Métaux précieux : l'or atteint des sommets historiques en 2025, quelles prévisions pour l'avenir ?
En 2025, les métaux précieux connaissent des records historiques, portés par des tensions géopolitiques et des politiques monétaires changeantes. Comment ces facteurs influencent-ils les prix de l'or et de l'argent ?

Les métaux précieux vivent une année 2025 hors norme. Entre poussées spectaculaires et secousses rapides, le marché attire à la fois les acheteurs prudents et les chasseurs de tendance. Les tensions politiques et le virage monétaire s’entremêlent, sur fond de dollar plus faible et de débats sur les taux. Le décor est planté, mais l’équation n’est pas si simple.
Dans ce contexte, l’or a aligné des plus-hauts historiques, tandis que l’argent a suivi la même trajectoire avec des niveaux inédits. Et la suite ?
Métaux précieux : où en sont l’or et l’argent en novembre 2025
L’once d’or a enchaîné une série de records, avec un nouveau sommet coté à 3 744 euros, et un pic autour de 4 360,10 dollars. Sur quinze séances, la progression a cumulé plus de 600 dollars, soit environ 16 %, reflet d’un appétit solide pour la valeur refuge. Au 8 octobre 2025, un seuil symbolique a été franchi à 4 001,11 dollars, soit environ 3 441 euros, dans un rallye porté par une hausse de plus de 51 % depuis le début de l’année et de 135 % sur trois ans.
Le mouvement reste nerveux. Le 13 novembre, l’once a regrimpé au-dessus de 4 200 dollars, avant un repli vers 4 174 dollars le 14 novembre, soit environ 3 590 euros. Même dynamique sur l’argent : l’once a progressé de 0,2 % à 54,32 dollars, environ 46,7 euros, et inscrit des niveaux records dans le sillage du métal jaune. De quoi rappeler que la tendance haussière peut s’accompagner de phases de respiration brèves.
Banques centrales, ETF, dollar et taux : les moteurs de la hausse en 2025
Le flux acheteur se nourrit de plusieurs leviers. Les anticipations de baisses des taux d’intérêt par la Réserve fédérale et d’autres banques centrales réduisent le coût d’opportunité de détenir de l’or, ce qui soutient les cours. Les achats soutenus des banques centrales des pays émergents, notamment Russie, Chine et Turquie, restent un pilier de la demande. Des projections font état d’environ 80 tonnes d’or en 2025 puis 70 tonnes en 2026 pour la reconstitution des réserves. Et côté produits cotés, les ETF adossés à l’or ont attiré 64 milliards de dollars depuis le début de l’année, soit près de 55 milliards d’euros, dont 17,3 milliards en septembre, environ 14,9 milliards d’euros.
La toile de fond géopolitique a aussi pesé dans la balance : tensions en Ukraine et au Proche-Orient, paralysie budgétaire américaine, crise politique en France, et le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Quand le dollar recule, le métal exprimé en dollars s’apprécie mécaniquement, et le repli des rendements accentue le biais acheteur. L’essor de l’intelligence artificielle a capté une part massive des flux actions, mais les craintes de bulle et de consommation énergétique liée aux data centers poussent une partie des investisseurs à se rééquilibrer vers l’or. En début d’année, certaines prévisions plaçaient encore l’once entre 2 450 et 2 950 dollars, environ 2 110 à 2 540 euros, quand d’autres évoquaient 3 000 dollars ; la banque américaine Goldman Sachs anticipe désormais une once à 4 900 dollars d’ici décembre 2026, soit autour de 4 200 euros. La tendance n’a donc rien d’unidimensionnelle, parmis d’autres facteurs elle reste liée au couple dollar taux.









