Ubisoft face aux rumeurs de rachat : suspension en Bourse et stratégie sous pression, quel avenir pour l'éditeur ?
Ubisoft suspend sa cotation à la Bourse de Paris, alimentant les rumeurs de rachat. Avec des résultats semestriels reportés, le marché s'interroge sur l'avenir stratégique de l'éditeur.

Suspension du titre, résultats repoussés, et un marché qui bruisse : chez Ubisoft, tout s’accélère alors que les rumeurs de rachat s’invitent au cœur du dossier. L’éditeur a demandé l’arrêt de la suspension de cotation à la Bourse de Paris et promet une publication « dans les prochains jours ». De quoi alimenter un scénario capitalistique, au moment où le secteur se concentre à toute vitesse.
Poids lourd fort de 17 000 salariés et de licences mondiales comme Assassin’s Creed, Far Cry ou Just Dance, Ubisoft traverse une zone de turbulences que surveillent de près investisseurs et studios. La communication officielle reste minimale, la spéculation grimpe. La suite se joue dans un court délai.
Ubisoft : suspension à Euronext et rumeurs de rachat
À la demande de la société, Euronext a suspendu la cotation des actions Ubisoft jusqu’à la diffusion des résultats semestriels, annoncés « dans les prochains jours ». Dans un message interne, le directeur financier Frédérick Duguet a évoqué un « délai supplémentaire pour finaliser la clôture du semestre » et la nécessité de « limiter les spéculations inutiles et la volatilité du marché pendant ce court délai », dans un courriel interne consulté par l’AFP.
Le marché s’interroge. « Ce n’est jamais un bon signe de décaler des résultats », note Charles-Louis Planade, analyste chez Midcap Partners, « très surpris » de cette annonce. Pour lui, un rachat « fait partie des options sur la table », en référence au rachat fin septembre de Electronic Arts par un consortium mené par le fonds souverain saoudien PIF et des sociétés d’investissement américaines, dont l’une fondée par Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. Ce contexte illustre « un mouvement de concentration qui s’accélère sur le secteur du jeu vidéo ».
Tencent, réorganisation et Bourse : quels effets sur la stratégie
Fin 2024, des rumeurs de discussions entre Ubisoft et Tencent avaient émergé. Depuis, l’éditeur a annoncé une nouvelle filiale regroupant ses trois sagas phares — Assassin’s Creed, Far Cry et Rainbow Six — détenue à environ 25 % par Tencent via un apport de 1,16 milliard d’euros. La finalisation, attendue fin 2025 sous réserve d’approbations, doit contribuer à désendetter le groupe. Peut-être complexe, cette architecture soulève des questions sur le calendrier financier et la gouvernance, le tout en plein bruit de marché. Deja un symbole.
Pour l’heure, cette réorganisation n’a pas rassuré les investisseurs : le titre a plongé de près de 50 % depuis le début de 2025 et flirte avec ses plus bas depuis 2012, à moins de 7 euros. Côté sorties, Ubisoft a enchaîné les revers récents, de l’arrêt précoce de XDefiant au tassement des ventes d’Assassin’s Creed Shadows selon Alinea Analytics. Le pipeline se resserre autour d’Anno 117: Pax Romana — tout juste lancé — et du futur remake de Prince of Persia : les Sables du temps. « C’était la dernière grosse cartouche du groupe », reconnaît Charles-Louis Planade. En parallèle, le plan de réduction des coûts engagé depuis 2023 a provoqué la fermeture de plusieurs studios et plus de 3 000 départs, avec des plans volontaires en Suède au sein des équipes ayant travaillé sur Star Wars Outlaws.









