Hausse de la taxe d'habitation : l'impact économique sur les résidences secondaires en zones touristiques, +60% dans certaines communes

Par Paul Graph - Publié le

La hausse de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires atteint jusqu'à 60 % dans certaines communes. Quel impact sur les budgets et l'économie locale ?

Hausse de la taxe d’habitation : l’impact économique sur les résidences secondaires en zones touristiques, +60% dans certaines communes

Les avis d’imposition de l’automne ravivent un sujet sensible pour les propriétaires de pied‑à‑terre : la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Entre la revalorisation des bases et les décisions locales, la note peut surprendre, surtout dans les communes touristiques.

Dans plusieurs territoires littoraux, la majoration grimpe jusqu’à +60 %. Au Barcarès, une hausse de 60 % a déclenché une pétition dépassant 1 300 signatures, la mairie invoquant la baisse des dotations de l’État. Le contexte est posé ; reste à mesurer l’effet concret sur les budgets et sur l’économie locale.

Taxe d’habitation des résidences secondaires 2025 : qui paie, comment et quand ?

Depuis le 1er janvier 2023, la taxe d’habitation sur la résidence principale est supprimée, mais elle reste due pour les logements meublés non affectés à l’habitation principale. Le redevable est l’occupant au 1er janvier, qu’il soit propriétaire, usufruitier ou locataire d’un meublé. Le montant se calcule sur la valeur locative cadastrale multipliée par le taux voté par la collectivité.

Calendrier 2025 : avis en ligne à partir du 3 novembre pour les non mensualisés et du 17 novembre pour les mensualisés ; envoi papier du 6 au 19 novembre puis du 21 au 28 novembre. Date limite de paiement fixée au 15 décembre 2025, avec quelques jours supplémentaires en cas de règlement dématérialisé ; le prélèvement à l’échéance intervient autour du 29 décembre. En cas de retard dans les 45 jours suivant la mise en recouvrement, s’appliquent une pénalité de 10 % et une amende de 150 € par local.

Surtaxe jusqu’à 60 % en zones tendues : où et pour quelles raisons

Seules les zones tendues peuvent voter une majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, après délibération du conseil municipal. En 2025, 3 690 communes sont éligibles ; 1 628 communes ont activé une majoration comprise entre 5 % et 60 %, avec un taux moyen d’environ 41,4 %. Les écarts sont marqués selon la pression locale et les arbitrages budgétaires.

Trois régions concentrent des hausses marquées : Bretagne, Nouvelle‑Aquitaine et Pays de la Loire, où l’attractivité touristique et la tension sur l’habitat dopent le recours à la surtaxe. Au Barcarès (Pyrénées‑Orientales), la hausse de 60 % a provoqué une contestation locale, tandis que la municipalité avance la nécessité de préserver ses recettes. Objectifs affichés ailleurs aussi : renforcer les finances locales et remettre des logements sur le marché à l’année.

Quel impact économique pour votre budget et pour l’immobilier local ?

Sur le portefeuille des ménages, l’effet est immédiat : la majoration renchérit le coût de détention et pèse sur la trésorerie de fin d’année. Exemple de calcul pour illustrer l’ordre de grandeur : valeur locative 8 000 € et taux communal 20 % donnent une taxe de 1 600 € ; avec une surtaxe de 30 %, la facture monte de 480 € pour atteindre 2 080 €. Selon la commune et le taux voté, l’écart peut être bien supérieur en cas de majoration de 60 %.

À l’échelle locale, la hausse modifie les arbitrages : conserver un bien secondaire, le louer à l’année, ou céder un actif qui devient moins rentable. Les communes y voient un levier de recettes et un outil pour réguler l’offre de logements en zones tendues. Attention aux cas particuliers : la taxe sur les logements vacants ne s’applique pas aux résidences secondaires meublées ; et des exonérations de majoration existent sous conditions (raisons professionnelles, logement inhabitable, entrée en Ehpad).

  • Vérifier si votre commune applique une majoration et à quel niveau ;
  • Anticiper l’échéance du 15 décembre dans votre trésorerie ;
  • Demander une exonération de la majoration si vous remplissez les conditions prévues ;
  • Contester votre avis en cas d’erreur de l’administration, dans les délais ;
  • Étudier la mensualisation pour lisser les couts l’année suivante.