PER : la nouvelle fiscalité 2026 qui pénalise vos retraites, "double irresponsabilité" pour Eric Revel, ce que l'État va vraiment vous coûter
L’État affirme vouloir encourager l’épargne retraite, tout en alourdissant la fiscalité du PER dès 2026. Entre hausse de CSG et fin de certains avantages, qui va réellement payer la note ?

Alors que le gouvernement répète qu’il faut préparer sa retraite, l’un de ses principaux outils d’épargne longue vient d’être mis à contribution. En plein essor, le plan d’épargne retraite (PER) voit sa fiscalité alourdie avec le budget 2026, dans un contexte de forte inquiétude des actifs pour leur future pension.
Ce durcissement intervient alors que le PER a conquis près de 13 millions de Français et que les encours dépassent les 140 milliards d’euros. « C’est dingue, c’est dingue », a lâché le journaliste Eric Revel sur Sud Radio, avant de fustiger « Quelle incohérence, quelle double irresponsabilité ». Pour mesurer la portée de ce coup de gueule, il faut regarder de près comment cette nouvelle fiscalité du PER 2026 se met en place.
PER : un succès massif fragilisé par la nouvelle fiscalité du PER 2026
En quelques années, le plan d’épargne retraite s’est imposé comme la principale enveloppe de retraite par capitalisation. Selon les derniers chiffres communiqués par le ministère de l’Économie, le PER compte désormais 12,7 millions de titulaires et les encours atteignent 141,1 milliards d’euros, soit une hausse de 19 % par rapport aux 136,1 milliards d’euros enregistrés en juin 2025. Dans un communiqué daté du 16 février, le ministère salue « son essor ininterrompu depuis 2020 » avec une croissance soutenue « tant en nombre de titulaires qu’en encours », des propos rapportés par Capital.
Ce succès s’inscrit dans un climat de défiance vis-à-vis du système par répartition. D’après l’enquête 2025 du Cercle de l’Épargne, 72 % des non-retraités estiment que les pensions ne sont pas ou ne seront pas suffisantes pour garantir un niveau de vie satisfaisant. « Les débats récurrents sur l’équilibre des régimes de retraite alimentent cette perception et renforcent l’attrait des dispositifs d’épargne individuelle », a confirmé Philippe Crevel, président du Cercle de l’Épargne, dans une note relayée par Capital. Sur le papier, le PER devait justement répondre à cette inquiétude en offrant un avantage fiscal à l’entrée, via la déductibilité des versements du revenu imposable.
Durcissement de la fiscalité du PER en 2026 : ce qui change concrètement
À partir du 1er janvier 2026, la ligne a bougé pour les détenteurs de PER. Le produit est désormais soumis à une hausse de la CSG : l’administration fiscale, France Assureurs et l’Association française de la gestion ont indiqué que l’augmentation de 1,4 point de la contribution sociale généralisée, votée dans le cadre du budget 2026, s’applique à l’ensemble des retraits, quel que soit le type de PER. En conséquence, les prélèvements sociaux sur les gains passent de 17,2 % à 18,6 %, et si l’on ajoute le prélèvement forfaitaire de 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu, la ponction globale grimpe à 31,4 % contre 30 % auparavant. Cette hausse s’ajoute à une autre évolution de la fiscalité du PER : au-delà de 70 ans, les versements ne donnent plus droit à déduction fiscale, ce qui limite l’intérêt du produit pour les souscripteurs les plus âgés.
En parallèle, certains paramètres restent plus favorables. Comme chaque année, les plafonds de déduction ont été relevés avec la revalorisation du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), passé de 46.368 à 48.060 euros, ce qui porte le plafond minimal de déduction à 4.710 euros et le plafond maximal à 37.680 euros pour un salarié, et jusqu’à 88.911 euros pour un travailleur non-salarié. Les plafonds non utilisés peuvent désormais être reportés non plus sur trois mais sur cinq ans, offrant davantage de souplesse aux épargnats qui lissent leurs versements. Reste que pour Eric Revel, le signal envoyé domine ces ajustements techniques : « Alors que les Français s’inquiètent pour leur retraite, l’État, dans le budget 2026, n’a pas eu honte de durcir la fiscalité sur les PER ! », a-t-il dénoncé, estimant que « L’Etat pique dans toutes les poches, ça on savait mais là, c’est le comble ». Le journaliste rappelle enfin qu’Emmanuel Macron a suspendu la réforme des retraites « de manière irresponsable », voyant dans cette combinaison de décisions une forme de double peine pour les épargnats.
En bref
- Depuis la loi Pacte, le plan d’épargne retraite a séduit près de 13 millions de Français pour plus de 140 milliards d’euros d’encours, sur fond d’inquiétude croissante face aux retraites par répartition.
- La loi de finances et le PLFSS 2026 relèvent la CSG à 10,6 %, portent les prélèvements sociaux à 18,6 % et mettent fin à la déductibilité des versements après 70 ans sur tous les PER.
- Cette réforme fiscale envoie un signal jugé irresponsable par de nombreux experts, qui y voient une rupture de confiance durable entre l’État et les épargnants.





