Une sieste au travail pendant la canicule comme en Espagne ? Cette proposition du ministre qui pourrait bientôt bouleverser votre journée

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

Alors que 53 départements sont en vigilance orange, Jean-Pierre Farandou ouvre la voie à la sieste au travail pour affronter la canicule. Entre obligations légales et organisation « à l’andalouse », jusqu’où les entreprises peuvent-elles aller ?

Une sieste au travail pendant la canicule comme en Espagne ? Cette proposition du ministre qui pourrait bientôt bouleverser votre journée

Les températures repartent à la hausse et le mercure pourrait à nouveau frôler les 40 °C dans plusieurs régions. Météo-France a placé 53 départements en vigilance orange canicule, avec la perspective d’un passage en rouge dans les zones les plus exposées, une situation qui rend les conditions de travail particulièrement éprouvantes, surtout pour les salariés en extérieur.

Dans ce contexte, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a ouvert une porte inattendue : celle de la sieste en pleine journée de travail. Invité ce vendredi 19 juin sur RMC, il s’est dit prêt à regarder l’idée d’une organisation calquée sur celle du sud de l’Espagne, où les activités s’interrompent au coeur de l’après-midi pour laisser place au repos. Une proposition qui fait entrer la sieste au travail pendant la canicule dans le débat public. Et qui interroge très concrètement le quotidien de millions de salariés.

Canicule : quand la sieste au travail s’invite dans le débat public

Face aux fortes chaleurs, Jean-Pierre Farandou a d’abord insisté sur la dimension santé au travail. « Il y a de vrais risques professionnels, la chaleur peut entraîner des malaises, des accidents, des drames, c’est très sérieux en termes de santé professionnelle », a-t-il alerté sur RMC, cité par Capital. Pour le ministre, les épisodes de chaleur extrême se multiplient et imposent d’anticiper davantage, que l’on travaille sur un chantier du BTP, dans les champs agricoles ou derrière un comptoir.

Interrogé sur le modèle espagnol, où les entreprises s’arrêtent traditionnellement à la mi-journée avant de reprendre plus tard, Jean-Pierre Farandou n’a pas éludé. « Oui, c’est intéressant de regarder dans des pays où historiquement et culturellement, il y a une adaptation des horaires, comme le sud de l’Espagne. L’idée est toujours la même, c’est de se protéger pendant les horaires les plus chauds », a-t-il affirmé. Et d’ajouter : « Peut-être qu’à terme il faudra faire comme les Andalous, c’est un sujet de société. » Pour l’heure, l’idée d’une coupure sieste reste une piste parmi d’autres, à articuler avec les règles existantes sur le temps de travail et les pauses.

Sieste au travail pendant la canicule : obligations et marges de manoeuvre des employeurs

En droit, l’obligation la plus claire qui pèse sur les employeurs reste celle de garantir la sécurité et de protéger la santé des salariés, rappelée par le Code du travail et renforcée par le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, entré en vigueur le 1er juillet 2025. Dès que Météo-France place un territoire en vigilance jaune chaleur, l’organisation doit être revue : décaler les horaires pour travailler plus tôt le matin, alléger les tâches les plus pénibles pendant l’après-midi, allonger les temps de repos. Ces adaptations doivent figurer dans le Document unique d’évaluation des risques professionnels, qui sert de trace écrite de la prévention mise en place.

Niveau de vigilance Organisation du travail attendue Mesures concrètes sur le site Preuve / traçabilité
Vigilance jaune chaleur Adapter les horaires (début plus tôt, fin plus tôt), limiter les tâches physiques aux heures fraîches, allonger les pauses et prévoir des temps de récupération plus fréquents. Mettre à disposition de l’eau potable fraîche, organiser des zones d’ombre ou de repos, assurer une aération suffisante des locaux. Mise à jour du Document unique, note interne ou affichage précisant les consignes chaleur, information des équipes.
Vigilance orange canicule Réévaluer chaque jour les risques liés à la chaleur, ajuster encore les horaires, reporter si possible les travaux les plus pénibles ou les activités aux heures les plus fraîches. Renforcer l’accès à l’eau et aux pauses, installer ventilateurs, brumisateurs ou pare-soleil, fournir des protections solaires (casquettes, lunettes, vêtements anti-UV). Traçabilité des réévaluations quotidiennes, comptes rendus de réunions santé-sécurité, consignes affichées et diffusées.
Vigilance rouge canicule extrême Limiter au strict nécessaire les activités extérieures, envisager le report de certaines tâches ou l’adaptation forte des horaires, étudier le recours au télétravail quand il est possible. Multiplier les pauses en lieu frais ou ombragé, prévoir des locaux de repos pour les équipes de chantier, maintenir en permanence un accès facilité à l’eau fraîche. Justification écrite des choix d’organisation, mise à jour du Document unique, échanges formalisés avec le CSE ou les représentants du personnel.

Dans des secteurs très exposés comme le BTP ou l’agriculture, le texte impose par ailleurs des moyens concrets : quand il n’existe pas de point d’eau courante, l’employeur doit fournir au moins 3 litres d’eau fraîche par salarié et par jour, aménager si possible un local ou un espace de repos à l’ombre, installer ventilateurs, brumisateurs ou pare-soleil, fournir casquettes, lunettes ou vêtements anti-UV.

Dans les bureaux, la réponse passe plutôt par le renouvellement de l’air, le télétravail quand il est possible et une gestion souple des horaires. Le sujet est interressant pour les employeurs qui voudraient aller plus loin et autoriser de vraies siestes : où installer les salariés, combien de temps, pour quels métiers, avec quel cadre interne pour éviter les tensions ? En cas de désaccord persistant sur les conditions de travail en période de canicule, les salariés peuvent alerter les représentants du personnel ou saisir l’inspection du travail, alors que la question d’une organisation « à l’andalouse » commence à s’inviter durablement dans les discussions.

En bref

  • Vendredi 19 juin, en plein épisode caniculaire avec 53 départements en vigilance orange, Jean-Pierre Farandou remet la sieste au travail au centre du débat.
  • Le ministre rappelle surtout que le Code du travail et le décret n° 2025-482 imposent déjà adaptation des horaires, pauses renforcées, eau fraîche et prévention formalisée dans le DUERP.
  • Entre modèle andalou et réalités du BTP, de l’agriculture ou des bureaux, l’article détaille jusqu’où patrons et salariés peuvent ajuster journées et siestes sans sortir du cadre légal.
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