Impôts 2026 : avec une pension de 1 750 €, ce que la nouvelle loi de finances et la CSG vont vraiment vous laisser à la fin du mois
Budget 2026 adopté, le barème de l’impôt et les seuils de CSG bougent, mais l’abattement de 10 % sur les retraites est maintenu. Avec une pension de 1 750 €, votre fiche de paie va‑t‑elle vraiment changer autant que vous le craignez ?

Vous touchez une pension de 1 750 € par mois et vous essayez de deviner ce que le fisc va réellement vous prendre en 2026, entre impôt sur le revenu et CSG ? Avec l’adoption définitive de la loi de finances 2026, les grandes lignes sont désormais fixées, après plusieurs semaines de flottement où il a été question d’un durcissement pour les retraités.
Le gouvernement a finalement renoncé à une « flat tax » jugée punitive et a choisi de maintenir les principaux mécanismes existants, en les ajustant légèrement à l’inflation : abattement de 10 % conservé, barème revalorisé de 0,9 %, seuils de CSG relevés de 1,8 %. Reste à voir, très concrètement, ce que cela donne pour une pension type de 1 750 € par mois : la réponse réserve parfois quelques surprises.
Impôts 2026 : ce que la loi de finances change pour votre pension de 1 750 €
Le premier point clé du budget 2026 pour les retraités, c’est la confirmation de l’abattement spécifique de 10 % sur les pensions, appliqué à près de 17 millions de personnes. Les bornes de cet abattement sont actualisées : selon les données relayées par Cap Retraite, la déduction minimale atteint 454 € par pensionné et son plafond grimpe à 4 438 € par foyer fiscal, ce qui laisse de côté le projet de plafonnement unique à 2 000 € qui aurait touché les pensions les plus élevées.
Autre décision importante, le barème de l’impôt sur le revenu est indexé sur l’évolution des prix hors tabac de 2025, soit +0,9 %. Pour une part, la tranche à 0 % s’applique désormais jusqu’à 11 600 € de revenu net imposable, la tranche à 11 % court de 11 601 € à 29 579 €, avant les tranches à 30 %, 41 % et 45 % pour les revenus plus élevés. Cette revalorisation vise à éviter qu’une simple hausse de pension ne fasse mécaniquement changer de tranche, notament pour les retraités proches du seuil d’imposition.
Pension de 1 750 € : le calcul pas à pas de votre impôt 2026
Pour un retraité célibataire avec une seule part fiscale et une pension brute de 1 750 € par mois, soit 21 000 € par an, l’administration commence par calculer le revenu net imposable. Elle applique d’abord l’abattement de 10 %, soit 2 100 €, ce qui ramène le revenu net imposable à 18 900 € ; ce montant se situe bien au‑dessus du seuil d’entrée dans l’impôt mais reste loin des tranches plus élevées.
Sur ces 18 900 €, la fraction jusqu’à 11 600 € est taxée à 0 %, et seule la partie comprise entre 11 600 € et 18 900 €, soit 7 300 €, supporte le taux de 11 %. L’impôt théorique s’élève donc à 803 € par an, ce qui correspond à un prélèvement à la source mensuel d’environ 67 € selon les estimations de Meilleurtaux, et à un taux moyen d’imposition inférieur à 4 % rapporté à la pension brute, hors réductions ou crédits d’impôt éventuels.
Impôts 2026 : que reste-t-il vraiment avec 1 750 € et peut-on payer moins ?
À côté de l’impôt sur le revenu, la facture dépend aussi des prélèvements sociaux sur les retraites : CSG, CRDS et Casa. Le taux dépend de votre revenu fiscal de référence (RFR) 2024. Pour une part, CFDT Retraités rappelle que les seuils sont relevés de 1,8 % et qu’une exonération totale de CSG s’applique si le RFR ne dépasse pas 13 048 €. Le taux réduit de 3,8 % concerne un RFR compris entre 13 049 € et 17 057 €, puis viennent des taux plus élevés (6,6 % puis 8,3 %) accompagnés de 0,5 % de CRDS et 0,3 % de Casa pour les retraités au-dessus de ces seuils.
- RFR ≤ 13 048 € : pas de CSG sur la pension ;
- De 13 049 € à 17 057 € : CSG à 3,8 % (taux réduit) ;
- De 17 058 € à 26 472 € : CSG à 6,6 % (taux médian) + CRDS 0,5 % + Casa 0,3 % ;
- Au‑delà : CSG à 8,3 % (taux plein) + CRDS 0,5 % + Casa 0,3 %.
Avec un revenu net imposable de 18 900 €, un retraité seul percevant 1 750 € par mois se situe généralement dans la zone de CSG à 6,6 %, à laquelle s’ajoutent 0,5 % de CRDS et 0,3 % de Casa, soit environ 7,4 % de prélèvements sociaux sur la pension brute. Concrètement, cela représente autour de 130 € de retenues sociales par mois, auxquels il faut ajouter les quelque 67 € d’impôt sur le revenu : la pension nette versée tourne alors autour de 1 550 € mensuels, avant prise en compte des éventuelles réductions ou crédits d’impôt.
Certains retraités peuvent par ailleurs bénéficier d’un abattement complémentaire pour âge ou invalidité qui vient diminuer encore la base imposable, tandis que des dépenses comme l’emploi à domicile, les dons ou certains frais liés à la dépendance ouvrent droit à des réductions ou crédits d’impôt et peuvent réduire sensiblement la note, voire l’annuler. Dans le même budget 2026, d’autres arbitrages fiscaux créent au contraire beaucoup de frustration, comme la suspension de la défiscalisation des pensions alimentaires pour les familles monoparentales. « Là récemment, j’ai dû renouveler sa garde robe puisqu’elle avait pris deux tailles », explique Amélie, maman solo qui perçoit 250 euros de pension alimentaire par mois pour sa fille, à RMC. « J’ai peur d’augmenter d’une tranche, ce qui voudrait dire que je paye plus d’impôts », ajoute-t-elle, avant de détailler que « mes dépenses de cantine vont beaucoup augmenter. Là je suis à peu près autour de 5 euros le repas, et je crois que ça peut aller jusqu’à 7 euros le repas. » « Ça peut vite coûter cher quand on le multiplie par cinq jours par semaine, donc c’est profondément injuste », regrette la jeune mère. Même inquiétude pour Véronique Obé, chargée de mission à la Fédération syndicale des familles monoparentales, pour qui « le fait que la pension alimentaire soit considérée comme un revenu fait perdre des prestations sociales et joue aussi sur l’attribution du quotient familial. » « Donc c’est une double peine: moins d’argent dans le porte monnaie et des dépenses supplémentaires », résume-t-elle, illustrant à sa manière que derrière les chiffres des impôts 2026, les effets sur le budget des ménages restent très concrets.
En bref
- En 2026, un retraité célibataire percevant 1 750 € brut par mois voit ses impôts calculés avec un abattement de 10 % maintenu et un barème revalorisé de 0,9 %.
- Pour une pension annuelle de 21 000 €, le revenu net imposable de 18 900 € entraîne environ 803 € d’impôt sur le revenu et près de 130 € de prélèvements sociaux mensuels.
- Abattement pour âge ou invalidité, réductions et crédits d’impôt peuvent ensuite alléger nettement la note, voire la supprimer selon votre situation personnelle.





