Impôt sur le revenu : ce PER discret permet de défiscaliser 30 % et plus si vous versez avant le 20 décembre, mais un détail peut tout changer
À l’approche du 31 décembre, un simple virement sur votre PER peut rogner jusqu’à 30 % et plus de votre impôt sur le revenu. Encore faut-il connaître vos plafonds et respecter les dates limites imposées par banques et assureurs.

Vous trouvez votre impôt sur le revenu trop lourd et vous cherchez, en toute fin d’année, un moyen légal de le faire baisser sans tout bouleverser dans votre budget ? À côté des dispositifs immobiliers ou des dons, un placement retraite discret permet de transformer un simple virement réalisé en décembre en économie fiscale concrète l’année suivante. La fenêtre se referme pourtant très vite, avec des dates limites qui tombent parfois avant les fêtes.
Depuis sa création par la loi Pacte en 2019, le Plan d’Épargne Retraite (PER) a séduit les contribuables les plus taxés, au point que l’encours approche aujourd’hui 120 milliards d’euros. Outil taillé pour préparer la retraite, il cache aussi un puissant levier pour défiscaliser avant le 31 décembre, parfois à hauteur de 30 % et plus de l’impôt dû. Reste à comprendre comment il fonctionne concrètement et dans quels cas ce levier est vraiment interressant.
PER et déduction d’impôt avant le 31 décembre
Le principe du PER est simple : chaque versement volontaire sur ce produit vient diminuer votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond épargne retraite personnalisé. Un versement effectué avant le 31 décembre est déductible de vos revenus 2025, déclarés au printemps 2026, alors qu’un versement réalisé en début d’année suivante décalera l’avantage sur l’impôt 2027. Comme les banques et les assureurs tournent au ralenti pendant les fêtes, beaucoup recommandent de viser une date butoir autour du 20 décembre, certains acteurs fermant même les souscriptions avant Noël.
Plus votre impôt est élevé, plus cette déduction joue en votre faveur. « Pour tirer pleinement parti de la déduction fiscale sur les versements, il est recommandé d’être au minimum imposé dans la tranche marginale d’imposition à 30%, dont le seuil débute à 29 315 euros pour un célibataire avec une part », indique Frédéric Largeron, responsable banque patrimoniale de SG, cité par Capital. L’argent versé sur un PER reste en principe bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de force majeure (accident de la vie) ou achat de la résidence principale, ce qui impose de vérifier que vous n’en aurez pas besoin avant.
Plafonds PER, TMI à 30 % : combien pouvez-vous réellement défiscaliser ?
Le montant que vous pouvez déduire ne se choisit pas au hasard. Il correspond à votre « disponible fiscal », indiqué en bas de votre dernier avis d’imposition, dans la rubrique consacrée à l’épargne retraite. Pour un salarié, un retraité ou une personne sans activité, ce plafond peut grimper jusqu’à 37 094 euros par an, soit 10 % de 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. Pour un travailleur non salarié, il atteint même 87 135 euros, ce qui ouvre la voie à de très gros versements déductibles en année de bénéfice exceptionnel. Tout reliquat non utilisé se reporte automatiquement sur les trois années suivantes, ce qui permet de mobiliser en une fois les plafonds 2022, 2023 et 2024.
L’effet de levier devient spectaculaire dès que vous êtes dans la tranche marginale d’imposition à 30%. Dans l’exemple d’un contribuable gagnant 60 000 euros imposables par an, avec un plafond 2025 de 6 000 euros et 3 500 euros de reliquats des trois années précédentes, un versement de 9 500 euros sur son PER avant le 31 décembre lui procure une économie d’impôt de 2 850 euros, soit 30 % du montant versé. Sur le long terme, un épargnant de 45 ans imposé à 30 % qui verse 10 000 euros par an pendant vingt ans bénéficie chaque année d’une déduction de 3 000 euros, ce qui ramène son effort d’épargne net à 7 000 euros, pour un total de 140 000 euros en vingt ans, calcule Aymeric Richard. « Nous discutons avec nos clients pour vérifier qu’ils ont intérêt à souscrire, notamment pour ceux qui gagnent moins de 60 000 euros par an », indique Aymeric Richard, dirigeant de Chartrons Patrimoine.
- Vérifier votre taux marginal d’imposition sur votre dernier avis.
- Consulter votre plafond épargne retraite et les reliquats des trois années précédentes.
- Garder une épargne de précaution disponible avant de bloquer des sommes sur un PER.
PER, impôt à la sortie, succession et CSG : que faut-il anticiper ?
La contrepartie de cette déduction fiscale à l’entrée, c’est une fiscalité renforcée à la sortie. Les retraits ou les rentes issus de versements déduits sont soumis à l’impôt sur le revenu, ce qui rend le PER particulièrement intéressant pour les épargnants dont le taux marginal d’imposition devrait baisser une fois à la retraite. Les pouvoirs publics travaillent aussi à faire évoluer le cadre : l’Assemblée nationale et le Sénat ont chacun voté la suppression de l’avantage fiscal à la souscription pour les plus de 70 ans et souhaitent étendre de trois à cinq ans la période pendant laquelle les reliquats de plafond restent utilisables. Faute d’accord global sur le projet de loi de finances, une loi spéciale a été présentée pour assurer la continuité du prélèvement de l’impôt, sans introduire de nouvelles taxes.
Là où le PER se distingue encore davantage, c’est sur le terrain de la succession. « le bénéfice de l’économie d’impôt n’est pas repris par le fisc en cas de transmission au décès du titulaire à ses héritiers et les sommes échapperont alors aux prélèvements sociaux. Le PER bat l’assurance vie sur ces deux points », souligne Gilles Belloir. Autre élément clé pour cette fin d’année, la hausse des prélèvements sociaux : « le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) a acté la hausse de la CSG de 1,4%, en conséquence de quoi les prélèvements sociaux passeront de 17,2% à 18,6% dont 10,6% contre 9,2% au titre de la CSG « , précise Benoît Berchebru, directeur Ingénierie Patrimoniale groupe, d’Astoria Finance. Les produits dédiés à la retraite n’y échappent pas, contrairement à l’assurance vie, ce qui rend encore plus utile de bien arbitrer entre retraite complémentaire, fiscalité et transmission.
En bref
- À l’approche du 31 décembre, le Plan d’Épargne Retraite permet aux contribuables imposés à 30 % ou plus de réduire immédiatement leur impôt grâce à la déduction des versements volontaires dans la limite d’un plafond épargne retraite personnalisé.
- En mobilisant son disponible fiscal, y compris les reliquats des trois années précédentes, un épargnant peut verser plusieurs milliers d’euros sur son PER avant la date butoir et économiser jusqu’à plus de 30 % du montant investi sur son impôt futur.
- Reste à anticiper le blocage des fonds jusqu’à la retraite, la fiscalité à la sortie, les avantages successoraux du PER et l’impact de la hausse de la CSG pour arbitrer finement entre retraite, transmission et charge fiscale.






