Emploi à domicile : le crédit d'impôt pour votre femme de ménage va être raboté, voici le surcoût pour 2027

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Emploi à domicile : le crédit d’impôt pour votre femme de ménage va être raboté, voici le surcoût pour 2027

Près de 5 millions de foyers employeurs pourraient voir la note grimper si le crédit d’impôt pour l’emploi à domicile passait de 50 à 40 % dès 2027. Adoptée en commission le 7 octobre, la mesure sera tranchée à l’Assemblée à partir du 13 octobre.

Vous faites appel à une femme de ménage chaque semaine ou à un jardinier pour entretenir votre terrain, en vous reposant sur le crédit d’impôt pour alléger la facture ? Une discrète ligne ajoutée au budget 2027 pourrait changer le calcul pour une partie des particuliers employeurs, au moment où l’État cherche à redresser ses comptes.

Au sein du projet de loi de finances pour 2027, enregistré à l’Assemblée nationale le 1er octobre 2026, la commission des finances a adopté, le 7 octobre, un amendement qui vise le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile. Ce texte, qui s’inscrit dans un effort global d’environ 43 milliards d’euros d’économies, touche un dispositif dont bénéficient près de 5 millions de foyers fiscaux. Reste à savoir, très concrètement, ce que cela pourrait changer pour votre facture.

Budget 2027 : un crédit d’impôt services à la personne abaissé de 50 % à 40 %

En l’état actuel du droit, ce crédit d’impôt permet de récupérer 50 % des dépenses engagées pour l’emploi à domicile, dans la limite générale de 12 000 euros de dépenses par an, soit jusqu’à 6 000 euros d’avantage fiscal. Il concerne 26 activités de services à la personne, depuis le ménage jusqu’au jardinage en passant par le soutien scolaire. Ce dispositif pèse plus de sept milliards d’euros pour les finances publiques et sa facture progresse année après année, l’entretien de la maison et les travaux ménagers représentant à eux seuls environ la moitié du coût.

L’amendement porté par la députée socialiste Christine Pirès-Beaune prévoit de baisser ce taux à 40 % pour une large partie de ces activités. La garde d’enfants à domicile resterait, elle, à 50 %, tout comme l’assistance aux personnes âgées, dépendantes ou en situation de handicap. Pour un foyer qui déclare 12 000 euros de dépenses, l’avantage maximal ne serait « plus que » de 4 800 euros, au lieu de 6 000 euros aujourd’hui, soit 1 200 euros de reste à charge supplémentaire. Les auteurs du texte évaluent le gain pour l’État à 865 millions d’euros dès l’an prochain, tandis qu’un rapport de 2024 de la Cour des comptes jugeait déjà la liste des activités éligibles « hétéroclite ». Pour l’instant, la mesure a été approuvée en commission, mais elle doit encore être débattue en séance publique à partir du 13 octobre 2026, puis traverser toute la navette parlementaire.

Ménage, jardinage, bricolage : combien cela pourrait vous coûter en plus ?

Les activités directement visées sont celles du quotidien : ménage, repassage, petit bricolage, préparation de repas, jardinage ou encore assistance informatique à domicile. Ce sont précisément ces prestations qui concentrent une grande partie de la dépense fiscale, les services de ménage représentant déjà la moitié du coût du dispositif. Les députés socialistes partent du constat que ce sont surtout les ménages les plus aisés qui utilisent massivement ces services, et donc ce crédit d’impôt, pour justifier ce coup de rabot ciblé.

À l’inverse, les dépenses liées à la garde d’enfants et à l’accompagnement des personnes âgées, dépendantes ou handicapées resteraient calculées au taux de 50 %. Les professionnels du secteur des services à la personne alertent pourtant sur le risque de baisse de la demande pour le ménage ou le jardinage, avec, à la clé, des faillites d’entreprises et un retour du travail non déclaré. Pour se rendre compte de l’ordre de grandeur pour un foyer, voici quelques simulations basées sur des niveaux de dépenses annuelles typiques :

Dépenses annuelles déclarées Crédit d’impôt à 50 % Crédit d’impôt à 40 % Surcoût annuel Surcoût mensuel (approx.)
2 000 € 1 000 € 800 € 200 € ≈ 17 €/mois
5 000 € 2 500 € 2 000 € 500 € ≈ 42 €/mois
8 000 € 4 000 € 3 200 € 800 € ≈ 67 €/mois
12 000 € (plafond courant) 6 000 € 4 800 € 1 200 € 100 €/mois

Ce sont des ordres de grandeur, calculés à partir des règles actuelles et du taux de 40 % prévu par l’amendement, qui pourait encore évoluer au fil des débats. Une autre idée, par exemple, proposait de descendre seulement à 45 %, quand certains députés écologistes ou insoumis défendaient une dégressivité du taux en fonction du revenu fiscal de référence, avec un avantage nul au-delà de 70 000 ou 100 000 euros. Rien n’est tranché tant que le projet de loi de finances pour 2027 n’a pas été adopté dans son ensemble et promulgué, mais le débat autour de ce crédit d’impôt donne déjà le ton des arbitrages à venir sur les services à la personne.

En bref

  • Le 7 octobre 2026, la commission des finances de l’Assemblée nationale a adopté un amendement au Budget 2027 visant le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile.
  • Ce texte prévoit de ramener de 50 à 40 % l’avantage fiscal pour le ménage, le jardinage, le bricolage ou l’assistance informatique, tout en maintenant à 50 % la garde d’enfants et l’aide aux personnes dépendantes.
  • Entre simulations de surcoût pouvant atteindre 1 200 € par an et débat politique à partir du 13 octobre, les particuliers employeurs doivent suivre de près l’issue de cette réforme encore incertaine.
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La rédaction Bourse Inside

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