"Le Livret A est complètement K.O face au fonds euros" : en 2026, devez-vous laisser dormir votre argent ou passer à l'assurance vie ?

Par Paul Graph - Publié le

En 2026, les Français doivent trancher entre un Livret A au taux en chute libre et une assurance vie en fonds euros revigorée. Qui garde votre épargne disponible sans la laisser s’éroder face à l’inflation ?

« Le Livret A est complètement K.O face au fonds euros » : en 2026, devez-vous laisser dormir votre argent ou passer à l’assurance vie ?

Les relevés tombent, les intérêts du Livret A rétrécissent et une question s’invite dans bien des foyers : faut-il laisser dormir son épargne sur ce livret en 2026 ou basculer vers l’assurance vie en fonds euros ? Derrière ce dilemme se joue quelque chose de très concret : la capacité de votre argent à résister à l’inflation et à ne pas fondre en silence.

Avec 58 millions de détenteurs de Livret A, chaque mouvement de taux pèse sur le budget des ménages. En face, les assureurs affichent des fonds en euros revigorés et des contrats d’assurance vie plus souples qu’hier. Le match paraît serré sur le papier, mais le ring raconte déjà une autre histoire.

Livret A en 2026 : un refuge qui protège surtout le court terme

D’après les données rappelées par le Journal des Seniors, le taux du Livret A s’établit à 1,7 % net en décembre 2025, et pourrait descendre autour de 1,5 % en 2026 selon l’évolution de l’inflation. Sur le plan psychologique, le capital est sécurisé à 100 %, garanti par l’État, avec une liquidité totale et sans impôt ni prélèvements sociaux sur les intérêts.

Le revers est ailleurs : quand l’inflation se stabilise autour de 2 %, un livret rémunéré à 1,5 % à 1,7 % fait à peine jeu égal avec la hausse des prix, voire laisse filer un peu de pouvoir d’achat. Le plafond de 22 950 € limite aussi la part d’épargne réellement à l’abri. Le Livret A reste donc un outil très utile pour l’épargne de précaution, disponible à tout moment, mais il montre vite ses limites pour qui veut faire fructifier un capital sur plusieurs années.

Assurance vie en fonds euros : des rendements qui reprennent l’avantage

Pour Antoine Delon, président de Linxea, le basculement est déjà acté : « Cette année, le match est terminé, le Livret A est complètement K.O versus le fonds euros. On a vu des afflux de collecte massifs liés à la baisse du taux du Livret A cet été, et je pense que cela va continuer à être le cas en 2026, », analyse-t-il, cité par Capital. Dans les faits, les fonds en euros ont délivré en 2025 un rendement moyen autour de 2,5–2,7 % brut, selon le Journal des Seniors, soit au-dessus du Livret A, même après prélèvements sociaux.

L’expert se montre confiant pour l’an prochain : « En 2026 notre conviction numéro un, c’est que le fonds en euros va rester un actif qui va bien performer et motiver beaucoup de Français à épargner. Dans un environnement favorable pour les assureurs, ces derniers vont avoir selon nous une politique de redistribution des réserves qui sera agressive. », explique Antoine Delon. Autrement dit, les réserves accumulées devraient continuer à soutenir les rendements, ce qui renforce l’attrait de l’assurance vie en fonds euros pour une épargne à horizon moyen ou long terme.

Comment choisir entre Livret A et assurance vie en 2026 ?

L’assurance vie ne se résume pas au seul fonds en euros. À l’intérieur du contrat, les unités de compte permettent d’accéder à des fonds obligataires, des produits structurés, du private equity ou encore à l’immobilier via des SCPI. « de nouveaux acteurs sont arrivés, à l’instar de Remake, d’Iroko, qui ont capté beaucoup d’épargne et qui sont au rendez-vous en termes de performance. Mais attention, ce ne sont pas des produits garantis en capital, et il faut avoir un horizon d’investissement long terme, », rappelle Antoine Delon. Une combinaison fréquente consiste à garder une base solide en fonds euros, avec une part mesurée d’unités de compte pour essayer de battre l’inflation sur 10 à 15 ans.

Pour faire ses arbitrages, trois grands usages se dessinent :

  • Le Livret A pour le matelas de sécurité : dépenses imprévues, besoin d’argent en quelques jours, jusqu’au plafond réglementaire.
  • L’assurance vie en fonds euros pour une épargne de 3 à 8 ans, avec capital garanti par l’assureur et rendement moyen supérieur au Livret A sur la période récente.
  • Les unités de compte dans l’assurance vie pour le long terme, en acceptant des variations de valeur en échange d’un potentiel de performance plus élevé.

Reste un critère très concret : les frais. Sur ce point, Antoine Delon est catégorique : pour les frais d’entrée, « ça n’existe plus, on ne peut pas vous en faire payer », tranche-t-il. Un contrat moderne doit donc offrir des versements sans frais, un large choix de fonds actions et d’ETF, et la possibilité de mettre en place des versements programmés pour lisser les à-coups des marchés. Entre un Livret A cantonné à l’épargne de précaution et une assurance vie bien construite, l’enjeu pour 2026 est moins de choisir un camp une fois pour toutes que de répartir intelligemment son épargne… en évitant les contrats trop chargés en frais, notament sur les unités de compte.

En bref

  • Fin 2025, le Livret A voit son taux tomber autour de 1,7 % tandis que les fonds euros d’assurance vie affichent près de 2,5–2,7 % dans un contexte d’inflation proche de 2 %.
  • En 2026, les experts jugent le Livret A K.O face aux fonds euros, qui combinent capital garanti par l’assureur et rendements dopés par les réserves accumulées.
  • Entre matelas de sécurité sur le Livret A, assurance vie en fonds euros et unités de compte plus risquées, comment répartir intelligemment votre épargne pour les années à venir ?