BCE : le choc de la hausse des taux du 11 juin 2026, ce qui va changer pour votre Livret A, comptes à terme et comptes rémunérés
Le 11 juin 2026, la BCE relève son taux de dépôt pour contrer le retour de l’inflation en zone euro. Une décision qui ne fera pas bouger tous vos livrets et comptes d’épargne au même rythme ni avec le même gain.

Le jeudi 11 juin 2026, la Banque centrale européenne s’apprête à tourner une nouvelle page de sa politique monétaire. Pour la première fois depuis près de trois ans, le taux de dépôt doit passer de 2 % à 2,25 %. En toile de fond, l’inflation est remontée à 3,2 % en zone euro au mois de mai, portée par la hausse des prix de l’énergie. Les ménages français vont rapidement se demander ce que cette décision change concrètement pour leur épargne.
Compte courant non rémunéré, Livret A, compte à terme ou compte rémunéré d’une néobanque : tous ces placements ne réagiront ni au même moment ni avec la même ampleur. Certains profiteront presque immédiatement de la décision de Francfort, d’autres devront attendre la révision semestrielle de leur taux, d’autres encore ne bougeront pas d’un centime. Entre gagnants et laissés-pour-compte, les écarts vont se creuser dans les prochaines semaines. Et ce décalage va compter.
BCE : la hausse des taux du 11 juin 2026 en clair
Le 11 juin, la BCE doit annoncer une hausse de 0,25 point de son taux de facilité de dépôt, de 2 % à 2,25 %. Selon une enquête, 85 % des économistes anticipent ce mouvement, et « le resserrement monétaire en juin apparaît pratiquement inévitable », a jugé en mai Peter Kazimir, gouverneur de la Banque nationale slovaque, selon Reuters. Ce sera la première remontée depuis septembre 2023, après un cycle de sept baisses consécutives.
Si la banque centrale serre la vis, c’est que l’inflation a recommencé à accélérer. En zone euro, elle a atteint 3,2 % en mai, tirée par la flambée des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient et au blocage du détroit d’Ormuz. « L’accroissement des prix de l’énergie maintiendra l’inflation bien au-dessus de 2 % », a prévenu Christine Lagarde le 30 avril. Dans ce contexte, le relèvement du taux de dépôt se diffuse aux taux très courts, comme l’€ster, qui sert de base de calcul à plusieurs produits d’épargne. Mais tous ne réagissent pas de la même façon, ni au même rythme.
Livret A, comptes à terme et comptes rémunérés : ce que la hausse de la BCE change
Les livrets réglementés réagiront avec un temps de retard. Le taux du Livret A et celui du LDDS, fixés aujourd’hui à 1,50 %, ne peuvent évoluer qu’au 1er février et au 1er août, via une formule mêlant l’€ster et l’inflation hors tabac des six derniers mois. La remontée des prix, autour de 2,2 % en France au printemps, devrait pousser ce taux vers 1,70 à 1,80 % au 1er août, sans que la décision du 11 juin ait le temps de modifier fortement l’€ster d’ici là. Pour un epargnant qui détient 22 950 € sur un Livret A, les intérêts annuels passeraient d’environ 344 € à 390 € si le taux atteint 1,70 %, voire 413 € à 1,80 €. Le LDDS suivra la même trajectoire, tandis que le LEP, aujourd’hui à 2,50 %, pourrait repasser au‑dessus de 3 % au 1er août pour les épargnants éligibles.
Les comptes à terme, eux, seront les premiers à profiter de la remontée du taux directeur. Les meilleurs contrats sur 12 mois tournent déjà autour de 2,80 % et pourraient dépasser 3 % dans les semaines suivant le 11 juin. Un compte à terme restant un contrat à taux fixe, les placements déjà ouverts ne bougeront pas : seules les nouvelles souscriptions profiteront des hausses. À l’inverse, les comptes rémunérés des néobanques, comme ceux indexés sur le taux de dépôt de la BCE, répercutent très vite la décision de Francfort : un compte qui passe de 2 % à 2,25 % procure par exemple 25 € d’intérêts supplémentaires par an sur 10 000 €. Reste enfin la fiscalité, puisque comptes à terme et comptes rémunérés sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, si bien qu’un taux de 3 % brut ne représente plus que 2,10 % net, quand les intérêts du Livret A, du LDDS et du LEP restent totalement exonérés.
En bref
- Le 11 juin 2026, la Banque centrale européenne relève son taux de dépôt de 2 % à 2,25 % sur fond d’inflation à 3,2 % en zone euro, relançant la question du rendement de l’épargne des ménages français.
- Les livrets réglementés comme le Livret A et le LDDS resteront à 1,5 % jusqu’au 1er août avant une hausse probable vers 1,7–1,8 %, tandis que les nouveaux comptes à terme et les comptes rémunérés indexés sur la BCE profiteront plus vite de la remontée des taux.
- Entre intérêts défiscalisés des livrets réglementés et rendements bruts des CAT et comptes rémunérés soumis au PFU, les arbitrages à faire dans les prochaines semaines seront déterminants pour optimiser son épargne.







