Livret A à 1,5 % face à une inflation à 2,2 % : ce que vous perdez vraiment et comment le LEP ou l’assurance-vie peuvent vous sauver en 2026
Avec un taux figé à 1,5 % quand l’inflation dépasse 2 %, le Livret A fait perdre du pouvoir d’achat aux épargnants français. Entre LEP, assurance-vie en fonds euros ou comptes à terme, quelles options permettent encore de faire fructifier son argent ?

Avec un taux figé à 1,5 % depuis le 1er février 2026, le Livret A donne l’illusion de faire grossir l’épargne, mois après mois, sans risque ni impôt. En réalité, la remontée des prix vient grignoter ce capital, au moment même où les ménages cherchent à préserver leur pouvoir d’achat.
En avril, l’inflation a atteint environ 2,2 %, soit plus que le taux du livret : le rendement réel est repassé dans le rouge, à -0,68 %. Sur un Livret A plein à 22 950 €, cela représente près de 160 € de pouvoir d’achat évaporés en douze mois, tandis que l’encours fond déjà : -490 millions d’euros en mars, -1,28 milliard en avril, et -4,38 milliards depuis janvier. La question est donc simple : que faire de cette épargne qui ne protège plus vraiment contre l’inflation ?
Livret A : un taux à 1,5 % face à une inflation à 2,2 %
Derrière le rendement réel négatif, le calcul reste basique : on soustrait l’inflation (2,18 % environ en avril 2026) au taux du Livret A (1,5 %), ce qui aboutit à -0,68 %. L’épargne ne baisse pas en euros, mais elle perd du pouvoir d’achat : sur 10 000 €, on « perd » ainsi une soixantaine d’euros sur un an, et environ 160 € sur un livret saturé à 22 950 €. La prochaine révision du taux interviendra le 1er août 2026, selon la formule de la Banque de France, mais rien ne garantit un rattrapage complet de l’inflation.
Les épargnants, eux, n’attendent pas : la décollecte cumulée de 4,38 milliards d’euros depuis janvier montre qu’une partie de l’argent quitte déjà le Livret A pour des placements mieux rémunérés. Pour autant, ce produit reste utile pour l’épargne de précaution immédiate, équivalente à trois à six mois de dépenses, grâce à sa garantie d’État, sa liquidité totale et l’absence de fiscalité. C’est surtout l’épargne au-delà de ce matelas de sécurité qu’il devient pertinent de redéployer.
LEP et assurance-vie en fonds euros : les grands gagnants de la conjoncture
Premier réflexe à vérifier : l’éligibilité au Livret d’épargne populaire (LEP), rémunéré à 3,5 % jusqu’au 1er août 2026, soit plus du double du Livret A, sans risque ni impôt. Pour le reste de l’épargne sécurisée, les regards se tournent vers l’assurance-vie en fonds euros, dont le rendement moyen a atteint 2,65 % nets de frais de gestion en 2025, avec des projections autour de 2,9 % en 2026, au-dessus de l’inflation. Ce contexte s’explique par la configuration des taux : « Les taux à court terme ont eu tendance à baisser, mais les taux longs sont restés élevés. C’est ce qu’on appelle dans le jargon des assureurs la pentification de la courbe des taux », explique Gilles Belloir, directeur général de Placement-direct.fr, cité par Capital. « Le métier d’un assureur-vie, c’est d’arbitrer entre le besoin de liquidité des épargnants et les placements obligataires à long terme. Comme l’argent à long terme rapporte plus, les assureurs font une partie de leurs placements sur des obligations d’État. Et en ce moment, les États empruntent cher, ce qui est favorable pour les épargnants ». « Depuis quasiment un an, les taux d’emprunt d’État montent de façon continue. Cela encourage les assureurs à rémunérer plus généreusement sur l’assurance-vie ».
Les assureurs proposent parfois des bonus de rendement, mais « Ces bonus sont parfois conditionnés à une partie du versement en unités de compte, qui ne sont pas garanties ». D’où l’appel à la prudence : « Les marchés financiers sont assez hauts en ce moment, il faut donc de la prudence. Une des solutions est de placer sur des fonds obligataires court terme, qui ont peu de risque et qui restent une unité de compte ». Cette approche vise à limiter les variations de valeur : « Plus on est court sur la partie obligataire, plus on a de chances d’avoir peu de variations. Plus on est long, plus on va être sensible à la conjoncture, car si les taux montent fortement, les obligations long terme à des taux plus bas vont perdre de la valeur », analyse encore Gilles Belloir. Dans ce cadre, les meilleurs fonds euros, parfois au-delà de 3 % avant fiscalité, offrent déjà un net avantage sur le Livret A, même après flat tax ou seuls prélèvements sociaux.
Comptes à terme, ETF et SCPI : bloquer ou diversifier une part de son épargne ?
Pour ceux qui acceptent d’immobiliser une partie de leur capital, les comptes à terme permettent de verrouiller un taux connu à l’avance, sans risque sur le capital : selon Meilleurtaux Placement, les meilleures offres actuelles tournent entre 2,40 % et 2,80 % bruts sur 2 à 3 ans, et entre 2,80 % et 3,40 % bruts sur 4 à 5 ans. « Les comptes à terme deviennent intéressants si on bloque l’argent quatre ou cinq ans. On arrive à des taux de 2,45 % ou 2,8 %, absolument sans risque », confirme Gilles Belloir. Et même si ces produits sont par nature bloqués, une soupape existe : « même si l’argent est bloqué, on peut toujours le récupérer en cas de grosse urgence, mais avec une pénalité sur les intérêts ». Les super livrets à taux boostés, eux, offrent parfois 4 % à 5 % bruts sur quelques mois avant de retomber vers 2 % à 2,5 %, mais les interets sont soumis à la flat tax (31,4 %), ce qui impose de viser au moins 2,2 % bruts pour battre le Livret A.
Au-delà, certains épargnants acceptent un peu plus de risque pour espérer mieux : les ETF monétaires cherchent à suivre des taux proches de l’€STR (environ 2 % bruts), quand les ETF obligataires « investment grade » visent plutôt 3 % à 4 % bruts, avec une volatilité modérée et une fiscalité qui dépend de l’enveloppe (compte-titres, PEA, assurance-vie, PER). Les SCPI, enfin, se situent clairement dans une logique patrimoniale de long terme : les meilleurs véhicules ont distribué jusqu’à 7 % en 2025, au prix d’un risque de perte en capital, d’une liquidité moins immédiate et d’une fiscalité des revenus fonciers plus lourde. Dans tous les cas, l’enjeu est le même : conserver une poche de sécurité sur Livret A ou LEP, puis répartir le surplus entre plusieurs supports, plutôt que de laisser l’ensemble de son épargne s’éroder sur un livret désormais dépassé par l’inflation.
En bref
- Depuis février 2026, le Livret A offre un taux de 1,5 % alors que l’inflation tourne autour de 2,2 %, entraînant un rendement réel négatif et une décollecte de plusieurs milliards d’euros.
- Face à ce recul du pouvoir d’achat, LEP mieux rémunéré, assurance-vie en fonds euros, comptes à terme, livrets boostés, ETF monétaires ou obligataires et SCPI s’imposent comme principales pistes pour replacer l’épargne excédentaire.
- Reste à arbitrer entre sécurité, fiscalité et horizon de placement afin de garder un matelas sur Livret A ou LEP, tout en répartissant le surplus sur des supports plus performants sans prendre de risques excessifs.









