Fraude au virement : ce nouveau registre des IBAN suspects peut désormais bloquer vos paiements sans prévenir
Depuis le 7 mai 2026, un nouveau registre des IBAN suspects permet aux banques de filtrer vos virements en temps réel. Entre protection accrue et risques de blocage, votre quotidien bancaire pourrait être bousculé.

Les escroqueries par virement explosent : un IBAN saisi trop vite peut vider un compte, surtout avec les virements instantanés. Pour réagir, un nouveau fichier national des comptes à risque est entré en service le 7 mai 2026, selon un communiqué du ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Objectif : empêcher l’argent de partir vers des comptes déjà repérés comme dangereux.
Ce fichier porte un nom technique, le Fichier national des comptes signalés pour risque de fraude (FNC‑RF), souvent présenté comme le nouveau registre des IBAN suspects. Il centralise les coordonnées bancaires de comptes ayant servi à des escroqueries ou de « comptes mules ». La fraude au virement a représenté 37 % des sommes volées au premier semestre 2025, selon l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement. De quoi justifier un contrôle plus serré de vos virements.
FNC‑RF : comment le fichier des IBAN suspects filtre vos virements
« Ce fichier, tenu par la Banque de France et alimenté par les prestataires de services de paiement, découle de la loi du 6 novembre 2025 », indique un communiqué du ministère de l’Économie. À l’envoi d’un virement, la banque interroge ce registre : si l’IBAN du bénéficiaire y figure, une alerte se déclenche et la transaction peut être mise en attente le temps de vérifications, y compris pour les virements instantanés.
Les équipes antifraude internes restent aux commandes : elles analysent les signaux remontés par le FNC‑RF avant de valider ou non l’opération. « Elle peut aussi bloquer l’émission d’un virement si l’IBAN destinataire est confirmé comme frauduleux », précise la Banque de France. Pour le client, cela se traduit par des messages d’avertissement supplémentaires dans l’application bancaire, voire par le refus d’un paiement vers un nouveau bénéficiaire jugé trop risqué.
Fraude au virement : ce que le registre des IBAN suspects change pour vous
Dans la pratique, vous verrez plus souvent votre banque vous demander de confirmer un bénéficiaire ou le motif d’un virement important. Un acompte vers un artisan inconnu, un achat de voiture entre particuliers ou un transfert urgent réclamé par un « conseiller bancaire » pourront être retardés si l’IBAN a déjà été associé à une escroquerie. Le registre des IBAN suspects ne bloque pas tous les paiements, mais il multiplie les alertes avant d’engager votre argent.
Registre des IBAN suspects : protections, limites et recours en cas de blocage
Le FNC‑RF vise des comportements frauduleux, pas des personnes : la loi encadre le fichier et limite les données à des identifiants techniques de compte (IBAN, BIC, historique de détection), sans y faire figurer noms ou adresses. Si votre virement est bloqué ou si vous pensez que votre IBAN a été fiché à tort, contactez immédiatement votre banque, demandez par écrit les raisons du blocage et transmettez vos justificatifs. En cas de désaccord persistant, vous pouvez saisir le service réclamations puis le médiateur bancaire. Et gardez vos réflexes : vérifier l’IBAN sur un canal sûr, rappeler votre conseiller sur un numéro officiel et refuser tout virement exigé dans l’urgence.
En bref
- Depuis le 7 mai 2026, le fichier national FNC-RF de la Banque de France cible la flambée de fraude au virement en France.
- À chaque virement, la banque interroge ce registre des IBAN suspects et peut afficher des alertes, retarder l’opération ou la bloquer dans certains cas.
- Conséquences d’un IBAN fiché, procédures de recours et limites du dispositif soulèvent de nouvelles questions pour les particuliers comme pour les professionnels.









