Logement trop chaud en été : cette nouvelle obligation de 2023 qui force votre propriétaire à faire des travaux

En pleine canicule, votre appartement devient une véritable étuve et vous ne dormez plus. Entre simple inconfort et manquement du propriétaire, la frontière juridique change tout pour vos recours.
Quand le thermomètre ne descend plus la nuit et que les murs gardent la chaleur, certains logements deviennent difficiles à supporter en plein été. Beaucoup de locataires se demandent alors si leur propriétaire doit rafraîchir le bien ou si la canicule reste un simple désagrément.
Pourtant, la loi ne fixe aucune température maximale dans un logement. Elle impose surtout au bailleur de fournir un bien décent, salubre et qui ne met pas en danger la santé des occupants. La question devient donc : dans quels cas précis un logement trop chaud en été obligations bailleur s’enclenche-t-il vraiment ?
Logement trop chaud : que dit vraiment la loi pour le bailleur ?
En droit français, aucun texte n’indique qu’au-dessus de 30 °C ou 32 °C un logement devient automatiquement indécent. Le repère central reste le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 sur le logement décent, qui impose des ouvertures et une ventilation assurant un renouvellement d’air suffisant pour une occupation normale, afin d’éviter que l’habitat ne porte atteinte à la santé.
Depuis le 1er octobre 2023, une règle nouvelle renforce encore cette logique. L’article R.1331-35 du Code de la santé publique, créé par le décret n° 2023-695 du 29 juillet 2023, impose un dispositif d’occultation dans chaque pièce destinée au sommeil, par exemple volets ou persiennes, pour limiter l’ensoleillement direct, sans obliger pour autant à installer une climatisation.
Logement trop chaud en été : dans quels cas le bailleur doit agir ?
En pratique, plusieurs situations reviennent souvent quand un appartement trop chaud recours locataire arrive sur la table. Une chambre dépourvue de volets, de persiennes ou de stores extérieurs, alors que le logement est loué depuis l’entrée en vigueur de l’article R.1331-35, entre en contradiction avec cette exigence. Fenêtres bloquées qui ne s’ouvrent plus ou VMC très encrassée qui ne fonctionne presque pas traduisent aussi un défaut de décence ou d’entretien.
| Situation | Base juridique | Obligation bailleur | Preuves | Recours / sanctions |
|---|---|---|---|---|
| Chambre sans volet ou persienne | CSP R.1331-35 (2023-695) | Installer un système d’occultation | Photos, bail, date d’entrée | Lettre RAR, puis juge |
| Fenêtres bloquées, aération impossible | Décret 2002-120 logement | Réparer pour ouvrir les fenêtres | Photos, constat, avis professionnel | Mise en demeure, tribunal |
| VMC très encrassée ou en panne | Décret 2002-120, bail | Entretenir ou remplacer la VMC | Photos, factures, relevés chaleur | Relance écrite, conciliation, juge |
| Surchauffe avec risque sanitaire grave | Procédure insalubrité, Code santé | Suivre l’arrêté imposant les travaux | Températures, certificat médical, DPE | Signalement ARS, astreinte ≤ 1 000 €/j |
Si la chaleur met la santé en danger, par exemple pour une personne âgée ou fragile exposée jour et nuit à des températures élevées, l’affaire bascule vers la salubrité. Un signalement à l’Agence régionale de santé (ARS), notament appuyé par un médecin, peut mener à un rapport puis à un arrêté préfectoral ordonnant des travaux, avec à la clé une astreinte pouvant atteindre 1 000 € par jour selon les fiches de Service-public.
Quels recours pour un appartement trop chaud en été ?
Pour faire réagir votre bailleur, tout repose sur la solidité des preuves réunies. Relevés de température intérieure et extérieure, toujours aux mêmes heures pendant plusieurs jours, photos datées d’une VMC encrassée ou d’un volet bloqué, copie du DPE où l’indicateur de confort d’été apparaît comme moyen ou insuffisant : ces éléments donnent du poids à votre courrier. Ce DPE n’empêche pas en soi la location, mais il renforce le constat d’inconfort estival.
Selon le site SeLoger, si le propriétaire ne répond pas, le locataire peut, en cas de risque sanitaire grave, s’appuyer sur ce dossier pour saisir l’ARS et demander qu’elle impose des travaux au bailleur. La première étape reste toutefois une lettre recommandée à l’agence ou au propriétaire, sans arrêter de payer le loyer, puis, en cas de blocage, une médiation ou une action devant le juge.
En bref
- L’article explique qu’aucune température maximale légale n’existe pour un logement, mais que le bailleur doit garantir un bien décent, ventilé et sans danger pour la santé des occupants.
- Il détaille les situations où la responsabilité du propriétaire est engagée, comme l’absence de volets en chambre, des fenêtres bloquées, une VMC défaillante ou un risque sanitaire grave justifiant un signalement à l’ARS et un arrêté préfectoral avec astreinte.
- Le texte propose enfin une méthode de constitution de preuves et un ordre de démarches, de la lettre recommandée au juge en passant par les autorités sanitaires, pour renforcer la position du locataire sans se mettre en faute.









