Retraite : maternité, chômage, maladie, service militaire... ces interruptions qui valident des trimestres et bouleversent le calcul de votre pension

Par Paul Graph - Publié le

Congé maternité, chômage, maladie ou service militaire ne riment pas toujours avec trimestres perdus pour la retraite. Quels arrêts de travail pèsent vraiment dans le calcul de votre pension et comment le vérifier sur votre relevé de carrière ?

Retraite : maternité, chômage, maladie, service militaire… ces interruptions qui valident des trimestres et bouleversent le calcul de votre pension

Entre congé maternité, période de chômage, longues maladies ou service militaire, beaucoup de futurs retraités ont le même réflexe : considérer ces « trous » dans la carrière comme des années perdues pour leur pension. Or le calcul des trimestres est plus subtil, et certaines pauses valident bel et bien des droits, même sans salaire versé.

C’est ce que rappelle l’Assurance retraite, qui recense plusieurs interruptions de travail traitées comme des périodes cotisées pour la retraite de base. Maternité, éducation des enfants, chômage indemnisé, arrêt maladie, invalidité ou service militaire peuvent peser dans le calcul de votre pension et de votre âge de départ. Certaines de ces périodes peuvent même vous rapprocher du taux plein sans que vous le sachiez.

Retraite et enfants : maternité, adoption et trimestres supplémentaires

En cas de maternité ou d’adoption, les régimes de base attribuent jusqu’à huit trimestres par enfant. Quatre trimestres sont automatiquement accordés à la mère au titre de la maternité. Quatre autres sont liés à l’éducation des enfants : deux vont d’office à la mère et les deux derniers peuvent être répartis entre les parents, à condition d’en informer la caisse de retraite dans les six mois suivant le quatrième anniversaire de l’enfant, comme le précise le site du Service public.

Ces droits s’ajoutent aux autres avantages familiaux. La pension de base est majorée de 10 % pour les parents d’au moins trois enfants, et l’éducation d’un enfant handicapé à 80 % ou plus ouvre droit à huit trimestres supplémentaires. Pour les mères, le calcul de la retraite de base ne se fait plus sur les 25 meilleures années, mais sur 24 années en cas d’un enfant et 23 années pour deux enfants ou plus, ce qui peut atténuer l’impact financier d’une interuption de carrière. Selon la DREES, les femmes percevaient encore en 2023 une pension de droit direct inférieure de 37 % à celle des hommes, ces dispositifs cherchant justement à limiter cet écart.

Chômage indemnisé, maladie, invalidité : des arrêts qui valident des trimestres

Perdre son emploi ne signifie pas forcément perdre des droits à la retraite. Si vous avez déjà cotisé à une caisse de retraite et que vous êtes indemnisé par France Travail, chaque période de chômage indemnisé est prise en compte. Le principe est simple : 50 jours de chômage permettent de valider un trimestre. Par exemple, 200 jours indemnisés sur l’année correspondent à quatre trimestres, soit une année complète validée sur votre relevé de carrière.

Les arrêts de travail pour raison de santé peuvent aussi compter. Un trimestre est validé pour chaque période de 60 jours d’arrêt maladie, à condition d’être indemnisé par l’Assurance maladie. En cas d’invalidité, il est possible de partir à la retraite à 62 ans avec un taux plein, quel que soit le nombre de trimestres validés, même si les règles varient selon les situations. Dans tous les cas, ces périodes apparaissent comme des trimestres « assimilés » sur le relevé de carrière et viennent compléter les trimestres cotisés.

Service militaire et années “blanches” : ce qui compte vraiment pour votre pension

Le service militaire fait aussi partie des périodes assimilées. Chaque tranche de 90 jours passés sous les drapeaux valide un trimestre, dans la limite de cinq trimestres supplémentaires. Cette prise en compte n’est possible que si vous avez travaillé avant ou après votre service. Vérifier que ces trimestres figurent bien sur votre relevé de carrière reste utile, surtout pour les générations qui ont effectué un service long.

En revanche, certaines périodes n’ouvrent aucun droit pour la retraite de base, sauf dispositifs spécifiques de rachat. C’est le cas des années d’études supérieures, des périodes de chômage non indemnisé ou encore de l’expatriation sans affiliation à un régime français.

  • Années d’études supérieures : pas de trimestres validés automatiquement
  • Chômage non indemnisé : aucune validation de trimestre
  • Expatriation hors régime français : droits très limités

Pour faire le point, beaucoup de futurs retraités consultent leur relevé de carrière en ligne sur le site de l’Assurance retraite et utilisent les simulateurs proposés pour mesurer l’impact de chaque période sur leur âge de départ et le montant de leur pension. En cas d’oubli d’une période de chômage, de maladie, de maternité ou de service militaire, il est alors possible de fournir les justificatifs nécessaires à la caisse de retraite pour faire corriger le dossier avant le départ effectif.

Sources

En bref

  • En France, l’Assurance retraite et le Service public rappellent que de nombreuses interruptions de travail jalonnant une carrière peuvent valider des trimestres pour la retraite de base.
  • Maternité, éducation des enfants, enfant handicapé, chômage indemnisé par France Travail, arrêts indemnisés par l’Assurance maladie, invalidité ou service militaire génèrent des trimestres assimilés et parfois des majorations de pension.
  • L’enjeu est de contrôler son relevé de carrière en ligne, repérer ces périodes assimilées et, en cas d’oubli, faire corriger son dossier afin d’optimiser son âge de départ et le montant futur de sa pension.