PMI des services ISM : ce chiffre meilleur que prévu en novembre 2025 pourrait faire vaciller le dollar et propulser l’EUR/USD et l’or
En novembre 2025, le PMI des services ISM américain a atteint 52,6, au‑dessus des attentes, confirmant l’expansion du secteur tertiaire aux États‑Unis. Mais ce signal positif suffit‑il à enrayer la faiblesse persistante du dollar et à calmer la Fed ?

La publication du PMI des services ISM américain était très attendue par les cambistes et les investisseurs en novembre 2025, dans un contexte où l’économie des États-Unis envoie des signaux parfois contradictoires. Après plusieurs mois hésitants, le secteur tertiaire, qui représente la majeure partie du PIB américain, sert plus que jamais de baromètre pour jauger la solidité de la croissance et le calendrier des futures décisions de la banque centrale.
Depuis la stagnation de septembre autour du seuil neutre de 50, suivie d’un premier rebond en octobre, les marchés voulaient savoir si ce retour en zone d’expansion allait se confirmer ou non. La réponse est interressante pour l’économie réelle, mais elle l’est peut-être encore plus pour le dollar et pour ceux qui suivent de près l’évolution des devises et des métaux précieux.
PMI des services ISM américain : un 52,6 en novembre qui dépasse les prévisions
En novembre 2025, l’indice des services calculé par l’Institute for Supply Management s’est établi à 52,6, alors que le consensus tablait sur 52,1 après 52,4 en octobre et 50,0 en septembre. Comme pour tout indice PMI, un niveau supérieur à 50 signale une expansion de l’activité, et cette lecture correspond, selon les données de l’ISM et de plateformes comme TradingEconomics, à la plus forte progression des services depuis neuf mois. En clair, les prestataires américains continuent de voir leurs affaires croître, mais sans emballement.
Les sous-indices montrent toutefois un tableau moins linéaire. L’indice des nouvelles commandes recule nettement, à 52,9 contre 56,2 un mois plus tôt, ce qui suggère une demande toujours positive mais moins dynamique pour les prochains mois. D’autres composantes, comme l’activité courante ou les délais de livraison des fournisseurs, restent au-dessus du seuil de 50, ce qui laisse penser que l’économie des services reste en expansion, tout en se normalisant après la phase de rattrapage post-pandémie. Les points clés qui ressortent de ce rapport peuvent se résumer ainsi :
- Un indice global en hausse, confirmant un deuxième mois consécutif de croissance après le palier de septembre.
- Des nouvelles commandes qui ralentissent, laissant présager un momentum plus fragile.
- Des livraisons fournisseurs plus lentes, signe d’un environnement logistique encore tendu.
- Une moyenne sur douze mois qui reste proche de 51,7, niveau historiquement compatible avec une croissance modérée du PIB.
Inflation, dollar, EUR/USD et or : un PMI positif mais un billet vert toujours sous pression
Le volet inflation envoie un message à part. L’indice des prix payés par les entreprises de services recule à 65,4, contre 70 le mois précédent, ce qui signale un certain apaisement des pressions tarifaires. Même à ce niveau, l’inflation des services reste élevée au regard de l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale, mais cette détente va dans le sens d’une politique monétaire moins agressive. Ce repli des coûts, couplé à des données d’activité seulement modérément au-dessus de 50, conforte l’idée d’une banque centrale prête à prolonger une pause sur les taux plutôt qu’à resserrer davantage.
Le marché du travail envoie un signal plus fragile : l’indice de l’emploi remonte légèrement à 48,9, après 48,2 en octobre, mais reste en dessous de 50, ce qui traduit toujours une contraction de l’emploi dans les services. Les investisseurs surveillent ce point de près, car il peut préfigurer l’orientation des prochains chiffres de l’emploi américain et, par ricochet, des décisions du FOMC. Sur le marché des changes, ce mélange de croissance modérée, d’inflation un peu moins vive et d’emploi en retrait pèse sur le dollar : le Dollar Index (DXY) évolue en zone sub-99, avec un repli face à l’euro, à la livre, au franc suisse et au yen, tandis que la paire EUR/USD poursuit sa progression, aidée par la perception d’une BCE plus prudente dans la baisse de ses taux. Pour les investisseurs tournés vers l’or, un billet vert affaibli et une Fed jugée plus proche d’un assouplissement durable dessinent un environnement potentiellement porteur, même si tout nouveau choc sur les indices d’emploi ou de prix payés pourrait encore rebattre les cartes.









