d’utilisation resterait fixé à 25 € par jour, la part employeur exonérée à 7,18 € par titre, mais cette transition vers le tout numérique interroge pour les salariés les moins à l’aise avec le numérqiue.

En bref

  • À l'été 2026, le député Christophe Naegelen et le ministre Serge Papin portent au Parlement une réforme majeure des titres-restaurant centrée sur les usages quotidiens.
  • Le texte prévoit de pérenniser le paiement des courses en supermarché, d'autoriser l'utilisation le dimanche et d'organiser la fin progressive des titres-restaurant papier.
  • Entre restaurateurs inquiets, grande distribution renforcée et salariés attachés à leur pouvoir d'achat, les arbitrages de la rentrée pourraient transformer durablement cet avantage.
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