Votre Livret A se vide : voici les 2 placements que les Français privilégient pour faire fructifier leur épargne en 2026

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

En 2025, les Français ont mis de côté 353 milliards d’euros tandis que le Livret A se vide et que l’assurance-vie bat des records. Mais à quoi sert vraiment cet argent et quels placements tirent les ficelles ?

Votre Livret A se vide : voici les 2 placements que les Français privilégient pour faire fructifier leur épargne en 2026

En 2025, les ménages français ont mis de côté 353 milliards d’euros, soit l’équivalent d’environ les trois quarts du budget annuel de l’État. Un chiffre record, alors même que le Livret A, placement fétiche des particuliers, affiche désormais un rendement inférieur à l’inflation et commence à perdre des dépôts.

Derrière cette somme se joue un vrai déplacement de l’épargne : les livrets réglementés se vident progressivement, pendant que l’assurance-vie capte l’essentiel des nouveaux versements et que le PEA poursuit sa montée en puissance. La carte de l’épargne française est en train de se redessiner en profondeur.

353 milliards d’épargne : Livret A en retrait, assurance-vie en plein essor

Ces 353 milliards d’euros cumulés en 2025, ce sont des « queques centaines d’euros par-ci sur un Livret A, quelques versements par-là sur une assurance-vie, ou de l’argent simplement laissé sur un compte courant », comme le résume un document de la profession. Le Livret A reste de loin le placement le plus diffus, avec 445,2 milliards d’euros d’encours en avril 2026 répartis sur 58 millions de livrets, auxquels s’ajoutent 165 milliards sur le LDDS, soit 610,3 milliards au total.

Mais depuis février 2025, le Livret A comme le LDDS rapportent 1,5 % quand l’inflation atteignait 2,4 % en mai 2026, ce qui ramène le rendement réel en territoire négatif. Résultat : 1,53 milliard d’euros de décollecte en avril 2026 et 10,3 milliards de retraits nets sur le premier trimestre, après déjà 6,2 milliards de décollecte au quatrième trimestre 2025. Seul le LEP, rémunéré 2,5 %, résiste encore à l’érosion du pouvoir d’achat, avec 12 millions de détenteurs fin 2025 et une épargne largement plafonnée à 10 000 euros sur une partie des comptes.

Produit Encours récent Taux / rendement Flux récents Rôle dans l’économie
Livret A 445,2 Md€ (avril 2026) 1,5 % net (depuis fév. 2025) Décollecte av. 2026 : −1,53 Md€ Financement logement social via CDC
LDDS 165 Md€ env. (2026) 1,5 % net Part des −10,3 Md€ au T1 2026 Transition énergétique, infrastructures publiques
LEP 12 M livrets (fin 2025) 2,5 % net Nombreux comptes au plafond 10 000 € Soutien au pouvoir d’achat modeste
Assurance-vie 2 115 Md€ (mars 2026) Fonds € + unités de compte Cotisations 18,3 Md€ en mars 2026 Dettes publiques, obligations, actions
PEA 126,5 Md€ (fin 2025) Rendement lié aux actions +10,9 % sur un an Financement direct des entreprises

PEA, Livret A, LEP : où va vraiment cet argent ?

Le PEA illustre bien ce mouvement vers des supports plus risqués. Son encours atteint 126,5 milliards d’euros fin 2025, en hausse de 10,9 % en un an, avec 246 139 nouveaux plans ouverts. Son interêt fiscal reste un argument fort : après cinq ans, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais soumis aux prélèvements sociaux de 18,6 %. En parallèle, les unités de compte en assurance-vie progressent fortement, avec +11,1 milliards d’euros au premier trimestre 2026 après +8,2 milliards au quatrième trimestre 2025, les assureurs liant souvent les taux bonifiés des fonds en euros à une part minimale d’UC.

Contrairement à une idée reçue, l’argent de ces 353 milliards d’euros ne « dort » pas. Environ 60 % des encours du Livret A et du LDDS sont centralisés à la Caisse des Dépôts et Consignations pour financer le logement social et les infrastructures publiques, tandis que les dépôts bancaires ordinaires servent de contrepartie aux crédits accordés aux ménages et aux entreprises. Selon la Direction générale du Trésor, 9 euros sur 10 du patrimoine financier des ménages sont orientés vers l’économie réelle. Les taux des produits réglementés (Livret A, LDDS, LEP) seront à nouveau révisés au 1er août, via une formule mêlant inflation hors tabac et taux €STR, avec une marge d’appréciation pour les pouvoirs publics, et un contrôle automatisé évitera à partir du 1er juillet 2027 l’ouverture de doublons sur les produits d’épargne réglementée. Dans ce paysage, le droit rappelle aussi qui possède vraiment l’épargne : « Un dépôt sur un livret peut être considéré comme une donation. Les sommes qui apparaissent sur le compte bancaire appartiennent à l’enfant, de manière irrévocable et définitive », explique Aude Poulain de Saint-Père, avocate spécialisée en droit bancaire, citée par Ouest France.

En bref

  • En 2025, la Banque de France chiffre à 353 milliards d’euros l’épargne brute des ménages, alors que Livret A, LDDS, LEP, assurance-vie et PEA structurent l’essentiel des placements.
  • La baisse du rendement réel des livrets réglementés entraîne une décollecte historique au profit d’une assurance-vie record et d’un PEA en expansion, signe d’un appétit accru pour le risque.
  • Derrière ces arbitrages, l’argent ne reste pas inactif mais finance logement social, dettes publiques et entreprises, avec des enjeux majeurs à l’approche de la prochaine révision des taux.
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