Washington relance la vente d'armes à Taïwan : 330 millions de dollars pour les F-16, Pékin réagit vivement
Washington approuve une vente d'armes de 330 millions de dollars à Taïwan, ravivant les tensions avec Pékin. Quel impact sur la stabilité régionale et les relations sino-américaines?

Washington rouvre le dossier taïwanais. Le Département d’État américain a approuvé une vente d’armes à Taïwan sous forme de pièces détachées et de services pour ses flottes aériennes, d’un montant de 330 millions de dollars (environ 310 millions d’euros). Une première depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, alors que la pression militaire chinoise reste élevée autour de l’île.
« C’est la première fois que la nouvelle administration Trump annonce une vente d’armes à Taïwan », a déclaré le ministère des Affaires étrangères de l’île, selon BFMTV. Pékin revendique la souveraineté de Taïwan, dont Washington demeure le soutien le plus puissant. Et l’économie mondiale a les yeux rivés sur l’île, clé des semi-conducteurs. Le signal envoyé est scruté.
Vente d’armes à Taïwan : 330 millions pour les F-16, quel signal
Le paquet validé par la diplomatie américaine couvre des pièces et du soutien pour les F-16, les C-130 et l’Indigenous Defense Fighter (IDF). Taïwan avait demandé « des composants, des pièces de rechange et des accessoires, ainsi qu’un soutien pour la réparation et le retour des avions F-16, C-130 et Indigenous Defense Fighter (IDF) », selon l’Agence de coopération pour la sécurité de la défense des États-Unis. Taipei précise que la vente devrait « prendre effet » dans un délai d’un mois. Washington ne reconnaît pas officellement l’île comme un État, mais reste son principal fournisseur d’armes.
Le calendrier importe. Début novembre, Donald Trump a affirmé que Xi Jinping comprenait « les conséquences » d’une éventuelle invasion de Taïwan par la Chine, sans dire si les États-Unis défendraient l’île en cas d’attaque. À Washington, la tradition d’ambiguïté stratégique perdure : juridiquement, l’Amérique fournit des armes à Taïwan, tout en évitant de promettre un déploiement militaire direct.
Conséquences géopolitiques : Pékin, Washington et Tokyo
La réaction de Pékin est immédiate. « La question de Taïwan est au cœur des intérêts fondamentaux de la Chine et constitue une ligne rouge absolue dans les relations sino-américaines », a déclaré Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, qui s’oppose « fermement » à cette vente. L’île reste indispensable pour l’aérien, mais aussi pour l’économie mondiale : Taïwan produit plus de la moitié des semi-conducteurs mondiaux et la quasi-totalité des puces haut de gamme. Donald Trump a d’ailleurs menacé d’imposer de lourds droits de douane sur ces puces.
À Taipei, le bureau présidentiel souligne l’enjeu régional : « L’approfondissement du partenariat de sécurité entre Taïwan et les États-Unis est une pierre angulaire importante pour la paix et la stabilité dans la région indo-pacifique », a déclaré Karen Kuo. Le président Lai Ching-te s’est engagé à porter les dépenses militaires à plus de 3 % du PIB l’an prochain et à 5 % d’ici 2030, mais le Kuomintang (KMT), qui contrôle le Parlement, conteste un budget spécial de 32 milliards de dollars. Les élus de l’opposition dénoncent aussi les retards de livraisons américains, imputés aux chaînes d’approvisionnement et aux priorités vers l’Ukraine et Israël. Sur le plan régional, Tokyo durcit sa ligne : la Première ministre Sanae Takaichi a indiqué que des attaques armées contre Taïwan pourraient justifier l’envoi de troupes au titre de la « légitime défense collective ».







