PER 2026 : plafonds de déduction en hausse mais flat tax alourdie et coup de rabot après 70 ans, ce qui peut changer pour vos impôts et votre retraite
Entre plafonds de déduction relevés, CSG alourdie et fin de l'avantage fiscal après 70 ans, la réforme PER 2026 change la donne pour des millions d'épargnants. Êtes-vous prêt à ajuster votre stratégie avant qu'il ne soit trop tard ?

Placement chouchou des Français, le plan d’épargne retraite séduit 12,4 millions de souscripteurs et représente 136,1 milliards d’euros d’encours, selon France Assureurs, cité par RMC Conso. En 2026, ce produit star, apprécié pour la souplesse de ses supports et surtout pour son atout fiscal, voit pourtant ses règles évoluer. La fiscalité du PER 2026 se durcit sur certains points, tout en offrant de nouvelles marges de manœuvre à ceux qui veulent préparer leur retraite.
Rappel utile : sur un plan d’épargne retraite, les versements peuvent être déduits du revenu imposable, ce qui réduit directement l’impôt à payer. C’est ce mécanisme qui fait du PER un outil recherché par les contribuables les plus imposés. Le budget 2026, fraîchement adopté, relève les plafonds de déduction, allonge le report des plafonds inutilisés, mais alourdit les prélèvements sur les gains et introduit une limite d’âge pour profiter de l’avantage fiscal. De quoi bousculer vos habitudes d’épargne.
PER 2026 : des plafonds de déduction relevés pour doper l’effort d’épargne
Premier élément plutôt rassurant, les plafonds de déduction PER augmentent en 2026, puisqu’ils sont indexés sur le Plafond annuel de la Sécurité sociale, passé de 46 368 € à 48 060 € au 1er janvier. Pour un salarié, un retraité ou une personne sans activité, le plafond minimal de déduction atteint 4 710 € et le plafond maximal 37 680 €. Pour un travailleur non salarié, ces bornes montent respectivement à 4 806 € et 88 911 €. En clair, la capacité à réduire son impôt progresse sur toute la ligne.
En pratique, la déduction correspond toujours à 10 % du revenu net imposable ; si ce montant est inférieur au plancher, c’est le minimum qui joue. Autre bonne nouvelle, les plafons de déduction non utilisés ne se perdent plus au bout de trois ans : ils pourront être reportés sur cinq ans. Cela donne de l’air pour lisser des versements sur une période plus longue et profiter d’années où le revenu, et donc l’impôt, est plus élevé. Un atout précieux pour les professions à revenus variables ou pour absorber une prime ou un héritage sans perdre de potentiel fiscal.
PER 2026 : hausse de la fiscalité et fin de la déductibilité après 70 ans
Le revers de cette générosité se joue d’abord sur la durée de vie fiscale du contrat. À partir de 70 ans, les versements effectués sur un PER individuel ne seront plus déductibles du revenu imposable. Il restera possible de conserver son plan et de continuer à verser, mais sans bénéficier de l’avantage à l’entrée qui faisait tout l’intérêt du dispositif pour beaucoup de retraités. La réforme de 2026 cherche par là à recentrer le PER sur la préparation de la retraite et oblige à anticiper ses versements importants avant cet âge clé pour maintenir l’avantage fiscal.
L’autre mauvaise nouvelle concerne la taxation des gains. Les prélèvements sociaux sur les plus-values passent de 17,2 % à 18,6 % avec la hausse de la Contribution sociale généralisée, ce qui porte la flat tax appliquée au PER à 31,4 % au total, contre 30 % auparavant. Sur un retrait de 10 000 € de gains, l’épargnant laisse ainsi 140 € de plus au fisc. Pour arbitrer entre PER et assurance-vie, quelques repères après 70 ans peuvent aider :
- Déductibilité des versements : ni le PER ni l’assurance-vie ne permettent de déduire les sommes versées après 70 ans.
- Fiscalité des gains : sur un PER, les plus-values sont taxées au PFU de 31,4 % ; sur une assurance-vie, les gains restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux et à une imposition qui dépend de l’ancienneté du contrat.
- Transmission : le PER assurantiel conserve un cadre de succession spécifique, tandis que l’assurance-vie offre un abattement de 30 500 € après 70 ans.
En bref
- En 2026, la réforme du plan d'épargne retraite en France modifie les règles fiscales pour 12,4 millions de souscripteurs.
- Plafonds de déduction relevés, report porté à cinq ans, mais CSG en hausse et fin de la déductibilité des versements après 70 ans rebattent les cartes.
- Entre PER et assurance-vie, les épargnants doivent désormais arbitrer finement pour limiter la facture et profiter au mieux des nouveaux dispositifs.





