Livret A et LEP : avec la flambée de l’inflation en 2026, combien vous pouvez vraiment espérer gagner sur un livret au plafond si le taux grimpe vers 1,7 % ?
En mars 2026, l’inflation remonte à 1,7 % pendant que le Livret A glisse à 1,5 %, au plus bas depuis 2021. Entre revalorisation possible en août et arbitrages politiques, jusqu’où vos intérêts d’épargne peuvent-ils réellement monter ?

L’inflation vient de repartir à la hausse et ce sursaut pourrait changer la donne pour votre épargne. En mars 2026, la hausse des prix a bondi à 1,7 %, son plus haut niveau depuis un an, tirée par la flambée des tarifs du gaz, de l’électricité, du gazole et de l’essence, qui ont progressé de 7,3 % sur un an. Pendant ce temps, le taux du Livret A est tombé à 1,5 % depuis le 1er février, son plus bas niveau depuis 2021.
En un peu plus d’un an, le rendement du Livret A a été quasiment divisé par deux : il était encore de 3 % en janvier 2025, avant de descendre puis de s’installer à 1,5 % début 2026. Dans ce contexte de pouvoir d’achat sous pression, les ménages s’interrogent sur la prochaine révision prévue cet été. Une question s’impose alors : combien une éventuelle revalorisation pourrait-elle vraiment vous rapporter ?
Revalorisation du Livret A en août 2026 : ce que change le retour de l’inflation
Pour que le taux du Livret A reflète la situation économique, la Banque de France le révise deux fois par an, au 1er février et au 1er août. La formule officielle prend la moyenne sur six mois de l’inflation hors tabac, y ajoute la moyenne du taux interbancaire européen €STR, puis divise par deux. Le résultat est arrondi au dixième de point le plus proche, avec un plancher fixé à 0,5 %. Pour la révision d’août 2026, ce sont les données de janvier à juin 2026 qui seront retenues.
Jusqu’au 28 février, la situation semblait assez calme : l’inflation n’était que de 0,3 % en janvier puis 0,9 % en février. Les projections tablaient alors sur un taux du Livret A autour de 1,60 % en août, surtout symbolique. Avec le bond à 1,7 % en mars, la moyenne semestrielle remonte, d’autant que le taux interbancaire de référence tourne actuellement autour de 2 %, porté par la politique de la Banque centrale européenne. Si l’inflation restait élevée au printemps et au début de l’été, la moyenne de janvier à juin pourrait dépasser 1,3 %, ouvrant la voie à une revalorisation vers 1,7 %. Certains scénarios évoquent même une fourchette comprise entre 1,7 % et 1,8 % au 1er août 2026.
Combien le Livret A peut rapporter en cas de hausse du taux ?
C’est là que les choses deviennent très concrètes pour les épargnants. Pour un Livret A au plafond, soit 22 950 euros, le taux actuel de 1,5 % génère 344,25 euros d’intérêts sur une année. Si le taux était relevé à 1,7 %, les interets grimperaient à 390,15 euros sur douze mois. L’écart atteint donc 46 euros de gain supplémentaire sur un an pour un livret rempli, ce qui donne un ordre d’idée de l’impact d’une hausse de 0,2 point. Avec un taux à 1,6 % ou même 1,8 %, le gain se situerait entre ces deux niveaux, sans pour autant transformer le Livret A en placement très rémunérateur.
Au passage, un autre produit suivrait le mouvement : le Livret d’Épargne Populaire (LEP). Actuellement rémunéré à 2,50 %, il pourrait, dans les mêmes scénarios, voir son taux évoluer vers 2,70 % voire 2,80 %. De quoi creuser un peu plus l’écart avec le Livret A pour les épargnants qui y ont accès.
Reste la question du calendrier. Au-delà des rendez-vous habituels de février et d’août, la réglementation prévoit deux fenêtres de révision exceptionnelle : un calcul au 15 avril pour une application au 1er mai, et un autre au 15 octobre pour une application au 1er novembre. Ces ajustements anticipés sont très rares et n’ont été utilisés qu’une poignée de fois depuis 2008, seulement en cas d’écart jugé important entre le taux en vigueur et le taux théorique issu de la formule.
Pour l’instant, les conditions ne sont pas toutes réunies pour déclencher un tel mécanisme. Le gouverneur de la Banque de France fait une recommandation, mais c’est le ministre de l’Économie qui tranche et le gouverement reste libre de s’écarter du calcul strict. En 2020, le taux avait par exemple été maintenu à 0,50 % alors que la formule donnait moins. À l’inverse, si la remontée actuelle de l’inflation était jugée temporaire ou trop coûteuse pour la dette de l’État, l’exécutif pourrait choisir de ne pas appliquer intégralement la hausse prévue, voire de renoncer à une petite augmentation de 0,1 ou 0,2 point, jugée trop limitée pour changer vraiment le quotidien des épargnants.
En bref
- En 2026, l’inflation française remonte jusqu’à 1,7 % tandis que le Livret A, tombé à 1,5 %, doit être révisé au 1er août selon la formule de la Banque de France.
- Selon l’évolution de l’inflation hors tabac et de l’€STR, plusieurs scénarios de taux émergent entre 1,6 %, 1,7 % et 1,8 %, avec des effets mesurés mais concrets sur le Livret A et le LEP.
- Entre gain potentiel de quelques dizaines d’euros par an et pouvoir de blocage du gouvernement, les épargnants s’interrogent sur le véritable impact de cette revalorisation annoncée.





