Résidence secondaire : ce calcul de plus-value en 2026 peut vous coûter très cher (ou vous éviter l’impôt), voici les 5 cas d’exonération totale
En vendant une résidence secondaire en 2026, la note fiscale peut atteindre plus d’un tiers de la plus-value. Entre abattements, surtaxe et exonérations ciblées, quelles règles peuvent réellement alléger ce passage chez le notaire ?

Vendre une maison de vacances ou un petit appartement à la mer laisse souvent espérer un beau gain, surtout après plusieurs années de hausse des prix. Mais au moment de signer chez le notaire, une question revient : que va réellement coûter la taxe sur la plus-value immobilière de cette résidence secondaire en 2026, une fois l’Etat passé par là ?
Contrairement à la résidence principale, la résidence secondaire entre dans un régime fiscal spécifique, où tout se joue entre le prix de vente, le prix d’achat corrigé, la durée de détention et quelques cas d’exonération bien ciblés. De quoi rendre le sujet aussi interressant que technique.
Plus-value immobilière d’une résidence secondaire en 2026 : le principe
La plus-value correspond à la différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition majoré de certains frais et travaux. Pour une résidence secondaire, sauf exception, cette plus-value est imposable. Avant tout abattement, la plus-value nette est taxée à un taux global de 36,2 % : 19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, avec en plus une surtaxe de 2 à 6 % lorsque la plus-value nette imposable dépasse 50 000 €.
Ce taux théorique baisse cependant au fil des années grâce à des abattements pour durée de détention distincts pour l’impôt sur le revenu et pour les prélèvements sociaux. Concrètement, une vente avant 6 ans de détention supporte encore 36,2 %, autour de 10 ans le taux effectif tombe à 29,1 %, puis à 22,0 % vers 15 ans, 14,8 % à 20 ans et 7,7 % à 25 ans, pour finir à 0 % après 30 ans. L’impôt sur le revenu est déjà totalement effacé au bout de 22 ans, il ne reste alors plus que les prélèvements sociaux jusqu’à la trentième année. Dans tous les cas, le notaire calcule cette imposition, la prélève sur le prix de vente et la reverse directement à l’administration le jour de la signature.
Calcul et abattements de la plus-value d’une résidence secondaire
Pour connaître le montant à payer, il faut d’abord déterminer la plus-value brute : prix de vente, diminué éventuellement de certains frais supportés par le vendeur, moins le prix d’acquisition corrigé. Ce dernier est majoré forfaitairement de 7,5 % au titre des frais d’achat (sauf choix pour les frais réels) et, lorsque le bien est détenu depuis plus de 5 ans, d’un forfait de 15 % pour les travaux, ou bien du montant réel des travaux de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration sur factures. Les dépenses d’entretien courant ne peuvent pas être ajoutées.
Un exemple illustre bien l’impact de ces règles. Une maison secondaire est achetée 200 000 €, puis revendue 320 000 € après 12 ans de détention. Le prix d’acquisition pris en compte peut être porté à 245 000 € (200 000 € + 7,5 % de frais + 15 % de travaux), ce qui donne une plus-value brute de 75 000 €. À ce stade, les abattements pour durée de détention atteignent 42 % pour l’impôt sur le revenu et 11,55 % pour les prélèvements sociaux. L’impôt sur le revenu ressort alors à 8 265 €, les prélèvements sociaux à 11 410 €, soit 19 675 € au total, ce qui représente 26,2 % de la plus-value brute au lieu de 36,2 % sans abattement.
Comment être exonéré de la plus-value de votre résidence secondaire en 2026 ?
Beaucoup de vendeurs se demandent comment ne pas payer de plus-value sur une résidence secondaire, sans attendre mécaniquement les 30 ans de détention. En 2026, cinq situations permettent une exonération totale, à condition de respecter des critères précis :
- le réemploi de tout ou partie du prix de cession pour acheter ou construire sa résidence principale dans un délai de 24 mois, à condition de ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale durant les 4 années précédant la vente ; l’exonération joue alors à hauteur de la somme effectivement réinvestie et ne peut être utilisée qu’une fois ;
- la vente d’un bien dont le prix de cession est inférieur ou égal à 15 000 €, seuil apprécié par bien et non par acte de vente global ;
- la cession par un retraité ou une personne titulaire d’une carte mobilité inclusion « invalidité » lorsque son revenu fiscal de référence ne dépasse pas 12 793 € pour la première part de quotient familial (majoré de 3 428 € par demi-part) et qu’elle n’est pas assujettie à l’IFI ;
- la vente de l’ancienne résidence principale d’une personne entrée en Ehpad ou en résidence autonomie, lorsque la cession intervient dans les 2 ans suivant l’entrée, que le logement n’a pas été loué et que le revenu fiscal de référence reste inférieur à 30 024 € ;
- la transformation effective de la résidence secondaire en résidence principale avant la vente, avec occupation habituelle et permanente du logement par le vendeur.
Ces exonérations sont étroitement contrôlées par l’administration fiscale, surtout lorsqu’il s’agit de transformer une résidence secondaire en résidence principale juste avant la vente. Un simple changement d’adresse sur la déclaration de revenus ne suffit pas : les services fiscaux peuvent examiner la consommation d’énergie, l’adresse utilisée pour le travail, l’inscription sur les listes électorales ou encore la scolarisation des enfants. Si le fisc considère que le logement n’a pas été occupé de manière réelle et habituelle, l’exonération peut être annulée, la plus-value réintégrée dans l’assiette de l’impôt, avec pénalités et intérêts de retard. D’où l’importance de vérifier sa situation avec un professionnel avant de s’appuyer sur l’un de ces dispositifs.
En bref
- En 2026, la vente d’une résidence secondaire en France génère une plus-value immobilière soumise à un régime fiscal spécifique encadré par le notaire.
- Le calcul combine prix d’achat majoré, abattements pour durée de détention, impôt sur le revenu, prélèvements sociaux et éventuelle surtaxe au-delà de 50 000 €.
- Plusieurs dispositifs ciblés permettent toutefois d’obtenir une exonération partielle ou totale avant 30 ans, à condition de respecter des critères strictement contrôlés.








