Assurance habitation : la carte des 903 communes où s'assurer contre les catastrophes naturelles devient un parcours du combattant
Un rapport de l’Observatoire de l’assurabilité, publié en juin 2026, pointe 903 communes françaises où l’assurance habitation se tend. Faut-il craindre, demain, de ne plus pouvoir protéger sa maison face aux catastrophes naturelles ?

Tempêtes violentes, épisodes de grêle, inondations soudaines… face à ces catastrophes, beaucoup de propriétaires se demandent s’ils ne vont pas, un jour, se voir refuser leur assurance habitation. Derrière cette angoisse, une question concrète : aura-t-on bientôt de la difficulté à assurer sa maison dans certaines régions de France parce qu’elle se trouve en zone à risques ?
Un état des lieux vient d’être livré par l’Observatoire de l’assurabilité, piloté par la Caisse centrale de réassurance (CCR). Il dresse une cartographie des communes où l’accès à l’assurance habitation pour les maisons individuelles devient plus compliqué, en parlant de difficultés « légères » à « modérées » et de « tensions » dans l’offre. Derrière ces mots techniques, ce rapport interroge la vie des ménages : qui est vraiment concerné aujourd’hui, et jusqu’où ces fragilités peuvent-elles aller demain ?
Assurance habitation et catastrophes naturelles : une France encore largement couverte
Selon ce document, 97,7% des quelque 35.000 communes françaises ne présentent pas de problème d’accès à l’assurance pour les maisons individuelles. Dans ces territoires, une trentaine de compagnies restent actives et les habitants peuvent faire jouer la concurrence pour protéger leur logement contre les catastrophes naturelles. L’Observatoire signale en revanche 903 communes, soit environ 2,3% du total, où les assureurs sont moins nombreux : 568 communes sont classées en tension dite « légère » et 335 en tension « modérée ».
Ces travaux portent exclusivement sur l’assurance multirisques habitation pour les maisons individuelles. Ils croisent la présence des compagnies sur chaque commune avec trois grands périls couverts par le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles, le dispositif « Cat Nat » : les cyclones, les inondations et le retrait gonflement des argiles (RGA). « Les premiers constats appellent à une vigilance accrue. Des signaux faibles de tension émergent localement, notamment dans certains territoires d’outre-mer et communes métropolitaines exposées », souligne le directeur général de la CCR, Edouard Vieillefond, dans l’introduction du rapport. Le texte rappelle aussi que le coût des sinistres climatiques a atteint 5,2 milliards d’euros l’an dernier en France, contre 3,9 milliards en 2024, principalement en raison des épisodes de grêle.
Où les communes sont en tension et comment l’État et les assureurs réagissent
Les tensions repérées par l’Observatoire ne touchent pas tout le territoire de la même façon. Le rapport indique qu’elles « sont particulièrement concentrées dans l’Est, le Massif central, la Corse », mais aussi dans les départements et régions d’outre-mer, où toutes les communes sont classées en tension modérée. Selon la CCR, ce déficit d’assureurs tient parfois à une demande limitée ou à un marché restreint, et dans d’autres cas à la concentration de risques climatiques, surtout dans les territoires ultramarins exposés aux cyclones ou aux inondations récurrentes.
Du côté des compagnies, la fédération France Assureurs, qui regroupe 254 sociétés « représentant 99% du marché global de l’assurance », défend le modèle actuel. Elle estime que « ces conclusions confirment la solidité du modèle français d’assurance des catastrophes naturelles », en rappelant qu’aucune commune n’est aujourd’hui « exclue » de l’assurance habitation pour ses maisons individuelles. Dans un texte cité par BFMTV, l’organisation évoque les « signaux faibles » pointés par le rapport et écrit qu’ils « appelent cependant à une mobilisation collective pour renforcer la prévention, l’adaptation et la résilience face au déréglement climatique », avant de promettre : « Les assureurs prendront toute leur part dans ce travail collectif ». Face à ces alertes, le gouvernement annonce une mission chargée de réaliser une « analyse dédiée de la couverture assurantielle » dans les outre-mer afin « d’identifier des solutions » adaptées à leurs risques spécifiques, comme les cyclones, a appris l’AFP de sources gouvernementales. Les ministres de l’Economie, Roland Lescure, et de la Transition écologique, Monique Barbut, envisagent de réévaluer tous les cinq ans la surprime du régime des catastrophes naturelles appliquée aux contrats multirisques, de façon « qu’il y ait toujours un niveau qui permet de garantir la soutenabilité du régime ».
En bref
- Le 15 juin 2026, l’Observatoire de l’assurabilité piloté par la CCR publie une carte des communes françaises exposées à des tensions d’assurance habitation liées aux catastrophes naturelles.
- Le rapport montre que 97,7 % des communes restent bien couvertes, mais que 903 territoires, surtout dans l’Est, le Massif central, la Corse et les outre-mer, disposent de moins d’assureurs pour les maisons individuelles.
- Entre signaux faibles, réactions de France Assureurs et pistes du gouvernement sur le régime Cat Nat, les propriétaires s’interrogent sur l’avenir de la protection de leur logement.








